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Tribune du mois de mai : Quel horizon au bout du tunnel ?

Tribune du Groupe Communiste et Républicain, Front de Gauche de Seine-Maritime

Bulletin départemental du mois de mai 2021

Quel horizon au bout du tunnel ?

Près de 18 mois après le début d’une crise dramatique dans toutes ses conséquences, il est urgent de tirer tous ses enseignements pour amorcer un changement de société salutaire :

  • L’argent public mobilisé par milliards pour sauver l’économie et les profits, doit être redirigé vers l’emploi du plus grand nombre, les petites entreprises et la transition écologique ;
  • Les services publics, et notamment dans la santé et l’éducation, doivent bénéficier d’un plan massif d’investissements, et s’affranchir de toute logique de rentabilité nocive à l’intérêt général ;
  • Salaires et pouvoir d’achat doivent être boostés pour servir la relance et combattre les inégalités ;
  • La culture, le sport, les loisirs, tout ce qui contribue à la vie et au bien-être ne doivent plus être sacrifiés ;
  • La démocratie, les droits fondamentaux des citoyens, doivent reprendre leur place pour concourir à une véritable République qui cesse d’être confisquée par quelques privilégiés.

Les mobilisations sociales, citoyennes, se multiplient pour exiger ces changements, une série d’élections approche, il appartient à chacun de s’exprimer pour déterminer dans quelle société il veut vivre demain.

Replacer l’Humain et la planète au cœur de toutes les politiques, de l’Etat jusqu’aux Départements et Régions, est devenu un impératif. A défaut de quoi, cette crise n’a pas fini de se répéter sous bien des formes.

Pour télécharger la tribune : Tribune mois de mai

Evaluation du « Plan de relance », Alban Bruneau pointe les « trous dans la raquette »

Alban Bruneau, Conseiller départemental et Maire de Gonfreville l’Orcher, était en début d’après midi chez SAFRAN pour recevoir le député Barrot, Vice-président de la Commission des finances de l’Assemblée nationale, missionné par le 1er Ministre pour évaluer les mesures du Plan de relance et vérifier « les trous dans la raquette ».

« Et justement, des trous dans la raquette, il y en a ! », comme l’a souligné Alban Bruneau : « Chez les sous-traitants de l’aéronautique, il y a de la casse malgré les milliards d’argent public injectés. Même constat pour d’autres entreprises qui ont empoché les aides de l’Etat… pour licencier. Ce n’est pas acceptable. Et que dire de la décision de l’Etat de valider le plan de licenciement chez DRESSER alors que l’entreprise est viable et que son propriétaire SIEMENS bénéficie massivement de fonds publics.

J’ai redit au député que l’argent public doit être conditionné à l’interdiction des licenciements et aux restructurations spéculatives ».

Projet « HERCULE » de découpage d’EDF au détriment des consommateurs : le gouvernement recule enfin !

Aux côtés des agents EDF et de nombreux autres élus locaux, Stéphane Barré, Séverine Botte, Sophie Hervé et Alban Bruneau, Conseillers départementaux, ont bataillé pour exiger le retrait de ce projet néfaste pour le service public, pour les consommateurs et pour le pays. Il consistait à découper EDF en trois morceaux pour le plus grand profit des actionnaires et signait la fin du service public de l’électricité en France.
La décision du gouvernement d’abandonner ce projet est une première victoire et la reconnaissance d’une mobilisation exemplaire, ainsi que des arguments qu’elle a popularisée. Ceci étant la vigilance reste d’actualité car rien n’est encore gagné. « HERCULE » est terrassé mais son esprit pourrait fort bien revenir sous d’autres formes…
Lors du dernier Conseil départemental, le 9 avril, Sophie Hervé s’était exprimée, au nom des élus du groupe communiste, sur cette situation.
Pour visionner la vidéo de l’intervention de Sophie Hervé : https://www.facebook.com/stephane.barre.125/videos/205324994689556

Feu vert au déploiement du dispositif d’alerte « Cell-Broadcast » sur l’agglo Havraise

Demandé en novembre par Alban Bruneau, Maire de Gonfreville l’Orcher et Conseiller départemental du 3e canton du Havre, et Jean-Paul Lecoq, Député, le Ministre de l’Intérieur vient de répondre favorablement pour le déploiement du dispositif d’alerte « Cell-Broadcast » à titre expérimental, sur la zone industrielle et portuaire du Havre.
 
