Intervention de Michel BARRIER%%% Vice-Président du Conseil Général. Nous vivons dès maintenant et très concrètement,et cela avant même sa mise en service, la montée en puissance de port 2000, notre institution, depuis l’origine, s’est fortement engagée politiquement et financièrement sur ce nouvel aménagement portuaire, qui répond à une politique d’échanges commerciaux sur l’ensemble de la planète. Certes, nous ne sommes qu’aux prémices de cette montée en puissance, mais dores et déjà il est possible d’en mesurer les enjeux. Je ne développerais sur et je m’en tiendrais uniquement à la question de l’évolution des trafics, et de la problématique des déplacements notamment des marchandises, plus particulièrement sur le territoire de notre département. J’ai retenu qu’en France, la grande majorité des trafics (en moyenne, ce sont 90%) sont assurés par la route, avec son lot de dérèglementation des statuts de la profession en matière sociale, de durée du travail, de salaire, un dumping social jamais connu, et ses conséquences environnementales (près de 80% des émissions de CO2 sont produites par le transport des marchandises), sécuritaires( le nouvel accident mortel dans le tunnel de Fréjus, après celui du Mont Blanc, dont tirent parties les transporteurs routiers et qui appelle des mesures vigoureuses d’urgence contre le tout camion . Notre département est tout à fait concerné, et port 2000 va amplifier cette situation, si nous n’y prenons garde, et si nous n’entreprenons pas la réflexion globale et urgente (pas à l’horizon 2030 comme le préconise l’Etat) sur cette question de plus en plus d’actualité de l’inter-modalité des transports. Elle aurait du être évidemment faire partie intégrante de ce grand dossier mais force est de constater encore aujourd’hui qu’elle n’a pas fait l’objet de réflexion globale.Les documents pour la porte ouverte qui en parle n’apporte aucune information précise sur cette question. Si je me félicite d’une montée en puissance du fluvial, qu’il faut accentuer, au cours du dernier trimestre 2004, je ne peux m’empêcher de regretter l’insuffisance du ferroviaire qui vit depuis hier ses premières conséquences de privatisation et de mise en concurrence, l’absence d’une politique de cabotage, de fédéring, alors que notre département se prête à ce genre de transport. La réflexion en cours sur la définition d’une politique portuaire départementale est une bonne décision et sera d’une grande utilité pour que l’ensemble des territoires du département participent aux retombées positives de cette activité. Mais personnellement je ne souhaite pas que les habitants en subissent les effets néfastes. La pointe de Caux est un territoire proche de port 2000, avec l’autoroute A 29, il constitue une véritable zone d’appel privilégiée pour les implantations économiques et ils ont fortement convoités pour la création de nombreux projets de parcs logistiques entre le Havre et Fécamp. __On parle de boum logistique__. Certains le sont d’autant plus qu’ils échappent, et c’est une volonté politique, c’est le cas notamment d’une partie à l’ouest de la départementale 489, au nord de Montivilliers à toutes règlementation liées à un schéma d’aménagement et qui attise les concurrences entre territoires d’une même zone géographique Cette position est très dangereuse.. Évidemment ça créer de l’emploi (la plus part du temps précaire et sous payé). Mais ces perspectives ont bien entendu comme corolaire un accroissement attendu de la densité des trafics routiers poids lourds. Dans cette optique, le Conseil Général est fortement sollicité pour procéder à l’adaptation de son réseau routier. De nombreuses rencontres dans ce secteur m’ont permis de faire connaissance avec des projets importants de création de zone d’activité logistique, avec les norias de camions qui les accompagnent, ainsi on parle du doublement nécessaire et urgent de la 925 au delà de Goderville et de Fécamp, certes c’est un axe important, structurant, en parallèle avec l’A29 et l’A28. Mais on parle aussi de la nécessité d’un doublement de la RD 31 entre le carrefour de Rolleville et le péage de l’A29. Ce ne sont que deux exemples significatifs pour d’ailleurs lesquels nous n’avons pas de sollicitations officielles. La route est déjà dans sa grande majorité sous responsabilité départementale, elle le sera de plus en plus et ainsi soumise à explosion budgétaire et ses conséquences, fiscales mais aussi environnementales et sécuritaires. Vous le savez la bourse de l’Etat est solidement bouclée, pourtant, il faut bien reconnaître que des moyens existent pour qu’il assume ses responsabilités. Les carburants sont essentiellement consommés sur l’ensemble du réseau routier, et la taxe TIPP(taxe sur les produits pétroliers) à rapporté à l’Etat en 2003 25 M d’euros. Seulement 1,5 ont été affecté au réseau routier national(entretien et programmation) 4% seulement, il y a là de quoi agir, quand on voit encore ces derniers jours les problèmes avec le tunnel de Fréjus par exemple. Je vous exprime là mon inquiétude pour l’avenir et j’insiste pour que nous nous engagions bien plus que le département ne l’a fait jusqu’à ce jour dans une réflexion hardie, comme d’autres départements et régions l’ont fait , en matière de développement intermodale des transports. Cette étude sur l’inter modalité des transports s’impose : la route seule ne pourra- subvenir aux besoins nouveaux de transports générés directement et indirectement par Port 2000, il faut chercher d’autres solutions pour alléger le transport notamment sur les routes départementales (et le coût d’entretien , d’investissement d’ailleurs que cela représente pour notre collectivité, assurer la sécurité des habitants, ainsi que la qualité de la vie). C’est un investissement nécessaire à partager avec d’autres institutions. Le ministère évidemment Les départements voisins, Les régions voisines, Les collectivités locales Les ports Les chambres de commerces et d’industries Les transporteurs Les propriétaires d’autoroutes Mais dans un premier temps il me semble nécessaire et urgent de lancer l’étude pour laquelle, avec RFF, la Région, nous nous sommes engagés voici je pense deux années. Entre le Havre et Fécamp en plein pays de Caux une ligne ferroviaire existe, non utilisée mais pas désaffectée. Nombreux sont celles et ceux qui pensent nécessaire de la remettre en service, et je suis personnellement convaincu de la grande utilité de cet itinéraire pour le futur. J’ai même le sentiment que RFF n’a pas non plus abandonné l’idée de réaffectation dans la mesure ou il nous a été imposé dans le cadre du contournement de Goderville des mesures conservatoires (dénivellation, engagement sur la réalisation d’un pont rail le cas échéant). Certes ce n’est certainement dans les intentions du nouveau ministre qui suit la trajectoire de son prédécesseur avec l’accélération de la dérèglementation et de la privatisation du transport du fret et bientôt des voyageurs. Mais il faut de mon point de vue, combattre résister et proposer. Il ne s’agit pas de céder à un effet de mode, de nombreuses régions et département sont engagés dans un tel processus. Parallèlement, je souhaite que nous procédions à un inventaire des différents projets de création de zones d’activités logistiques en cours d’étude dans les différents secteurs régis ou non par un SCOT et favoriser les cohérences de territoires, éviter les convoitises en raison d’absence de règlementation et la concurrence qui en découle. Je suis convaincu d’un énorme travail sur ces questions et je suis disponible Président avec votre accord, celui de l’assemblée pour, avec l’ensemble des collègues concernés et les services, l’engager et le mener à bien.