Archive dans 26 novembre 2015

Rester debout..

Le tourbillon « #tousenterrasse », qui s’est répandu comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux après les terribles attentats du 13 novembre, laisse place, peu à peu, au besoin de réflexion. Face à l’indicible, l’irrépressible besoin d’être debout ensemble a généré ce réflexe […]

Résister, c’est aussi et surtout soutenir et voter pour la liste Sébastien JUMEL le 6 décembre prochain

En ces temps de choc inouï et durablement éprouvant, une priorité s’impose : convoquer l’intelligence civique et citoyenne, rassembler les énergies vitales et les consciences disponibles, qui ne manquent pas, afin de retrouver le chemin de la pensée et de la raison dans le cadre républicain. Et surtout ? Résister ! Oui, résister aux terroristes, à la tentation de l’idéologie sécuritaire, aux injonctions guerrières, à la connerie mortifère de ceux qui veulent capitaliser sur les morts et la barbarie. Résister, c’est vouloir comprendre et réfléchir. Résister, c’est aussi se doter de régions plus humaines, cela passe donc par les urnes, en refusant démocratiquement les failles les plus sombres de notre société. Voilà ce que résister signifie. Aujourd’hui. Et demain.

L’edito de Jean Emmanuel DUCOIN…dans l’humanité de ce jour

Intervention de la sénatrice Eliane ASSASSI devant le congrès à Versailles

Monsieur le Président du Congrès,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mes chers collègues,
Deux jours ont passé et le choc des premières minutes est toujours présent.
Paris, Saint-Denis sa voisine, ont subi des attentats les plus violents dans notre pays depuis la seconde guerre mondiale.
Des dizaines et dizaines de vies, souvent jeunes, ont été brutalement interrompues. Des centaines de corps ont été meurtris, blessés. Des milliers de citoyens, de femmes, d’hommes, d’enfants, témoins, familles ou proches, sont directement confrontés au malheur.
Après janvier, les terroristes ont à nouveau frappé la France au cœur.
Ce vendredi 13, ce vendredi noir qui marquera l’histoire de notre pays, c’est notre peuple tout entier qui a été agressé de manière aveugle, barbare.
Le massacre du Bataclan, les tueries dans les cafés et restaurants, l’effroi semé au Stade de France, poursuivent un objectif nouveau, celui de toucher nos concitoyennes et nos concitoyens dans leur quotidien, dans leur vie.
Notre jeunesse a payé un lourd tribu dans ce Paris qui, chaque fin de semaine, s’emplit de joie, de bonheur.
« Paris est une fête » écrivait Hemingway. Aujourd’hui, Paris est une tragédie.
A cette tribune de Versailles, mon premier sentiment est donc l’émotion, l’émotion du deuil.
Mes pensées vont donc, avec mes amis du groupe, auprès de ceux qui souffrent aujourd’hui dans leur cœur et dans leur corps. Je tiens à saluer avec force, l’action courageuse des forces de sécurité, leur dévouement à la République. Je tiens à saluer l’action remarquable des services de santé confrontés à une situation inédite et aux pompiers. Encore une fois, ces grands services publics ont fait face et le peuple les remercie.
Notre peuple, c’est une évidence palpable, n’en peut plus de cette menace, de cette angoisse d’un éternel recommencement.
Il veut comprendre, il veut agir pour vivre en paix. Il veut rester uni.
Ce matin, dans les milliers d’établissements scolaires, nos enfants, nos adolescents ont cherché à comprendre, ils ont débattu. Nous, adultes, élus ou non, nous cherchons aussi à comprendre.
Qui compose DAESH ? Qui compose son armée ? Qui sont ces hommes et femmes prêts à mourir pour une cause qui est absurde. Quels sont les chemins qui amènent à devenir des assassins d’une brutalité qui rappellent les heures les plus sombres de l’Humanité ?
Pour combattre un ennemi, il faut le connaître.
Il faut expliquer, montrer les origines géopolitiques, rappeler les responsabilités bien réelles des puissances occidentales avec ses guerres destructrices de l’Irak, de l’Afghanistan, le non-sens de l’intervention en Libye pour bien souligner qu’il ne s’agit pas d’une guerre contre l’islam, mais contre une organisation politique, terroriste.
Agir pour vivre en paix.
Notre peuple veut la sécurité.
Il fallait donc prendre des mesures d’urgence, ce qui a été fait vendredi soir avec raison par le Président de la République. Face à la violence d’attaques multiples, l’Etat d’urgence est aujourd’hui pleinement justifié.
Les forces de police doivent disposer des moyens nécessaires pour réagir avec fermeté et célérité.
Mais comme le disait M. le Premier Ministre lui-même le 13 janvier dernier devant l’Assemblée nationale, « A une situation exceptionnelle doivent répondre des mesures exceptionnelles, mais je le dis avec la même force, poursuivait-il, jamais des mesures d’exception qui dérogeraient aux principes du droit et à nos valeurs ».
C’est à la lumière de vos propos, M. le Premier Ministre, que nous étudierons les futures modifications proposées à la loi de 1955 qui instaura le principe d’état d’urgence.
Renforcer la sécurité dans le respect des libertés publiques sera le principe qui guidera notre appréciation.
N’oublions pas que l’objectif de DAESH est de semer l’effroi pour ébranler notre société et pousser à la remise en cause des principes qui fondent la République. L’objectif de DAESH est donc profondément politique.
