!!Orienter la mobilité dans le sens du Transport durable : les expérimentations de la Région Haute-Normandie Déclaration de Patrice DUPRAY%%% La 2eme journée pratique du développement durable en Haute-Normandie s’est organisée dernièrement à l’initiative de l’AREHN. Patrice DUPRAY était au nombre des intervenants en sa qualité de Vice-président de la Région en charge des transports et des infrastructures.%%% Dans son intervention, il mettait particulièrement en évidence les expérimentations de la Région pour aller vers une notion de durabilité des transports.
Nous vous livrons ci-après l’intégralité de son propos. « L’actualité pétrolière met en lumière la nécessité de réfléchir à nos politiques de transport dans le sens de leur » durabilité « . Le litre de super à 1,50 € nous pose des questions sur l’économie, mais aussi des questions sur l’organisation du territoire et des questions sociales. Seront » durables » les territoires qui se seront organisés pour dépendre le moins possible des énergies fossiles. Seront » durables » les régions qui offriront à tous leurs habitants des possibilités de mobilité, quels que soient leurs revenus, malgré des prix de l’essence durablement élevés. [((/images/arehn300.jpg||G))|/images/arehn.jpg||Cliquez pour agrandir] Ces évolutions posent aux pouvoirs publics de redoutables questions : comment concilier un besoin de mobilité légitime et nécessaire et la prise en compte de l’intérêt général, qui suppose de moins consommer d’énergie, et d’énergie fossile en particulier, de moins polluer, de moins consommer d’espace pour les transports… La loi Gayssot (SRU) offre à la Région la possibilité d’agir dans le paysage des transports, puisqu’elle lui a confié la compétence des transports ferroviaires régionaux au 1er janvier 2002. Au-delà, sa compétence générale de développement économique permet à la Région d’aider au développement des modes de transport de fret respectueux de l’environnement au travers des investissements du Contrat de Plan Etat-Région, mais c’est ici le volet des transports régionaux de voyageurs qui sera abordé. La régionalisation des transports ferroviaires a constitué une étape réussie de la décentralisation, dont les résultats sont particulièrement probants. A la fin de la première convention avec la SNCF, fin 2006, la Région aura renouvelé ou modernisé une proportion importante de son parc de matériel roulant, remis à plat la plupart des dessertes ferroviaires et routières, modernisé l’ensemble de la gamme tarifaire régionale. Ces améliorations s’opèrent avec une écoute particulièrement attentive des attentes des usagers : mise en place de comités de bassins réguliers, organisation d’enquêtes et de comptages trois fois par an… Quelques exemples de l’action régionale :%%% Les dessertes ferroviaires :%%% La ligne ferroviaire Rouen/Dieppe, 2ème du réseau régional en fréquentation, a bénéficié depuis 1999 d’une augmentation conséquente du nombre de trains. La dernière amélioration, en décembre 2002, à porté sur 13 % de trains supplémentaires et amené 20 % de voyageurs supplémentaires. Actuellement cette ligne est fréquentée par 2300 voyageurs/jours ! La desserte de Fécamp a également bénéficié d’une remise à plat conséquente, dans l’objectif de désenclaver Fécamp en améliorant les déplacements ferroviaires vers le Havre et de valoriser la ligne ferroviaire actuelle entre Bréauté et Fécamp rouverte en 1981, mais dont la fréquentation stagnait :%%% Ont donc été mis en place en décembre 2004 : * 5 allers-retours directs Le Havre-Fécamp avec un temps de parcours de 42 minutes, * une amélioration des correspondances de Fécamp vers Rouen/Paris à Bréauté, par les trains ou par de nouvelles dessertes autocars, * l’utilisation de nouveaux autorails. La clientèle a répondu très positivement, avec une fréquentation de la gare de Fécamp en hausse de 50 % au 1er trimestre 2005. Restait à travailler de manière coordonnée avec le Département de Seine-Maritime, qui propose également une ligne Le Havre – Fécamp, par autocar. C’est chose faite depuis le début de ce mois, avec à titre expérimental une mise en synergie des trains régionaux et des cars départementaux Rapid’bus: * harmonisation des horaires : en heure de pointe, un service toutes les demi-heures (alternativement un train et un car), avec des cars supplémentaires en heures creuses. * harmonisation de l’information avec une fiche horaire commune, * harmonisation de la tarification : les titulaires des abonnements forfaitaires régionaux peuvent utiliser indifféremment l’un ou l’autre des 2 modes de transport. Il s’agit d’une collaboration emblématique, dont il y a peu d’exemples comparables au plan national, et qui augure de coopérations plus poussées avec l’ensemble des Autorités Organisatrices de Transport du territoire : à ce sujet, la Région et les deux Départements ont lancé les travaux du Plan des Déplacements Régionaux, dont l’objectif est de définir les offres de transport à différents horizons et de travailler sur la coordination des différentes Autorités Organisatrices (dessertes, tarification, …). !Ligne Rouen – Caen A partir de décembre 2005, grâce à une action commune des Régions Haute et Basse-Normandie, le nombre d’allers-retours passera de 5 à 7, certaines liaisons étant effectuées en 1 h 30 grâce aux nouveaux autorails AGC. !Ligne Rouen – Saint-Aubin-lès Elbeuf En 2003 : * renforcement des dessertes (7 trains supplémentaires du lundi au jeudi, 9 trains le vendredi), ce qui donne : *# un train toutes les ½ heure en