Israël choisit l’escalade meurtrière

Israël choisit l’escalade meurtrière

Des combats se déroulaient dimanche matin dans les faubourgs de la ville de Gaza entre les combattants du Hamas et les chars et fantassins israéliens, entrés samedi soir sur le territoire palestinien. ((/public/politique/gaza1.jpg|gaza|R|gaza, janv. 2009)) Au moins 19 Palestiniens ont été tués dimanche dans la bande de Gaza par des tirs de l’armée ou des raids israéliens. Israël a reçu le feu vert des Etats-Unis, confirme Olmert. « encouragé » dans son invasion de la bande de Gaza par ses conversations avec le président américain George W. Bush. « J’ai été encouragé par la position du président américain George W. Bush qui m’a dit que nous devions non seulement nous assurer que le Hamas cesse ses tirs de roquettes, mais aussi qu’il ne sera pas en mesure de recommencer dans le futur », a-t-il dit à Tel-Aviv à l’ouverture du conseil des ministres. Vendredi, dans ses premiers commentaires sur le conflit, le président Bush avait indiqué sans aucune ambiguïté qu’il ne condamnerait pas une action terrestre de l’armée israélienne en déclarant qu’une telle offensive relèverait du « droit d’Israël à se défendre contre le Hamas ». Seule « réserve » avancée par le président américain : qu’Israël veille à éviter les victimes civiles…

6 commentaires

Union Juive Française pour la Paix Publié le20 h 46 min - 5 janvier 2009

Après des années d’un blocus inhumain, après une semaine de bombardements qui ont tué 450 personnes et blessé des milliers d’autres, l’armée israélienne vient de lancer ses troupes terrestres (samedi 3 janvier) contre la bande de Gaza. Ce crime était annoncé de longue date.

La rage et la colère de ne pas avoir pu l’empêcher n’en sont que plus grandes.

Ainsi donc en 2009, une des plus puissantes armées au monde peut attaquer un territoire surpeuplé et y massacrer impunément qui bon lui semble.

Le crime a été rendu possible par un consensus tragique dans la société israélienne. Tous les partis sionistes ont été avertis à l’avance de l’attaque contre Gaza et tous l’ont approuvée. Seule une petite minorité d’anticolonialistes continue inlassablement de s’opposer, de manifester, de témoigner.

Cette situation de l’opinion est le résultat d’une propagande permanente en Israël visant à « déshumaniser » les habitants de Gaza ou le Hamas et à rendre licite ou normal leur assassinat.

Le crime a été rendu possible par la complicité de l’Union Européenne. La décision du Conseil sous présidence française du « rehaussement » des relations entre l’Union et Israël alors que la classe politique israélienne est lancée dans une surenchère électorale guerrière a été comprise comme un « permis de tuer ». La réception de Tzipi Livni à Paris par Sarkozy et Kouchner était un encouragement à l’agression.

Le crime a été rendu possible par la complicité des Etats-Unis qui n’ont jamais cessé de surarmer Israël et de le renflouer financièrement et par celle enfin de certains dirigeants arabes qui, comme Moubarak, ont donné leur accord à cette invasion.

Le crime a été rendu possible en raison de l’impunité des dirigeants israéliens, civils ou militaires, qui violent sans arrêt le droit international et se rendent coupables régulièrement de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

Dans le monde entier, des manifestations d’une ampleur rare ont eu lieu contre l’attaque israélienne, notamment aujourd’hui. Aussi bien dans les pays arabes qu’aux Etats-Unis,

en Grande-Bretagne, ou même à Tel-Aviv. Dans toutes les villes de France, des manifestations gigantesques ont mobilisé des forces nouvelles qui s’engagent contre cette barbarie.

L’Union Juive Française pour la Paix s’honore d’avoir participé à ces manifestations. Elle dénonce la tentative du CRIF d’enrôler tous les Juifs de France derrière la politique criminelle de l’Etat d’Israël.

Il y a urgence, il faut continuer la mobilisation et les manifestations.

Pour arrêter le massacre en cours, il faut exiger du gouvernement français, de l’Union Européenne et de la communauté internationale qu’elles cessent immédiatement leur complicité avec l’agression.

Elles doivent exiger l’arrêt immédiat de l’invasion. Elles doivent mettre en place une politique de boycott, désinvestissement et sanction contre Israël, à l’image de la campagne qui a fait céder autrefois l’Apartheid en Afrique du Sud. Elles doivent exiger que les dirigeants israéliens soient traduits en justice pour répondre de leurs crimes.