Il vient pousser à la confrontation, à la division, et dans ses rêves les plus fous, à la guerre civile. Attention donc à la stigmatisation !
Evitons le piège qui nous est tendu. Ce fait qui fait la force de la France, la France de notre peuple, c’est la Liberté et nous veillerons avec beaucoup d’autres que dans le dur et nécessaire combat qui nous attend, cette liberté demeure au cœur de notre action.
C’est pour ces raisons que nous nous interrogeons sur une prolongation longue et mal définie de l’Etat d’urgence. Protéger notre peuple n’est pas qu’une affaire de lois sécuritaires renforcés. Combien en une décennie ? Pour quelle efficacité ? Par contre, il faut des moyens pour les services publics et là il y a un vrai débat.
Je le disais à la tribune du Sénat le 13 janvier, l’austérité n’est pas compatible avec la guérison de maux terribles qui minent notre société dont cette grave menace terroriste.
Des moyens nouveaux devront être débloqués, c’est une nécessité mais il ne faut pas que cela se fasse au détriment d’autres services publics qui à notre sens sont également indispensables à la résolution des problèmes de radicalisation de certains individus : la justice, la santé et surtout l’éducation nationale et la politique associative.
Le choix des moyens consacrés est donc crucial.
Construire une paix durable dans le monde, en particulier dans le grand moyen Orient.
Notre opinion est sans ambiguïté : il faut détruire DAESH, jeter aux oubliettes de l’histoire ce terrorisme aveugle et sanguinaire.
Mais il faut constater lucidement que ces attaques sans précédent sur Paris signent l’échec de 15 ans de guerre.
La guerre de civilisation de Monsieur Bush en Afghanistan a connu les résultats que l’on sait, la destruction de l’Irak par ce même président, l’opération lybienne sans vision aucune des conséquences. La guerre oubliée du Yemen alimente aussi cette folie meurtrière.
Mon ami Pierre Laurent l’a indiqué hier soir, la coalition internationale est au cœur du problème.
Nous estimons, qu’il faut repenser les choses et rapidement.
Il faut cesser d’agir en ordre dispersé, chacun défendant ses intérêts géopolitiques et malheureusement aussi économiques.
Il faut mettre en place une large coalition internationale sur mandat de l’ONU qui, au-delà du combat contre DAESH, Al Quaida et autres organisations, doit viser la reconstruction de ces régions, le retour au pays des milliers de réfugiés et une coalition sûre d’établir une paix durable dans la région.
Toute intervention sans cette perspective aura les mêmes effets que celle d’hier : le développement du terrorisme.
La logique de guerre, les appels à la vengeance répondent exactement aux objectifs de DAESH.
Nous proposons une logique de paix qui passe par l’élimination de la menace DAESH mais qui place le développement de ces régions, la voie de la démocratie, comme moyen de vaincre définitivement ceux qui se nourrissent de la violence et de la haine.
Je propose avec mon ami André Chassaigne la création d’une Commission parlementaire spéciale pour réévaluer la politique internationale de la France.
La force de notre pays c’est de pouvoir montrer au monde que même plongé dans la douleur notre peuple, son gouvernement poursuivent l’objectif de donner une chance à la paix dans cette région.
La puissance de ce désir de paix, qui animait hier rappelons-le les combattants du nazisme, vie heureuse, s’aimer, travailler, vivre en un mot peut stopper la dérive mortifère qui menace le monde.
C’est cette volonté de paix qui permettra de dépasser l’obstacle des dictatures de la région dont celle de Bachar El Assad. C’est cette volonté de paix, de développement qui peut enfin mettre un terme au conflit israélo palestinien et permettre à ces peuples de vivre dans deux états se respectant et coopérant.
Je l’avais indiqué en Janvier, la violence terroriste révèle les maux de nos sociétés.
Une question me taraude comme en Janvier. Comment des jeunes français ont pu commettre de tels actes, comment ont-ils pu sacrifier leur vie pour tuer, massacrer ?
Bien sûr, il y a le fanatisme, les dérives sectaires, la manipulation, l’absence de culture. Mais il faut ouvrir les yeux, une société comme la nôtre, mais c’est vrai aussi dans de nombreux autres pays, où l’argent est érigé en valeur absolue au détriment du travail, alors que les inégalités croissent année après année, cette société ne peut que générer de l’exclusion, de la violence.
Le vivre ensemble qui nous est cher, qui est au cœur de la République a un prix. Il faut réorienter les immenses richesses vers l’épanouissement humain.
L’école, l’éducation, ce sera ma conclusion doit être cette école de la Démocratie. De grands moyens doivent être dégagés pour mener cette guerre utile fondamentale, celle de la Culture, celle de l’éducation et du travail. Elles sont à mon sens les vraies réponses, les seules réponses au désespoir, à la perte de sens qui mène à la folie meurtrière.
Notre pays, la France est en deuil aujourd’hui. Le monde nous accompagne dans ce chemin. Marianne pleure des larmes de sang, mais nous prononçons avec elle avec force et détermination ces trois mots : Liberté, Egalité, Fraternité.
Eliane ASSASSI présidente du groupe communiste républicain citoyen au Sénat