 
C’est une bonne nouvelle pour ce bassin de vie et d’emplois qui a toujours su être en pointe en matière de gestion des risques notamment technologiques.
 
Ce dispositif permet par le bornage des téléphones portables, d’envoyer des messages standardisés d’alerte à tous les téléphones se trouvant dans une zone définie, et en l’occurrence soumise à un danger immédiat.
 
Plus d’éléments à partir des liens :
 
 

Tournées incomplètes et facteurs exténués sur le 76700 et 76430, Sophie Hervé et Alban Bruneau saisissent La Poste

La mission de service public confiée par l’Etat au groupe La Poste l’engage à organiser une distribution des courriers et des colis tous les jours sauf le dimanche. Le groupe La Poste dispose de financements publics pour remplir cette mission.
Or, depuis plusieurs semaines, sur une partie du canton qui dépend du centre courrier d’Harfleur, des tournées sont supprimées, d’autres sont écourtées, certains usagers ne sont desservis en courrier que deux à trois fois par semaine, malgré l’engagement des factrices et des facteurs dont personne ne peut remettre en cause le professionnalisme.
En cause, une nouvelle réorganisation de ce centre de tri qui s’est accompagnée de suppressions de postes. Bilan : les facteurs tirent la sonnette d’alarme et les engagements de La Poste ne sont plus tenus.
➡ Lors d’une rencontre récente avec la direction générale du groupe La Poste, Alban Bruneau, Maire de Gonfreville l’Orcher et Conseiller départemental du canton a demandé que des dispositions soient prises pour remédier à ces défaillances, sans délai.
➡ Sophie Hervé, également Conseillère départementale du canton siégeant au sein de la Commission Départementale de Présence Postale Territoriale va également saisir cette commission sur ces carences.
➡ Enfin, le Député Jean-Paul Lecoq vient d’intervenir par écrit auprès de la Direction du groupe pour soutenir la même exigence.

Hommage émouvant à Colette Privat

Ce matin, Stéphane Barré, Président du groupe communiste au Département, était présent à Maromme avec de très nombreux élus, pour participer à l’hommage rendu à Colette Privat, grande figure du Parti Communiste Français, qui fut la première femme Conseillère Générale de Seine-Maritime et qui, avec d’autres, a ouvert la voie de nombreux combats, dans le respect des valeurs de justice sociale et de progrès.

Le Conseil départemental lui avait rendu hommage lors de sa séance du 8 avril dernier.

Pour retrouver la biographie de Colette Privat : Le Maitron, Colette Privat

Alban Bruneau obtient une nouvelle distribution de masques pour les collégiens

Le Conseil départemental avait décidé de doter lors de la rentrée du mois de septembre, chaque collégien d’un masque lavable, évitant ainsi aux familles de supporter le coût de cet équipement de protection rendu obligatoire pour fréquenter un établissement scolaire.

Une décision saluée à l’époque par les élus communistes qui l’avaient réclamé, même s’ils ont pu constater depuis que la répartition de ces masques fut aléatoire et souvent basée sur les décisions spécifiques prises par les chefs d’établissement. Certains ont fait le choix de doter uniquement les élèves boursiers, d’autres les ont mis à disposition pour les seuls élèves qui se présentaient sans masque à l’entrée de leur collège.

En février, Alban Bruneau, au nom du groupe des élus communistes et républicains du Front de gauche au Conseil départemental, a donc écrit au Président pour lui demander de renouveler cette dotation.

D’abord parce que la durée de vie de la dotation du mois de septembre est dépassée. Ensuite parce que le recours aux masques en tissu souvent fournis par les familles est désormais interdit. Enfin parce que l’acquisition de cet équipement de protection vient grever un pouvoir d’achat déjà mal en point, de nombreuses familles supportant les conséquences de la crise actuelle sur leurs ressources.