Le Bureau National de l’Union Juive Française pour la Paix , 3 janvier 2009

Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire, Publié le13 h 32 min - 6 janvier 2009

Parallèlement à l’offensive terrestre
A Gaza, le génocide à l’Uranium Appauvri a commencé
avec les bombes « GBU-39 » fournies par les Etats-Unis

Mise en ligne le : 4 janvier 2009

L’armée israélienne (Tsahal) a lancé hier soir son offensive terrestre contre Gaza – contre le Hamas et son « jihad », selon le gouvernement israélien. La presse, les médias internationaux se focalisent sur l’événement, qui suscite l’indignation ou l’inquiétude de l’opinion mondiale. Celles-ci seront encore plus grandes lorsque se révélera le drame qui a commencé le 27 décembre dernier avec les premiers bombardements israéliens sur Gaza et qui se poursuit de façon invisible, avec l’emploi par l’aviation israélienne de bombes « GBU-39 » – une « arme intelligente » issue du « génie militaire » américain, mais aussi une arme génocidaire.

Les caractéristiques de l’engin

Contrairement à une bombe « gravitationnelle » qui tombe par son propre poids, ce qui exige une estimation précise de l’altitude, la distance et la position de l’avion par rapport à la cible, la « bombe intelligente GBU-39 » est un missile autopropulsé capable d’atteindre par ses propres moyens et avec une incroyable précision une cible située jusqu’à 60 miles nautiques (110 km) en avant et 40 miles (75 km) à droite ou à gauche de l’avion au moment du largage. Apte à voler par tous les temps, le missile peut même décrire un cercle et frapper une cible fixe située derrière l’avion. Il est guidé vers sa cible par un système embarqué de positionnement par GPS et de calcul de trajectoire. Ce système est préprogrammé mais peut être reprogrammé à tout moment et à distance, à partir des installations au sol.

Répondant à un appel d’offres lancé deux ans plus tôt, la firme Boeing a été retenue en août 2003, après une sévère compétition avec Rayteon, pour développer cette « bombe de faible diamètre » (SDB-Small Diameter Bomb).

La SDB-1 ou GBU-39 a reçu sa certification en septembre 2005, sa production en série a débuté en avril 2006, et les premiers exemplaires ont été livrés à l’US Air Force début septembre 2006, en avance sur le calendrier et à un coût moins élevé que prévu (avec un amortissement des recherches sur une commande finale espérée de 24 000 unités). A cette occasion, le Maj. Gen. Jeffrey Riemer, responsable de la coordination du programme entre les différents laboratoires et fournisseurs civils et militaires, déclarait :

« Nous sommes enthousiasmés (excited) par le déploiement de cette arme, la SDB-1, qui vient s’ajouter aux diverses options léthales du F-15E (Strike Eagle) dans la guerre contre le terrorisme. »

D’après lui, sa marge d’erreur à l’arrivée ne dépassait pas 1,20 m.

La SDB-1 ou GBU-39/B est un tube long de 1,80 m environ et de 19 cm de diamètre. Une fois lancé, il déploie des ailerons arrière et latéraux qui stabilisent sa trajectoire. Il pèse 130 kg, dont 93 kg pour la tête explosive.

Le F-15E peut en emporter 4 sous son fuselage, avec un attelage BRU-61 d’un poids total en charge de 664 kg, au lieu d’un seul missile ordinairement beaucoup plus lourd. Le lancement de chaque missile est pneumatique et non par mise à feu d’une cartouche explosive, ce qui supprime l’entretien courant, facilite la manutention, et accélère le rechargement de l’avion au retour d’une mission. Celui-ci peut donc effectuer des frappes multiples et des rotations accélérées.

La précision, la fiabilité et la charge explosive limitée de la GBU-39, donc aussi sa moindre « léthalité » (ou capacité meurtrière), réduisent fortement les risques de « dommages collatéraux ». Ce qui permet des emplois interdits jusque-là : contre des combattants ennemis situés à proximité immédiate de « troupes amies »… ou au milieu d’une population civile amie, neutre ou ennemie, que l’on est censé épargner d’après les « lois de la guerre » et le droit international. L’idéal, en somme, pour la guerre « anti-guérilla » ou « anti-terroriste »…