Intervention de André CHASSAIGNE devant le congrès à Versailles.

Monsieur le Président, Mes chers collègues, Monsieur le Premier ministre, Mesdames et Messieurs les ministres,

La vie, la liberté ont été frappées, ensanglantées, à nouveau à Paris.

Le terrorisme aveugle a tué des anonymes, dont nous découvrons progressivement les noms inscrits sur la liste interminable des vies volées lors de cette sinistre soirée de vendredi.

Sans faire de distinction d’origine ou de religion, les criminels ont frappé aveuglément. Ils ont frappé dans des « lieux de vie où l’on fête la vie », un stade de foot, des restaurants, une salle de concert…

À travers le visage des victimes, c’est le visage de la France et de l’humanité dans toute sa richesse, sa jeunesse et sa diversité qui a été visée par ces actes de barbarie.

C’est la République, ses valeurs, son histoire, ses lumières, qui viennent, une fois encore, d’être frappées au cœur.

Mais la République est débout. Elle est débout et elle le restera !

Elle est debout car elle est forte de ses valeurs de Solidarité et de Fraternité. Nos infirmières et médecins, nos forces de l’ordre, nos concitoyens ont su se mobiliser et incarner ces valeurs par leur dévouement. Leur implication de tous les instants depuis les attaques terroristes.