Il vient d’obtenir gain de cause comme le confirme le Président du Conseil départemental dans sa réponse.

Pour télécharger la réponse obtenue : Seconde dotation de masques collégiens – AB

Non à la découpe d’EDF : faire reculer HERCULE en Seine-Maritime !

Le groupe Communiste et Républicain du Front de Gauche a souhaité, lors du Conseil départemental du 9 avril, débattre du projet « HERCULE », qui vise à découper EDF.

Sophie Hervé à tout d’abord rappelé l’histoire…

« Il y a 75 ans jour pour jour, en application du programme du Conseil National de la Résistance, le secteur de l’électricité et du gaz, était nationalisé. Cette nationalisation votée sur proposition du ministre de la production Marcel PAUL, à une très large majorité, des Gaullistes aux Communistes, reposait alors sur la conviction que l’énergie constitue un bien public et qu’à ce titre, sa gestion ne pouvait demeurer dans les mains de sociétés privées pour lesquelles l’intérêt des actionnaires prime toujours sur l’intérêt général.

EDF est née ainsi, assurant au cours des 4 décennies qui ont suivi, une production et une distribution à la hauteur des besoins et des intérêts, tant des entreprises que des usagers, pour un tarif facturé sans commune mesure avec celui qu’il peut atteindre aujourd’hui. Car depuis, sur injonction d’une Europe protectrice à l’origine mais devenue libérale, la dérèglementation du secteur de l’énergie s’est imposée à partir de 1996.

Je vous passe l’énumération, depuis, des différentes phases commises par les gouvernements successifs pour privatiser toujours plus EDF, comme GDF, et libéraliser le secteur de l’énergie ».

La précarité énergétique n’est pas une fatalité…

« Quand nous connaissons, nous le relevons suffisamment souvent ici, la part des dépenses de gaz et de l’électricité dans le budget des foyers seinomarins, je vous laisse imaginer le poids qu’a directement entrainé ce mouvement de privatisation sur la santé financière des ménages, et à l’inverse les conséquences que ces décisions politiques dogmatiques ont eues sur les difficultés rencontrées par ces ménages, notamment les plus démunis.

Pour mémoire, rappelons que les impayés de facture d’énergie sont régulièrement en hausse, et que si elles ont baissé en 2020, ce n’est qu’en raison de la prolongation de la trêve hivernale (8 mois au lieu de 5) liée à la gestion de crise COVID, comme l’a souligné le 8 mars dernier le Médiateur national de l’énergie qui craint après ce sursit, une reprise importante des coupures d’énergie à partir du 1er juin prochain ».

Stop ou encore ?

« C’est dans ce contexte que le gouvernement prépare la découpe d’EDF, pour accélérer le processus de privatisation à travers un projet baptisé cyniquement HERCULE.

Il s’agit de scinder EDF en trois entités distinctes : EDF bleu, vert et azur. La première (bleu) serait une entreprise publique s’occupant de la branche nucléaire, la seconde (verte) pour la gestion de la distribution d’électricité et des énergies renouvelables. Et enfin une dernière entité (azur), chargée des barrages hydroélectriques dont les concessions seraient remises en concurrence.

Ce projet de scission, aurait pour conséquence une fragilisation sans précédent du fleuron industriel français EDF, premier producteur énergétique européen, livrant ainsi l’un des secteurs clés de notre pays, l’énergie, à la concurrence et aux soubresauts des marchés financiers. Ce qui remettrait en cause la souveraineté énergétique de la France et par conséquent son indépendance.

Cet enjeu est d’autant plus important que face à l’urgence écologique à laquelle nous faisons face, la transition énergétique devient un besoin chaque jour plus prégnant et que pour répondre à ce défi collectif, l’État a besoin de maîtriser l’outil opérationnel qui lui permettra de mettre en œuvre ses actions en faveur du climat.

Face à cette volonté de restructuration difficilement compréhensible, des parlementaires de tout bord politique ont, dans une rare unanimité, exprimé leur opposition sur ce projet de réorganisation de l’électricien français et les syndicats d’EDF ont débuté un vaste mouvement social afin de préserver un service public de l’énergie de qualité.

