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Intervention de André CHASSAIGNE devant le congrès à Versailles.

Monsieur le Président, Mes chers collègues, Monsieur le Premier ministre, Mesdames et Messieurs les ministres,

La vie, la liberté ont été frappées, ensanglantées, à nouveau à Paris.

Le terrorisme aveugle a tué des anonymes, dont nous découvrons progressivement les noms inscrits sur la liste interminable des vies volées lors de cette sinistre soirée de vendredi.

Sans faire de distinction d’origine ou de religion, les criminels ont frappé aveuglément. Ils ont frappé dans des « lieux de vie où l’on fête la vie », un stade de foot, des restaurants, une salle de concert…

À travers le visage des victimes, c’est le visage de la France et de l’humanité dans toute sa richesse, sa jeunesse et sa diversité qui a été visée par ces actes de barbarie.

C’est la République, ses valeurs, son histoire, ses lumières, qui viennent, une fois encore, d’être frappées au cœur.

Mais la République est débout. Elle est débout et elle le restera !

Elle est debout car elle est forte de ses valeurs de Solidarité et de Fraternité. Nos infirmières et médecins, nos forces de l’ordre, nos concitoyens ont su se mobiliser et incarner ces valeurs par leur dévouement. Leur implication de tous les instants depuis les attaques terroristes.

Ces gestes de solidarité ont pris des formes multiples, y compris par les réseaux sociaux. Les Parisiens ont ouvert leurs portes aux personnes qui cherchaient un abri pour fuir le chaos. Ils donnent aujourd’hui leur sang. Quel formidable élan de solidarité des citoyens anonymes, associé au courage et au dévouement du service public de la police, de la gendarmerie, des pompiers, du Samu et des soignants. Il prouve combien notre pays est grand, combien il est beau quand les citoyens s’unissent, quelles que soient leur situation sociale, leur couleur de peau, leur origine, leur religion, pour résister à la barbarie et à la violence aveugle.

C’est à cet élan de résistance et de générosité qu’il faut donner force et durée contre le poison de la division que des voix irresponsables ont malheureusement répandu, dès les premiers instants. La division de notre communauté nationale est l’objectif recherché, théorisé, des terroristes qui agissent au nom de Daech. Tous ceux qui alimentent cette division, sont, de fait, des relais de Daech.

C’est pourquoi il nous faut refuser tout amalgame, tout discours islamophobe qui tente de récupérer le drame national. Ce serait à la fois profondément injuste et dangereux. Les musulmans ne forment qu’une communauté, celle qu’ils forment avec nous, la communauté nationale. Eux aussi sont assassinés par les terroristes, eux aussi font vivre notre pays, sa police, son armée, ses écoles, ses hôpitaux comme ses usines. Eux aussi aspirent à la paix. En les stigmatisant, c’est la communauté française toute entière qui est fragilisée.

Ce serait la première des victoires des terroristes.

Notre pays a besoin, plus que jamais, d’un Etat fort. Il a aussi besoin de refonder son avenir sur des choix politiques transformateurs et partagés, affrontant courageusement toutes les dominations, toutes les discriminations, toutes les inégalités pour offrir un rempart solide face aux divisions. Face à la terreur, le pire peut se produire. Le pire certes, mais aussi le meilleur. Nous l’avons vu au cours de ces trois derniers jours.

Ensemble, luttons jusqu’au bout pour que le meilleur l’emporte face à l’épreuve qui frappe notre peuple, ou plutôt les peuples du monde, afin qu’ils ne sombrent pas dans les pires turpitudes, comme le souhaite l’ennemi que nous devons affronter et combattre sans pitié.

Je dis les « peuples du monde » parce que les terribles images de ce vendredi soir sanglant dans notre capitale et la frayeur qui s’est abattue sur notre pays nous ont donné un aperçu de ce que vivent tant de peuples et les milliers de réfugiés qui fuient les théâtres de guerre, notamment en Syrie et en Irak, où prospère Daech.