Ces gestes de solidarité ont pris des formes multiples, y compris par les réseaux sociaux. Les Parisiens ont ouvert leurs portes aux personnes qui cherchaient un abri pour fuir le chaos. Ils donnent aujourd’hui leur sang. Quel formidable élan de solidarité des citoyens anonymes, associé au courage et au dévouement du service public de la police, de la gendarmerie, des pompiers, du Samu et des soignants. Il prouve combien notre pays est grand, combien il est beau quand les citoyens s’unissent, quelles que soient leur situation sociale, leur couleur de peau, leur origine, leur religion, pour résister à la barbarie et à la violence aveugle.

C’est à cet élan de résistance et de générosité qu’il faut donner force et durée contre le poison de la division que des voix irresponsables ont malheureusement répandu, dès les premiers instants. La division de notre communauté nationale est l’objectif recherché, théorisé, des terroristes qui agissent au nom de Daech. Tous ceux qui alimentent cette division, sont, de fait, des relais de Daech.

C’est pourquoi il nous faut refuser tout amalgame, tout discours islamophobe qui tente de récupérer le drame national. Ce serait à la fois profondément injuste et dangereux. Les musulmans ne forment qu’une communauté, celle qu’ils forment avec nous, la communauté nationale. Eux aussi sont assassinés par les terroristes, eux aussi font vivre notre pays, sa police, son armée, ses écoles, ses hôpitaux comme ses usines. Eux aussi aspirent à la paix. En les stigmatisant, c’est la communauté française toute entière qui est fragilisée.

Ce serait la première des victoires des terroristes.

Notre pays a besoin, plus que jamais, d’un Etat fort. Il a aussi besoin de refonder son avenir sur des choix politiques transformateurs et partagés, affrontant courageusement toutes les dominations, toutes les discriminations, toutes les inégalités pour offrir un rempart solide face aux divisions. Face à la terreur, le pire peut se produire. Le pire certes, mais aussi le meilleur. Nous l’avons vu au cours de ces trois derniers jours.

Ensemble, luttons jusqu’au bout pour que le meilleur l’emporte face à l’épreuve qui frappe notre peuple, ou plutôt les peuples du monde, afin qu’ils ne sombrent pas dans les pires turpitudes, comme le souhaite l’ennemi que nous devons affronter et combattre sans pitié.

Je dis les « peuples du monde » parce que les terribles images de ce vendredi soir sanglant dans notre capitale et la frayeur qui s’est abattue sur notre pays nous ont donné un aperçu de ce que vivent tant de peuples et les milliers de réfugiés qui fuient les théâtres de guerre, notamment en Syrie et en Irak, où prospère Daech.

Daech, cette créature monstrueuse qui a frappé en moins d’un mois Ankara, Beyrouth et Paris n’est pas un phénomène spontané. Daech a une histoire, une histoire dont les racines sont ancrées dans la situation de chaos provoquée par les interventions de 2003. Depuis la guerre en Afghanistan, les foyers du terrorisme international se sont multipliés. Al Quaeda – « création américaine », selon les propres mots d’Hilary Clinton – est aujourd’hui supplantée par Daech que la politique occidentale menée dans la région a en grande partie enfanté. Aujourd’hui nous prenons acte et nous soutenons la volonté présidentielle d’une grande coalition internationale, unique et sous l’égide de l’ONU. Dans le même temps, il conviendra de s’interroger, avec le Parlement dans son ensemble, sur les effets de notre politique internationale et diplomatique dans la guerre contre Daech. Nous devrons mesurer les conséquences des « guerres globales contre le terrorisme » sur le recrutement de ses terroristes, autrement dit sur le terreau qui alimente cette armée. Nous devrons aussi réfléchir sur les moyens, au-delà des bombes, de terrasser notre ennemi en asséchant ses mannes financières colossales. Nous devrons enfin nous interroger sur les compromis passés avec les puissances fondamentalistes de la région au prétexte qu’elles sont libérales économiquement et que nous commerçons avec elles. Je le dis avec gravité : nous ne serons pas en mesure d’offrir la sécurité légitime auquel notre peuple aspire sans résoudre toutes ces questions.