Une mobilisation qui a également le mérite de porter le débat sur la place publique, ce que nous faisons ce matin, puisque le gouvernement avançait en toute discrétion ».

La privatisation, une catastrophe pour les consommateurs…

« Et au regard des éléments révélés, nous comprenons mieux pourquoi…

Depuis le début de la privatisation d’EDF en 2004, le prix de l’électricité a augmenté de 50% ! La concurrence a fait grimper les prix, contrairement aux promesses initiales. Le projet Hercule, signe non seulement une nouvelle hausse du prix de l’électricité, mais aussi la fin des Tarifs Réglementés de Vente et de la péréquation tarifaire, qui garantissaient jusqu’à présent un prix de l’électricité identique pour les Français des zones urbaines, rurales, outre-mer. À terme, comme pour nos autoroutes, le prix de l’énergie sera aligné sur ceux du marché, entraînant des hausses de tarifs brutales et un rationnement de l’électricité.

La financiarisation à outrance mène petit à petit à la réduction des emplois et des investissements, dans les réseaux électriques et dans leur maintenance. En plus du coût social pour le pays et les salariés, ces réductions se traduisent par une baisse significative de la qualité du service de l’électricité, essentiel et disponible 24h/24h même en temps de crise.

Chacun connait l’engagement des agents EDF après les tempêtes et les catastrophes climatiques pour rétablir au plus vite l’électricité dans nos foyers. Si le projet Hercule est adopté, les Français seront amenés à subir une augmentation des coupures, un affaiblissement de la sécurité d’approvisionnement et la remise en cause de l’indépendance énergétique de la France. Autant de phénomènes qui se font déjà sentir cet hiver.

Ajoutons à cela que les investissements des concurrents d’EDF dans les moyens de production d’électricité est nulle. Pourtant, le projet Hercule prévoit de contraindre EDF à revendre une partie de sa production nucléaire à ses concurrents privés, à prix préférentiel, afin qu’ils puissent dégager un maximum de profit en la vendant plus chère aux consommateurs ».

L’appel des élus communistes…

« Pour toutes ces raisons et notamment pour préserver les intérêts des seinomarins, nous vous invitons à vous exprimer et à vous mobiliser contre ce projet HERCULE considérant que l’énergie n’est pas une marchandise comme les autres.

Je propose que les présidents de groupe formant notre Conseil puissent signer ensemble une adresse au 1er Ministre pour lui demander de stopper le projet HERCULE ».

En réponse, pour la majorité des droites, Cécile Sineau-Patry a fait état des doutes de nombreux élus de la majorité concernant ce projet, ainsi que son attachement à EDF. Elle a cependant souligné qu’il s’agissait ici d’un sujet qui n’entre pas dans les compétences du Conseil départemental.

Même réaction pour son collègue Denis Merville par rapport à un projet qui pose beaucoup de questions. Il a appelé à unir les efforts pour attirer l’attention sur les problèmes posés par celui-ci.

Les autres groupes ne se sont pas exprimés sur ce sujet.

Pour télécharger l’intervention de Sophie Hervé : Faire reculer HERCULE – SH

 

Budget correctif 2021 : la course à l’échalote électorale !

Trois mois seulement après avoir adopté son budget 2021, le Conseil départemental s’est vu proposé, lors de sa séance du 9 avril, un budget fortement corrigé (Budget Supplémentaire 2021). Une manoeuvre dénoncée par les groupes d’opposition comme l’a longuement exposé Stéphane Barré, pour le groupe des élus communistes et républicains du Front de Gauche.

« Une remarque générale tout d’abord Monsieur le Président. Vu le nombre historique de délibérations soumises à notre Conseil et principalement motivées par la crise sanitaire et ses conséquences un an après, vous auriez été mieux inspiré de convoquer un Conseil exceptionnel en janvier sur la gestion de cette crise, plutôt que sur le projet de contournement Est de Rouen…

Mieux inspiré d’établir un vrai budget départemental 2021 de gestion de crise et d’urgences sociales, comme nous vous invitions à le faire en novembre et en décembre…

Et encore mieux inspiré d’utiliser, en temps et en heure, les possibilités de financement mobilisables sur l’exercice 2020 pour agir en temps réel, au lieu de laisser filer un excédent budgétaire qui au final s’est avéré historiquement haut.