heures de pointe, *# un train par heure en période creuse, *# une rapidité avec un temps de parcours moyen de 17 minutes, * mise en place d’autorails modernisés X4900 et soutien de la Région à la modernisation de la gare de Oissel, !La modernisation des lignes routières régionales La Région est également organisatrice de lignes routières, anciennes lignes du réseau SNCF ou lignes interdépartementales. En septembre 2003, elle a remis à plat l’ensemble de ses lignes routières, et celles-ci sont désormais confiées directement par la Région à des délégataires de service public. La tarification SNCF et la gamme tarifaire régionale sont progressivement étendues à toutes ces lignes. Ce mode de fonctionnement est une première en France. Les services ont été considérablement améliorés : ainsi, la ligne rapide Rouen-Evreux, qui constitue un lien essentiel entre les deux préfectures haut-normandes, a été cadencée, avec un départ toutes les demi-heure en pointe, et est désormais utilisable avec des billets SNCF, pour des correspondances avec le réseau ferroviaire. !Le matériel roulant Avant même la régionalisation des transports ferroviaires régionaux, la Région Haute-Normandie a souhaité remplacer le matériel ferroviaire devenu obsolète. L’investissement en matériel roulant représente en effet un enjeu majeur de l’attractivité des transports régionaux : meilleur confort , meilleure fiabilité, image moderne, réduction des coûts d’exploitation et d’entretien. La Région Haute-Normandie a financé l’acquisition de 30 Automoteurs de Grande Capacité, de 10 autorails X 73500 et a engagé la modernisation de 13 X 4900. Elle se propose de travailler au remplacement des rames à 2 niveaux VO2N vers Paris. L’objectif est de disposer en 2009 d’un parc entièrement neuf ou modernisé. L’effort financier total est très important puisqu’il pourrait dépasser les 280 M€. !Eléments complémentaires :%%% Automoteurs de Grande Capacité (AGC)%%% Le 20 juin 2002, la Région a conclu une convention de financement de matériel AGC pour un parc de 21 rames électriques et de 4 rames diesel, ce pour un coût de 94 millions d’Euros. Les livraisons vont s’échelonner entre octobre 2004 et août 2007. En 2005, 5 rames électriques complémentaires commandées, à livrer fin 2009. Une option de 3 rames à lever en 2006, pour une livraison en 2010. Leur mise en circulation a commencé en octobre 2004 sur les axes Rouen-Bernay-Caen et Rouen-Dieppe. Les rames électriques circuleront en service régulier en octobre 2005 sur Rouen-Le Havre, puis Rouen-Serqueux-Amiens, Rouen-Val de Reuil-Vernon… !Autorails X 73500 En complément des Automoteurs de Grande Capacité destinés aux dessertes à fort potentiel, ce matériel monocaisse de 80 places est une réponse optimale à la volonté d’amélioration du confort sur des relations moins chargées du réseau de transport régional. Deux autorails ont été livrés à l’automne 2003 complétant la série de huit engins déjà réceptionnés en 2000-2001. Leur livraison permet notamment d’affecter du matériel performant sur la desserte de Bréauté-Fécamp, prolongée jusqu’au Havre en décembre 2004. Sans oublier la Ligne Lézarde Express Régionale (LER) qui a bénéficié également de deux autorails neufs. La participation régionale a atteint 15 M€ pour ce matériel. !Rénovation et modernisation de treize automoteurs X 4900 La rénovation des treize X 4900 se poursuit à la plus grande satisfaction des usagers des dessertes qui en bénéficient (principalement autour de Rouen vers Dieppe, Elbeuf et Bernay). Dix engins auront été livrés à la fin 2004, les trois derniers le seront, quant à eux, durant l’année 2005. La participation régionale a atteint 6,5 M€. !La nouvelle gamme tarifaire « Région-Transports » La Région Haute-Normandie est également pilote en matière de tarification régionale, avec le lancement en septembre 2003 d’une tarification régionale unifiée : * Région-Transports travail pour les salariés, quelle que soit la distance parcourue, * Région-Transports études pour les étudiants, présentant le choix entre un pass, pour se déplacer tous les jours, et une carte de réduction, * Région-Transports tout public, offrant des réductions à tous, tous les jours de la semaine, Il faut ajouter également Région-Transports solidarité, un chéquier de 12 chèques offrant des voyages gratuits aux demandeurs d’emploi. La mise en œuvre de la régionalisation a pour la Région un coût non négligeable. En 2004, pour des recettes directes s’élevant à 12 M€, la collectivité a apporté 40 M€ de compensation, dont 27 M€ proviennent de la dotation de décentralisation et 13 M€ représentent l’effort régional. C’est pour la Région le prix à payer pour contribuer à une mobilité durable.%%% Les prochains défis concernent : * l’amélioration de l’intermodalité : en collaboration avec toutes les Autorités Organisatrices de Transport de la région, travail sur les tarification, la billétique, l’information multimodale, les pôles d’échange… notamment dans le cadre du Plan des Déplacements Régionaux déjà cité * la modernisation des gares * le cadencement de l’ensemble des dessertes de la région : avec RFF et la SNCF, nous lançons un grand chantier visant à restructurer complètement les horaires des trains de manière à offrir des départs réguliers à minutes fixes. Cette restructuration devrait augmenter très fortement l’attractivité des services ferroviaires régionaux, et donc là encore contribuer à orienter la mobilité dans le sens des transports durables.
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