Daech, cette créature monstrueuse qui a frappé en moins d’un mois Ankara, Beyrouth et Paris n’est pas un phénomène spontané. Daech a une histoire, une histoire dont les racines sont ancrées dans la situation de chaos provoquée par les interventions de 2003. Depuis la guerre en Afghanistan, les foyers du terrorisme international se sont multipliés. Al Quaeda – « création américaine », selon les propres mots d’Hilary Clinton – est aujourd’hui supplantée par Daech que la politique occidentale menée dans la région a en grande partie enfanté. Aujourd’hui nous prenons acte et nous soutenons la volonté présidentielle d’une grande coalition internationale, unique et sous l’égide de l’ONU. Dans le même temps, il conviendra de s’interroger, avec le Parlement dans son ensemble, sur les effets de notre politique internationale et diplomatique dans la guerre contre Daech. Nous devrons mesurer les conséquences des « guerres globales contre le terrorisme » sur le recrutement de ses terroristes, autrement dit sur le terreau qui alimente cette armée. Nous devrons aussi réfléchir sur les moyens, au-delà des bombes, de terrasser notre ennemi en asséchant ses mannes financières colossales. Nous devrons enfin nous interroger sur les compromis passés avec les puissances fondamentalistes de la région au prétexte qu’elles sont libérales économiquement et que nous commerçons avec elles. Je le dis avec gravité : nous ne serons pas en mesure d’offrir la sécurité légitime auquel notre peuple aspire sans résoudre toutes ces questions.

L’état d’urgence a été déclaré sur notre territoire national et devrait être prolongé pour plusieurs mois. Le parlement devra donner son autorisation dans les jours qui viennent et modifier la loi de 1955. Nous examinerons ce projet de loi avec une double volonté ; celle chevillée au corps d’offrir la meilleure des sécurités à nos concitoyens. Celle aussi de ne pas mettre en péril les libertés auxquelles ils sont, et nous sommes, tant attachés. Protéger les Français, notre République, c’est aussi protéger nos libertés fondamentales. Cette approche doit être au cœur de nos décisions. Elle sera aussi celle que nous aurons dans le cadre de la révision de la Constitution qui nous est annoncée.

Dans le cadre de l’Etat de droit, nous apporterons notre soutien à toutes les mesures que le gouvernement mettra en place pour vaincre les criminels qui sont à l’origine de ce cauchemar dont nous avons peine à sortir, pour déjouer tous les crimes que Daech souhaiterait perpétrer sur notre territoire ou dans d’autres pays pour former son califat bâti sur les ruines de l’Irak et de la Syrie. Parce qu’il s’agit aussi, pour reprendre les mots d’Albert CAMUS, d’ « empêcher que le monde ne se défasse ».

Nous sommes aussi déterminés à ne pas laisser notre pays sombrer dans la peur et les divisions qui nous conduiraient aux pires erreurs que notre ennemi souhaite nous voir commettre. Pour cela, nous ne laisserons pas bâillonner la pensée. Parce que c’est dans le vide de la pensée que s’installe le mal. Nous œuvrerons donc, encore et toujours, pour donner à notre Etat les moyens de sa propre force pour défendre les valeurs républicaines, les moyens de remplir ses missions régaliennes sans lesquelles nous sommes condamnés à l’échec. Comment vaincre sans une armée et une police forte ? Comment résister aussi sans un service public de secours et de santé performant ? Comment prévenir aussi sans une école à la hauteur de sa lourde tâche d’éduquer et de former les citoyens de demain ?

Ces questions nous semblent essentielles.

Le deuil national dure trois jours, le deuil personnel de chacune des familles touchées durera infiniment plus longtemps. Chacun, je le crois ici, aura aussi un long travail de deuil à faire et pleurera encore longtemps toutes ces victimes qui sont une perte immense pour notre pays. Je pense aussi à tous nos enfants qui doivent continuer à s’épanouir malgré un environnement violent. C’est pourquoi, nous responsables politiques, représentants de la nation, nous devons faire face au défi terroriste avec responsabilité, avec courage et avec dignité.

Nos concitoyens comptent sur nous pour être à la hauteur, dans l’unité et la cohésion nationale pour leur offrir un monde meilleur, un monde plus juste. Et alors, et alors seulement nous pourrons dire avec le poète : « Un jour pourtant un jour viendra couleur d’orange, Un jour de palme, un jour de feuillages au front, Un jour d’épaule nue où les gens s’aimeront. Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche »

André Chassaigne President du groupe de la Gauche démocrate et républicaine à l’assemblée nationale

L’argent doit servir et non pas gouverner..Daniel Paul, député honoraire, pour Libre Opinion du Havre Libre

Les 85 personnes les plus fortunées possèdent autant de richesses que les 3,5 milliards les plus pauvres.
25 000 milliards de dollars, soit plus que le PIB mondial, dorment dans les paradis fiscaux, mais la pauvreté et les inégalités se creusent. Des peuples entiers sont en péril. En France, les salaires sont bloqués, des entreprises ferment, mais les dividendes s’envolent et des « dirigeants » reçoivent des millions d’euros. 40 milliards sont versés aux entreprises, sans contrepartie, mais le MEDEF en veut plus et l’UMP le soutient.
Warren Buffet, milliardaire américain, ne craint pas de déclarer : « la guerre des classes existe et c’est la mienne, celle des richs, qui est en train de la gagner ».
Le pape, dans une déclaration de mai 2013, dénonçait la « volonté de puissance et de possession sans limite », l’« évasion fiscale égoïste », la « tyrannie qui veut imposer ses lois et ses règles ». Et il demande, avec raison, une « réforme financière entraînant une réforme économique salutaire pour tous ».
Ne laissons pas une finance prédatrice régenter nos vies. Rassemblons largement pour faire grandir l’exigence d’une société plus juste, plus digne, plus humaine.