Parce les capacités nouvelles, les marges de manœuvre retrouvées comme vous aimez à le souligner régulièrement, elles ne sont pas apparues comme par miracle entre Noël et le Jour de l’An…

En conclusion de mon intervention lors de la présentation de votre budget 2021, le 10 décembre dernier, j’avais parlé d’un rendez-vous manqué, s’agissant du budget de la collectivité des solidarités en pleine gestion de crise Covid.

Confronté à un niveau d’urgence sociale, économique, écologique et sanitaire jamais connu, vous nous aviez présenté un budget bien terne, en complet décalage avec les réalités pourtant vécues et subies par les seinomarins depuis 9 mois alors. Rien qui n’était à l’époque exemplairement solidaire, extraordinairement solidaire pour faire face à une situation historiquement dégradée pour les seinomarins.

C’était d’autant plus regrettable que notre groupe, comme d’autres groupes d’ailleurs, vous avions développé de nombreuses propositions concrètes lors du débat d’orientations budgétaires le mois précédent, pour que le Département de Seine-Maritime se dote d’un vrai plan de relance des solidarités ».

Les oppositions enfin entendues ?

« Aujourd’hui, en étudiant le budget supplémentaire que vous nous soumettez, nous pourrions avec un brin de naïveté, considérer qu’enfin vous nous avez entendu. Près de 19 Millions sont en effet injectés en fonctionnement, dont 11,3 en faveur des solidarités, 1,6 pour les collèges, le sport, la culture. Et 33 Millions vont financer des investissements nouveaux, dont 7,2 dans les secteurs des solidarités. Au total, plus de 50 Millions sur la table.

Je ne vais pas détailler, et je ne vais pas pinailler, même s’il manque encore plusieurs besoins qui ne trouvent pas réponse ici, nous en avons parlé au cours de cette séance avec le rétablissement attendu des Bourses aux collégiens par exemple.

Car si le budget 2021 en décembre était totalement passé à travers les enjeux et priorités induites par les conséquences de cette crise, en tout cas dans sa section fonctionnement, vous nous proposez ici une séance de rattrapage à partir de ce Budget supplémentaire.

Corrigé ainsi, abondé ainsi, de 11% en volume excusez du peu, nous pouvons considérer, 1 an après le début de la crise, que vous avez enfin réagi, vous nous avez enfin entendu ».

Agents départementaux, les grands oubliés de ce budget…

« Notre grand regret, mais de taille, est consacré au capital humain de notre collectivité qui demeure le grand oublié de cette réaction tardive de crise.

Les dépenses de personnel qui intègrent pourtant l’évolution naturel du GVT, le glissement vieillesse technicité et les conséquences du nouveau Régime indemnitaire des agents, ont reculé de 2%, – 3,5 Millions au budget de décembre, et ce budget supplémentaire n’acte qu’un apport de 1,65 Millions dont une partie est consacrée à la formation, aux frais de déplacement, à l’accompagnement psychologique, mais pas aux embauches, aux renforts.

Comment donc sans moyens humains supplémentaires comptez-vous répondre à l’impérieux besoin d’accompagnement, d’écoute, de conseil et d’assistance des milliers de seinomarins dans le pétrin ?

Déjà avant cette crise, nous vous alertions sur des difficultés notées dans nos cantons pour obtenir un rendez-vous, un suivi, une aide auprès d’un travailleur social.

Nos assistantes sociales, nos professionnels de secteur sont exténués comme l’ont été avant eux les personnels hospitaliers à l’époque où nos gouvernants ignoraient leurs cris d’alerte.

Cet effort vous semblez l’avoir limité au collège pour assurer, dixit le rapport, « la continuité de service ». C’est pas trop tôt, cela fait un an que régulièrement les conseils d’administration alertent sur des absences de postes, des insuffisances dans les effectifs, alors que les protocoles sanitaires imposent au contraire des moyens accrus.