Dès le 5 octobre 2006, un mois après leur livraison aux Etats-Unis, deux avions F-15E « Strike Eagles » appartenant à la 494e Escadrille de Combat déployée en Asie du Sud-Est, en utilisaient des exemplaires pour la première fois contre des cibles réelles, en soutien aux troupes terrestres agissant en Irak. Le général North célébrait l’événement dans les termes suivants :

« Grâce à sa taille réduite, nos avions peuvent en emporter sur le champ de bataille un nombre accru, apportant ainsi aux combattants au sol davantage de possibilités de défendre leurs positions, en détruisant avec précision des cibles qui pourraient menacer les vies de soldats américains, de la coalition ou irakiens. »

« La SDB est exceptionnellement qualifiée pour des cibles urbaines exigeant une grande précision et des dommages collatéraux réduits, et pour des missions de soutien aérien rapproché auxquelles nos équipages se trouvent confrontés dans le cadre des opérations « Iraqi Freedom » et « Enduring Freedom ». Nous sommes maintenant en mesure d’intervenir en des endroits où les dommages collatéraux pourraient être un souci. »

La SDB-1 présente une autre caractéristique que la fiche technique de Boeing et la presse israélienne se gardent de préciser. En effet, sur les 93 kg attribués par Boeing à la tête (warhead), 23 sont dus à l’explosif proprement dit, de haute performance. Le reste, soit une cinquantaine de kilos, n’est autre que de l’Uranium Appauvri. Celui-ci présente un avantage supplémentaire : sa haute capacité de pénétration. Il permet à la GBU-39 de percer au moins 90 cm de béton armé (ou plusieurs mètres de terre) avant d’exploser.

Une version capable de frapper des cibles mobiles (SDB2) a été commandée à Boeing, associé cette fois à Lockheed. Il était prévu que son développement en cours aboutisse fin 2009. Certaines de ses caractéristiques annoncées correspondent à celles données par le Jerusalem Post du 28 décembre 2008. Cependant, rien n’autorise à penser que l’armée de l’air israélienne dispose déjà de tels engins – à moins que l’offensive contre Gaza ne leur serve de banc d’essai.

Outre son prix « réduit » (de l’ordre de 100 000 dollars pièce – tout est relatif…), l’ensemble de ses caractéristiques faisaient de la GBU-39, version SDB1, l’arme idéale pour l’offensive israélienne contre Gaza. Sa précision permettait d’atteindre des cibles fixes prédéfinies, tout en réduisant les « dommages collatéraux » dans la population civile (de surcroît avertie par tracts ou par téléphone mobile d’évacuer au plus vite les cibles, c’est-à-dire les maisons ou les sites liés au Hamas, à la fabrication, au stockage ou au lancement de roquettes Qassam contre le sud d’Israël). Ce qui limite aussi les risques, politique et diplomatique, d’être accusé de perpétrer des massacres et des crimes de guerre. Par ailleurs, la capacité de pénétration de la GBU-39 permettait de détruire aussi bien les sites enterrés de lancement de roquettes que les 40 boyaux souterrains sous la frontière entre l’Egypte et Gaza, qui rendent poreux le blocus israélien et qui ont été frappés dès le premier jour de l’offensive aérienne.

En septembre 2008, le Congrès américain a autorisé la vente de 1000 exemplaires à Israël, qui lui ont été livrés dans les premiers jours de décembre. La trève de 6 mois acceptée par le Hamas en juin expirait le 19 décembre. Le 27 décembre, l’offensive israélienne commençait.

Le problème, c’est que la GBU-39, si elle limite les risques de crimes de guerre, entraîne avec certitude le crime contre l’humanité.

Le génocide de Gaza a commencé.

Gaza est une étroite bande de terre hébergeant sur 360 Km2 près d’un million et demi d’habitants, avec une densité de 3823 habitants au Km2.

Le dard des bombes GBU-39 est à l’Uranium Appauvri, disions-nous. Mais appauvri en U235 et enrichi en U238, dont la demi-vie radioactive est de 4,5 milliards d’années.

L’UA est un redoutable poison chimique et radiologique qui brûle aisément à l’impact et se transforme en particules radioactives extrêmement petites (particules nanométriques de l’ordre du millionième de millimètre) qui échappent à toute barrière et tout type de masque à gaz. Les produits de ces combustions répétées d’uranium voyagent avec les mouvements d’air, contaminent l’atmosphère et pénètrent dans les organismes via la respiration, l’ingestion ou les moindres blessures. Ainsi, la majeure partie de l’uranium se retrouve sous forme d’oxyde d’uranium radioactif invisible dans l’atmosphère que les populations respirent, tandis qu’une autre partie contamine les sols, les sous-sols et les nappes phréatiques.