L’état d’urgence a été déclaré sur notre territoire national et devrait être prolongé pour plusieurs mois. Le parlement devra donner son autorisation dans les jours qui viennent et modifier la loi de 1955. Nous examinerons ce projet de loi avec une double volonté ; celle chevillée au corps d’offrir la meilleure des sécurités à nos concitoyens. Celle aussi de ne pas mettre en péril les libertés auxquelles ils sont, et nous sommes, tant attachés. Protéger les Français, notre République, c’est aussi protéger nos libertés fondamentales. Cette approche doit être au cœur de nos décisions. Elle sera aussi celle que nous aurons dans le cadre de la révision de la Constitution qui nous est annoncée.

Dans le cadre de l’Etat de droit, nous apporterons notre soutien à toutes les mesures que le gouvernement mettra en place pour vaincre les criminels qui sont à l’origine de ce cauchemar dont nous avons peine à sortir, pour déjouer tous les crimes que Daech souhaiterait perpétrer sur notre territoire ou dans d’autres pays pour former son califat bâti sur les ruines de l’Irak et de la Syrie. Parce qu’il s’agit aussi, pour reprendre les mots d’Albert CAMUS, d’ « empêcher que le monde ne se défasse ».

Nous sommes aussi déterminés à ne pas laisser notre pays sombrer dans la peur et les divisions qui nous conduiraient aux pires erreurs que notre ennemi souhaite nous voir commettre. Pour cela, nous ne laisserons pas bâillonner la pensée. Parce que c’est dans le vide de la pensée que s’installe le mal. Nous œuvrerons donc, encore et toujours, pour donner à notre Etat les moyens de sa propre force pour défendre les valeurs républicaines, les moyens de remplir ses missions régaliennes sans lesquelles nous sommes condamnés à l’échec. Comment vaincre sans une armée et une police forte ? Comment résister aussi sans un service public de secours et de santé performant ? Comment prévenir aussi sans une école à la hauteur de sa lourde tâche d’éduquer et de former les citoyens de demain ?

Ces questions nous semblent essentielles.

Le deuil national dure trois jours, le deuil personnel de chacune des familles touchées durera infiniment plus longtemps. Chacun, je le crois ici, aura aussi un long travail de deuil à faire et pleurera encore longtemps toutes ces victimes qui sont une perte immense pour notre pays. Je pense aussi à tous nos enfants qui doivent continuer à s’épanouir malgré un environnement violent. C’est pourquoi, nous responsables politiques, représentants de la nation, nous devons faire face au défi terroriste avec responsabilité, avec courage et avec dignité.

Nos concitoyens comptent sur nous pour être à la hauteur, dans l’unité et la cohésion nationale pour leur offrir un monde meilleur, un monde plus juste. Et alors, et alors seulement nous pourrons dire avec le poète : « Un jour pourtant un jour viendra couleur d’orange, Un jour de palme, un jour de feuillages au front, Un jour d’épaule nue où les gens s’aimeront. Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche »

André Chassaigne President du groupe de la Gauche démocrate et républicaine à l’assemblée nationale

La démocratie ne cédera pas au terrorisme

Après les tragiques événements de vendredi, le Conseil municipal se réunissait aujourd’hui dans un contexte bien particulier. Soulignant qu’il devait se tenir car la démocratie ne saurait céder au terrorisme, les élus du groupe Le Havre à cœur ont cependant préféré n’intervenir qu’en début de Conseil, considérant que le débat politique et les polémiques seraient déplacés en ce moment de deuil et de recueillement. Ainsi, Nathalie Nail a simplement souhaité rendre hommage aux victimes, délivrant un message de paix et de fraternité.