Rappelons au passage, c’est toujours utile de le rappeler, qu’au cours de votre mandat, près de 500 postes ont été supprimés dans les services départementaux, 7% des effectifs, dont 72 postes dans la filière médico-sociale (- 8,9% des effectifs de cette filière). »

Un budget d’affichage électoral…

« Il faudrait être bien naïf pour croire, qu’en l’espace de 3 mois après votre pâle budget, cette correction de trajectoire résulterait d’un sursaut de conscience, d’une prise de conscience même. Ou alors qu’elle résulterait d’un quitus donné aux oppositions sur leurs critiques et sur leurs propositions.

Notre collège Nathalie Lecordier a beau avoir déclaré en Commission que vous avez beaucoup appris de cette crise, ce genre de sursaut à 3 mois de l’élection nous n’y croyons pas.

Nous assistons aujourd’hui à une manœuvre électorale, ce budget n’est pas un budget supplémentaire, c’est un budget de campagne !

Acte 1 : je l’ai souligné tout à l’heure, vous ignorez la crise pendant 9 mois, ses besoins, ses urgences, les alertes, nos propositions.

La preuve, le bilan 2020 acte un excédent record à reporter : 136 Millions de disponible. Il faut revenir à l’année 2015, année charnière entre deux mandats, pour retrouver un tel niveau. Avec cette crise sans précédent et ses besoins, notre excédent aurait du chuter, il est au contraire au même niveau en fonctionnement qu’en 2019, année d’avant la crise sanitaire…

Acte 2 : bien que vous ayez forcément eu connaissance avant la clôture de l’exercice 2020 du niveau record du disponible, vous n’y touchez pas et vous ne l’anticipez pas non plus dans la construction du budget 2021. Nous savons la compétence de notre service des finances et de son directeur. Vous ne pouviez pas ignorer cet élément.

Or ce budget nous a été présenté en baisse de 3,10%, en intégrant qu’une très modeste progression de 1,43% des dépenses réelles de fonctionnement motivée en grande partie par les besoins du RSA.

Acte 3 : alors que chaque année le compte administratif, l’affectation du résultat et le budget correctif sont présenté à mi exercice, fin juin, cette année d’élection, vous nous le servez en avril, soit seulement 3 mois après le début de l’exercice.

L’explication donnée en commission est un peu courte : nos agents auraient mieux travaillé cette année pour vous permettre d’avancer ce budget supplémentaire…

Non, nous pensons que ce budget supplémentaire était déjà dans les tuyaux en décembre, et d’ailleurs la lecture des 11 Millions de recettes nouvelles en fonctionnement qui alimentent ce budget supplémentaire vont dans ce sens.

D’abord parce qu’elles ne couvrent pas les 18,6 Millions de dépenses nouvelles de gestion de crise. C’est donc bien l’excédent record qui est appelé ici pour l’équilibrer.

Ensuite parce que ces recettes nouvelles ne portent pas d’effort particulier de l’Etat, alors même que le Plan de relance national est évoqué dans les motivations de ce Budget supplémentaire.

Enfin parce qu’une partie de ces recettes nouvelles nous laissent dubitatifs : 1 Million en provenance d’un excédent visiblement structurel du Parc départemental ou 4 Millions issus d’une sous évaluation de TVA au BP ».

La course à l’échalote…

« En conclusion, nous comprenons bien qu’aujourd’hui après un budget initial volontairement raté, la majorité départementale veut se lancer dans une course à l’échalote pré-électorale. Mais la ficelle est un peu trop grosse.

Nous ne cautionnerons pas cette manœuvre politicienne et ne prendrons pas part au vote, en vous offrant, avec nos dédicaces, la définition de cette drôle de course à laquelle nous ne prendrons pas part :

Course à l’échalote : une compétition où tous les moyens sont bons pour arriver le premier ; une compétition parfois immature où tout est bon pour être premier ».

Ce budget supplémentaire 2021 a été voté par le groupe des droites et ses alliés du groupe des deux élus « indépendants » et l’une des deux élues du groupe « Pour l’écologie au Département ».