Daniel PAUL,
Député honoraire.

Un pas vient d’être franchi à l’Assemblée nationale ! Le gouvernement français est appelé à reconnaître l’Etat de Palestine

C’est avec une grande satisfaction que nous accueillons le vote d’une large majorité de l’Assemblée nationale « invitant le gouvernement français à reconnaître l’Etat de Palestine ».

Le gouvernement et le Président de la République doivent maintenant s’appuyer sur cette résolution pour se joindre aux 135 pays qui ont déjà reconnu l’Etat de Palestine.

Les ministres et le Président F. Hollande doivent cesser de tergiverser en répétant que le moment ne serait pas venu. Cela fait plus de soixante ans que cette phrase est répétée à satiété comme une excuse au « non agir ». La France doit reprendre sa place dans le concert des acteurs de la paix et de la justice, sur la base du texte clair de l’Assemblée nationale : « L’établissement d’un Etat démocratique et souverain de Palestine, en paix et en sécurité aux côtés d’Israël, sur la base des lignes de 1967, avec Jérusalem pour capital de ses deux Etats et fondé par une reconnaissance mutuelle ». Le vote de ce jour confirme les résolutions des Nations-Unies et le droit international.

L’actuel statu quo ne peut mener qu’à la poursuite des désastres et à l’inhumanité. En rejoignant le gouvernement suédois, le parlement britannique, espagnol, peut-être demain les parlementaires portugais ou italiens, notre pays participe à la création d’une nouvelle chaîne de la paix dans l’intérêt des peuples israélien et palestinien. Il doit lancer, en lien avec l’Union européenne, les Etats-Unis, la Ligue arabe, l’Egypte, la Jordanie, sous l’égide des Nations-Unies, une grande conférence internationale pour la paix, la sécurité, la souveraineté des peuples au Proche et au Moyen-Orient.

Un pas vient d’être franchi. D’autres doivent l’être pour la justice.

Patrick Le Hyaric
Directeur de l’Humanité
Député

Il n’est que temps…..

« Il vient une heure où protester ne suffit plus : après la philosophie, il faut l’action », écrit Victor Hugo dans les Misérables. L’Assemblée nationale en est là, au pied du mur si l’on ose dire. En se prononçant en faveur de la reconnaissance de l’État palestinien, les députés français ne se livreront pas à un exercice formel, « à un vote sans effet », comme le prétend aujourd’hui le Monde. Ils jetteront dans la balance le poids d’un pays qui compte, celui d’une opinion très largement acquise – à 63 %, selon notre sondage Ifop – à l’existence de deux États sur cette terre déchirée, garantis l’un et l’autre d’un territoire viable et d’une sécurité assurée. Cette proclamation, qui viendrait après celle du gouvernement suédois, des Parlements espagnol et britannique, fortifierait le camp de la paix à Tel-Aviv, dont six cents personnalités, parmi les plus éminentes d’Israël, se sont adressées aux autres peuples pour leur demander ce geste. Nous avons besoin de vous pour débloquer la situation, verrouillée par la droite furieuse de Netanyahou, expliquaient-ils il y a dix jours dans les colonnes de l’Humanité. Le temps presse face à l’envahissement par les colons des terres palestiniennes, le détournement de la cause nationale vers des menées religieuses, la montée des violences, des douleurs et des frustrations.
Les députés communistes ont demandé cet acte à vingtquatre reprises au long des gouvernements qui se sont succédé. L’occasion, cette fois, ne doit pas être manquée. Certes, il est tard mais il n’est pas trop tard ; il n’est que temps. Personne ne comprendrait qu’à l’heure où on célèbre le courage de ceux qui ont voté, il y a quarante ans, la loi sur l’IVG, des élus choisissent la pusillanimité, la procrastination et, en fin de compte, éternisent la loi du plus fort et du plus brutal, celle d’un mur de la honte, des maisons rasées et des oliviers arrachés. La majorité des Français aspirent à pouvoir regarder tête haute leurs amis du Proche-Orient, quand ils ont dû la baisser après le soutien de François Hollande aux massacres de Gaza.