Monsieur le Maire,

Ce conseil municipal d’après 13 novembre est pour le moins particulier et effectivement il devait se tenir : la démocratie ne doit pas céder devant le terrorisme!

Ainsi, le groupe des élus communistes et républicains du Havre à Cœur a souhaité s’exprimer, ce soir, préalablement à l’entame de l’ordre du jour – un ordre du jour pourtant chargé et  évoquant des sujets éminemment politiques comme le débat d’orientations budgétaires -, considérant que le débat polémique en cette période serait indécent. Vous connaissez notre point de vue sur les politiques d’austérité.

Notre pays a vécu vendredi soir l’un des pires événements de son histoire. Les attaques terroristes simultanées à Paris et à Saint-Denis, revendiquées par Daesh, sont effroyables.

La France est en deuil.

Après ce carnage, nos premières pensées vont aux victimes, leurs familles, leurs proches, les témoins et tous ceux dont la vie a été menacée. Pour tous, la douleur est immense. Chacun, en France et au-delà, en sort profondément meurtri.

Nous saluons l’action des services publics et des fonctionnaires : forces de l’ordre, secours, urgentistes et personnels de santé,  agents territoriaux…  et tous ceux dont la mobilisation a été exemplaire, ainsi que la solidarité des habitants qui s’est immédiatement manifestée. C’est là l’expression d’une nation solidaire et fraternelle qui fait honneur à la France.

Ceux qui sont morts vendredi, lâchement assassinés, ceux qui ont été blessés, tous l’ont été au nom d’un délire sectaire. Ils l’ont été sur les lieux même où il y a bientôt deux-cent trente ans s’inventait la République et les idéaux universels que nous défendons.

Comme au lendemain des attentats de janvier, les événements dramatiques de ce vendredi conduisent à nous dire que nous avons besoin de nous retrouver, de nous rassembler, pour la Liberté, l’Egalité, la Fraternité, et pour la paix. Nous refusons les amalgames et les stigmatisations et rejetons fermement la haine et les racismes.

Nous continuerons sans concession le combat pour notre sécurité, prix de notre liberté.

Pour cela, nous mènerons encore et toujours celui du mieux vivre ensemble, de la Fraternité, de la dignité humaine, de l’égalité et de la justice. C’est le message que nous portons en ces jours de deuil et de douleur.

Permettez-moi, pour conclure, de reprendre à mon tour, comme a pu le faire la presse havraise de ce jour, ce si beau commentaire d’un certain Blackpoodles originaire de Santa Barbara, publié dans le New York Times comme un hymne à la France :

« La France incarne tout ce que les fanatiques religieux haïssent: la jouissance de la vie ici, sur terre, d’une multitude de manières: une tasse de café qui sent bon, accompagnée d’un croissant, un matin; de belles femmes en robes courtes souriant librement dans la rue; l’odeur du pain chaud; une bouteille de vin partagée avec des amis, quelques gouttes de parfum, des enfants jouant au jardin du Luxembourg, le droit de ne pas croire en Dieu, de ne pas s’inquiéter des calories, de flirter et de fumer, et de faire l’amour hors mariage, de prendre des vacances, de lire n’importe quel livre, d’aller à l’école gratuitement, de jouer, de rire, de débattre, de se moquer des prélats comme des hommes et des femmes politiques, de remettre les angoisses à plus tard: après la mort. Aucun pays ne profite aussi bien de la vie sur terre que la France. Paris, on t’aime. Nous pleurons pour toi. Tu es en deuil ce soir, et nous le sommes avec toi. Nous savons que tu riras à nouveau, et chantera à nouveau, que tu feras l’amour, et que tu guériras, parce qu’aimer la vie fait partie de ce que tu es. Les forces du mal vont reculer. Elles vont perdre. Elles perdent toujours. »

Cette publication est issue du site L'opposition municipale au Havre avec Nathalie Nail.
Voir la publication originale : La démocratie ne cédera pas au terrorisme

Après les attentats du vendredi 13 novembre 2015.