Pour télécharger l’intervention de Stéphane Barré : Budget supplémentaire – SBA

Bilan 2020 du Département : des excédents indécents en pleine crise, dénoncés par Stéphane Barré

La présentation du Compte Administratif 2020 (le bilan budgétaire et comptable du Département pour l’année 2020) par le Vice-président Denis Merville lors du Conseil départemental du 9 avril 2021, a provoqué la colère du groupe Communiste et Républicain du Front de Gauche, en raison de son excédent historique, comme l’a exprimé son président Stéphane Barré…

« Que nous dit ce bilan, hélas très instructif, de l’exécution du budget de la collectivité des solidarités par excellence, en pleine crise sanitaire qui a sévi 9 mois et demi sur les 12 mois de l’année 2020 :

  • Recettes réelles d’investissements = + 36,5 Millions par rapport à l’année antérieure, soit + 20,4%
  • Mais dépenses réelles d’investissements hors dette = + 11 Millions seulement, + 6,8%…
  • Recettes réelles de fonctionnement = 1,467 Milliard, niveau historiquement haut depuis 2012 et en évolution de + 36 Millions par rapport à 2019.
  • Mais des dépenses réelles de fonctionnement bien inférieures = 1,368 Milliard (99 Millions de moins que les recettes réelles de fonctionnement) même si, en effet, elles furent en augmentation comparées à 2019 mais insuffisamment toutefois au regard des besoins induits par cette crise.
  • Une augmentation dont les agents de la collectivité n’auront pas bénéficié.

La preuve, les dépenses de personnel n’ont pas évolué entre 2019 et 2020, malgré le GVT (glissement vieillesse technicité) et malgré la mise en place du nouveau Régime indemnitaire, le RIFSEEP dont notre collègue Marine CARON défendait pourtant avec ferveur l’effet levier sur les rémunérations des agents départementaux, en affirmant qu’ils nous disaient merci.

Et d’ailleurs, on peut s’apercevoir qu’entre vos prévisions budgétaires et le réalisé, vous avez économisé 3,4 Millions de crédits sur le dos du personnel départemental et de leurs moyens (- 1,55%), en pleine crise sanitaire !

Alors avec tout cela, le pompon c’est un excédent record de 218,9 Millions en fonctionnement. Et une épargne de 216 Millions, contre 174 Millions en 2014 en fin de mandat dernier.

Pas étonnant que le sponsor de l’ultralibéralisme, l’agence Moody’s applaudisse. Mais pas sûr que les agents de la collectivité et les seinomarins qui ont vécu et subi tant de conséquences de cette crise historique depuis mars 2020 vous applaudiront.

D’où probablement la séance de rattrapage que vous nous avez proposé avec précipitation aujourd’hui, sur le fil.

Parce qu’en pleine crise COVID, la collectivité des solidarités a dégagé un excédent budgétaire en fonctionnement de l’ordre de 219 Millions ! Autant qu’en 2019 avant la crise… 136 Millions après intégration du report de la section investissements (contre 99 Millions en 2019)…  Malgré les urgences, malgré les besoins, malgré le contexte, malgré ce que les oppositions n’ont cessé de proposer…

Ce Compte administratif est tout simplement indécent et révèle votre incapacité à avoir pris en compte, dans les temps, les besoins de cette crise et tout simplement nos devoirs.

Comme pourrait le dire Macron qui aime les images saisissantes, il vous aura fallu 12 mois pour faire chauffer votre Diesel avant de proposer aujourd’hui de mettre le turbo au moment où il annonce une sortie de crise dans… un mois et demi.

Cela confirme ce que nous dénoncions en décembre lors du vote du budget : vous savez certes gérer en père pénard, mais sûrement pas piloter une gestion de crise qui requière une réactivité immédiate pour répondre aux urgences.

Nous ne voterons pas ce Compte administratif indécent ».

Le groupe socialiste a également voté contre en majorité. Quelques élus socialistes et les autres groupes ont adopté ce bilan à l’exception du Président qui ne participe pas au vote sur cette délibération annuelle.

Pour : 41

Contre : 28

Pour télécharger l’intervention de Stéphane Barré : Compte Administratif 2020 – SBA