Attentats : Déclaration de l’Association Nationale des Elus Communistes et Républicains
lundi 16 novembre 2015
Les élus communistes et républicains partagent la tristesse profonde, l’émotion de notre peuple face à l’horreur, à la vague monstrueuse d’attentats qui a frappé notre pays.

Ils expriment leurs condoléances aux familles des victimes, à leurs proches, et expriment leur solidarité totale aux blessés, aux familles touchées.

Ils saluent la mobilisation et le travail admirables réalisés par les agents des services publics de sécurité, de secours et de santé, à l’occasion de ces évènements dramatiques.

L’urgence est maintenant que toutes les dispositions soient prises pour assurer dans les jours qui viennent la sécurité du peuple de France, d’empêcher que de tels actes puissent se reproduire. L’Etat d’Urgence est décrété dans le pays.

La France est meurtrie. Elle est en deuil. Notre jeunesse a été particulièrement touchée. Après les attentats de janvier, un pallier a été franchi et notre peuple subit une nouvelle épreuve.

Les moments présents sont au recueillement. Les élus communistes et républicains sont pleinement impliqués pour que s’exprime la solidarité de leurs concitoyens, pour que des moments collectifs propices à la compassion, à l’échange, au partage, à l’écoute soient institués.

Ils appellent à rejeter absolument tout amalgame et toutes discriminations, à ne pas « désigner » une partie de la population française. Ce serait tomber dans le piège tendu par les terroristes.

Ceux-ci ont pris pour cible, par leurs actes odieux, les valeurs fondamentales de notre pays et de notre République, la liberté, l’égalité, la fraternité, tout ce qui permet de vivre ensemble et fait société.

Plus que jamais, nous devons défendre ces valeurs et les faire vivre. Les premiers hommages populaires vont dans ce sens. Il faut tout faire pour renforcer ce mouvement d’humanité, face aux appels à la stigmatisation qui déshonorent leurs auteurs et qui sont sources de danger pour la collectivité.

D’ores et déjà, les élus communistes et républicains s’engagent à plein, au plus près de leurs concitoyens, des agents publics territoriaux, au cœur des quartiers, de la vie associative, avec toutes les forces vives, avec les cultes, pour une mobilisation de toutes et de tous contre toutes les manifestations de haine et de racisme, contre l’intolérance, contre toutes les divisions, contre l’exclusion.

Dans ces événements, ils affirment que sécurité et démocratie vont de pair, c’est-à-dire qu’il ne peut y avoir de sécurité en affaiblissant la démocratie. De même, il ne peut y avoir de cohésion nationale sans cohésion sociale.

Dans ce combat contre l’obscurantisme et les forces de haine, ils poursuivront leur action pour que chacun puisse trouver sa place au sein d’une société solidaire. Ils défendront les services publics, conditions de liberté, d’égalité et de démocratie.

Il est enfin vital que le combat pour la paix prenne une nouvelle dimension dans notre pays.

Les élus communistes et républicains se prononcent pour sortir des logiques de guerre et pour un changement radical des objectifs de l’action internationale de la France, en particulier au Moyen Orient. Vaincre Daesh suppose absolument une nouvelle manière de répondre à la situation de chaos et de guerre qui règne dans cette partie du monde, et rend indispensable la mobilisation d’une coalition internationale avec l’ensemble des acteurs susceptibles de combattre l’« Etat Islamique » et permettant de trouver des solutions politiques, de construire la paix.

Il est également impératif de mieux contrôler et de diminuer le commerce des armes.

Dans ces jours de deuil, la campagne électorale est suspendue. Les élections régionales sont maintenues aux dates prévues. Il restera peu de temps pour permettre l’expression du débat démocratique. C’est pourquoi nous demandons que les conditions d’exercice de la citoyenneté soient garanties dans cette période, en particulier dans les médias.

Le congrès des maires est reporté au mois de mai 2016. Un rassemblement exceptionnel des maires est organisé mercredi 18 novembre au palais des congrès porte Maillot de 10h à 13h30. Nous appelons les maires communistes et républicains à y participer et d’y porter leurs réflexions et expériences dans ces moments tragiques pour notre pays.

Rouen le 16 novembre 2015

Noel Levillain

président de l’ADECR 76

 

Attentats de Paris, déclaration de Jean-Paul Lecoq

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UNITE CONTRE LE TERRORISME ET LA GUERRE

Bouleversé par les lâches attentats qui viennent de frapper Paris, et à travers sa capitale, tout le peuple de France, mes pensées et tout mon cœur vont aux victimes et à leurs proches, assassinées au delà de leur origine, de leur situation, de leur religion et de leur couleur de peau par le fanatisme né de la haine et de l’ignorance.

Face à cette attaque ignoble, la solidarité et l’unité de la Nation derrière la bannière de notre République et ses valeurs de Liberté, d’Egalité et de Fraternité sont d’une nécessité absolue ! Elles constituent la seule réponse efficace qui puisse être dressée avec détermination face à ces terroristes et tous ceux qui voudraient s’en servir.

Le prix de la paix vaut bien celui de tous les Rafales du monde, les logiques de guerre ne conduisant qu’à la guerre. Seul le respect du Droit international, la lutte contre toutes les formes d’injustice et le droit au développement des peuples partageant la même planète sont de nature à mettre un terme à toutes les violences et les massacres qui endeuillent l’humanité, et ce soir de nouveau notre pays.

L’Etat a le devoir de protéger tous ses citoyens, il se doit également de répliquer et d’agir dans le cadre du Droit international. Intervenir autrement, ce serait exactement ce que recherchent ceux qui ont organisé ces attentats odieux.

Soyons unis, forts et intelligents.

Télécharger la déclaration : Bouleversé par les lâches attentats qui viennent de frapper Paris et à travers sa capitale tout le peuple de France

Les macronneries….

Il ose tout. C’est à cela qu’on reconnaît le ministre de l’Économie. Un jour, il affirme que le « libéralisme est une valeur de gauche », le lendemain que « les jeunes Français doivent avoir envie d’être milliardaires » et, après une longue série, il a lancé, en début de semaine, qu’il « faut […]

Tribune de novembre : à l’aube du budget départemental 2016, la feuille de route des élus du Front de Gauche

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La France souffre de l’austérité, matraquée par les politiques des gouvernements successifs appliquant les mêmes recettes, subissant les mêmes échecs, parce que cette ordonnance ne soigne pas, elle empoisonne.

Le pouvoir d’achat, les services publics diminuent, les impôts et taxes augmentent, les collectivités sont étranglées, les emplois disparaissent, pendant que l’argent public est utilisé pour accorder aux multinationales des cadeaux fiscaux restant sans effet sur le chômage, mais pas sur le niveau des comptes en banque des dirigeants et actionnaires. La richesse progresse mais pas pour tout le monde !

A l’aube du budget 2016 du Département, tout cela va peser beaucoup. Un budget s’annonçant complexe en raison du contexte et des choix dogmatiques de la nouvelle majorité qui joue au comptable au lieu d’entreprendre.

Comment faire plus car les seinomarins ont besoin de nous, avec moins de moyens ? Une équation à laquelle la Droite devra répondre dans le respect des engagements qu’elle a pris en faveur des communes et des solidarités. Dénonçant le gouvernement pour ses dérives libérales, elle devra faire autrement. Reste à savoir comment ?

Comptez en tout cas sur nous pour être vigilants. Tout ce qui contribuera à la solidarité emportera notre soutien. Tout ce qui renforcera l’austérité rencontrera notre opposition résolue et donc active.

Télécharger la tribune : Tribune 2015 11