Les conséquences de l’utilisation de bombes à l’UA en Afghanistan et en Irak sont parfaitement connues, démontrées et dénoncées par de nombreux scientifiques – sinon tous, excepté ceux dont le salaire émarge aux budgets des armées américaine, française, israélienne… et autres. Elles ont été rendues dramatiquement visibles par les photos insoutenables de nouveaux nés malformés.

On imagine sans peine les conséquences catastrophiques que de tels bombardements auront sur la population de Gaza : cancers, malformations congénitales, maladies du système immunitaire… et ce d’autant plus qu’elle souffre de malnutrition chronique et de manque de soins, en raison notamment du blocus israélien.

Lorsqu’il a décidé de larguer des bombes GBU-39 à l’UA sur des zones densément peuplées de Gaza, le gouvernement israélien ne pouvait pas ne pas en connaître les effets. Mais la population israélienne, dont on peut comprendre la lassitude et l’exaspération sous les tirs de Qassam et d’obus de mortiers, les connaît-elle, aujourd’hui encore ? Se doute-t-elle que son gouvernement, tout en déclarant viser les dirigeants, les militants et les installations du Hamas, procède, délibérément ou non, à un « nettoyage ethnique » lent de la population palestinienne, qui sera inéluctablement contaminée, et à une destruction de son environnement ? Mesure-t-elle le risque qu’elle court d’en devenir elle-même victime ? Car il est clair que les mouvements atmosphériques ne s’arrêtent pas aux frontières de Gaza. Sait-elle que, même s’ils reviennent indemnes ou légèrement blessés de cette opération terrestre dont on nous annonce déjà qu’elle sera longue et sanglante, les soldats de Tsahal seront eux aussi marqués à vie dans leurs poumons, leur sang ou leur capital génétique par les effets de cette arme perverse ? On l’a dit, aucun masque ne peut protéger des nanoparticules d’Uranium Appauvri.

Un véritable crime contre l’humanité s’exécute donc sous nos yeux.

S’agissant de l’Irak, ACDN écrivait au président de la République française, le 6 avril 2003 :

« La France doit user de tous les moyens dont elle dispose pour faire cesser le CRIME CONTRE L’HUMANITE qui se déroule sous nos yeux : l’utilisation de munitions à « Uranium Appauvri » par les troupes de la coalition anglo-australo-américaine, utilisation avérée au moins à Bassora et hautement probable sur d’autres champs de bataille irakiens. Les divers composants de l’uranium appauvri ont déjà provoqué depuis la (première) « guerre du Golfe » une catastrophe humanitaire systématiquement sous-estimée ou niée par les dirigeants des puissances concernées (France comprise, puisque les militaires français victimes du « syndrome du Golfe » se voient dénier tout droit, de même d’ailleurs que les victimes des essais nucléaires français). Les milliards de particules radioactives ainsi émises vont transformer l’Irak en une terre inhabitable pour l’éternité, et retomber sur tout l’hémisphère Nord où elles accroîtront, avec la radioactivité ambiante, les « statistiques » anonymes des cancers. A quoi sert-il de lancer une « campagne nationale contre le cancer » si l’on n’intervient pas à temps pour prévenir l’expansion de l’une de ses principales causes ? »

Cette fois, il s’agit de Gaza, de la Palestine et d’Israël.

Cette fois, le président de la République ne s’appelle plus Jacques Chirac, mais Nicolas Sarkozy, et il sera dans la région dès demain pour tenter d’y ramener le calme, à défaut d’une paix véritable.

Cette fois encore, nous lui disons :

« La France doit faire cesser ce crime contre l’humanité. »

Mais pour se faire entendre, elle devra s’engager elle-même à ne plus produire, vendre, transférer ni utiliser dans sa propre armée aucune arme à l’Uranium Appauvri. Au lieu de voter, comme elle l’a fait dernièrement en la seule compagnie des Etats-Unis et d’Israël, contre toute résolution de l’ONU cherchant à établir une commission d’enquête sur les effets de l’UA, la France doit enfin travailler à l’interdiction universelle des armes à l’Uranium Appauvri.

En plus, bien sûr, d’oeuvrer à l’établissement d’un cessez-le-feu général et immédiat à Gaza, et à l’instauration d’une paix juste et durable dans la région, seul moyen de désamorcer les haines, d’assurer la cohabitation des peuples, des croyances, des Etats, des cultures, et de sauver les personnes.

Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire, le 4 janvier 2009

« A Gaza, début du génocide à l’Uranium Appauvri » ⓒACDN, 4 janvier 2009. Reproduction partielle ou complète de cet article autorisée sous réserve de renvoyer à la source : http://www.acdn.net et d’en informer la rédaction.

Jean Emmanuel Ducoin Publié le22 h 53 min - 6 janvier 2009

Dans les pires tragédies, quand seuls le fer et le sang mêlés nous irriguent, les diplomates disent qu’ « on ne fait la paix qu’avec ses ennemis « , manière plus ou moins élégante d’affirmer que même sur les brasiers les plus incandescents peuvent s’envoler quelques cendres d’espoir, bercées par les vents.
En sommes-nous à ce point de cynisme pour oublier la réalité et nier ces visions d’horreur, toujours recommencées, dont on ne guérit jamais tout à fait ? Depuis une semaine, le spectre du retour à la grande tragédie qui, pendant un demi-siècle, a ensanglanté toute la région et mis plusieurs fois en péril la paix du monde elle-même, a de nouveau pris forme humaine. Et sur des cadavres encore chauds, la « guerre de Gaza » a débuté dans le fracas des missiles et l’invasion des chars, rue par rue, maison par maison, mort après mort, hommes, femmes, enfants…
En exploitant les derniers moments de l’administration Bush pour accentuer leur politique impérialiste, dans le cadre d’un processus électoral interne à leur pays, les dirigeants israéliens ont non seulement commis un crime de guerre mais ils ont, aussi, enfoncé les frontières de l’absurde.
Le siège puis l’invasion de Gaza, loin d’éliminer la menace des tirs de roquettes, n’aura d’autre conséquence que de renforcer l’unité de la population autour du Hamas.
Donc : quels sont les réels « buts de guerre », sinon éradiquer les quelques résidus d’autonomie dont jouit encore Gaza et ainsi favoriser les extrémistes ?
Les Palestiniens, qui comptent déjà leurs morts par centaines, le savent : le pire est à venir.
Comment dans ces conditions domestiquer la haine de la haine pour la transformer en volonté d’apaisement ? Presque une gageure.
Face au massacre de Gaza et au possible éclatement territorial de la Palestine, le monde est lui aussi en état de choc, comme en témoignent les nombreuses manifestations de soutien au peuple palestinien.
Le Proche-Orient reste en effet l’un des piliers matriciels de l’équilibre international, et c’est la raison pour laquelle, depuis hier, une agitation diplomatique voulait nous laisser croire que l’ONU, incapable de s’accorder sur un appel à un arrêt des hostilités en raison du soutien américain à Israël, n’aurait peut-être pas le dernier mot. Nicolas Sarkozy se trouve justement dans la région. On pourrait railler à l’infini l’activisme diplomatico-médiatique du chef de l’État, lui qui, à la tête de l’Union européenne il y a quelques jours encore, ne brillait pas par la fermeté de son langage…
Quelle est sa marge de manoeuvre ? Quasi inexistante, à l’image de l’impuissance coupable de la communauté internationale.
À ce propos : que signifie le silence assourdissant de Barack Obama ?
Alors ? Sarkozy aurait dû exiger l’arrêt immédiat de l’offensive terrestre et le retrait des troupes, et ne pas se contenter de dire : « les violences doivent cesser ». Comme un bras d’honneur à toutes les consciences, les dirigeants israéliens continuent de bafouer le droit international : seules des sanctions peuvent désormais les contraindre à de vraies négociations.
Dans le même temps le blocus de Gaza, qui a conduit 1,5 million de Palestiniens à survivre dans des conditions inhumaines, doit cesser, condition préalable à toute discussion avec les Palestiniens… dont le Hamas.
Car il faut aussi parler avec le Hamas pour trouver les arrangements de sécurité nécessaires aux Israéliens et les conditions d’une trêve permanente à Gaza. Bien sûr, le peuple palestinien a tout à créer : il n’a hérité que du néant de la destruction, sur des terres martelées par l’injustice et les inégalités organisées par son voisin.
Mais comme le rappelait Marek Halter dans le Figaro, le Hamas a déjà laissé entendre qu’à condition de s’en tenir à l’intérieur des frontières définies en 1967 – l’une des résolutions de l’ONU jamais respectées -, il était prêt à reconnaître l’existence de l’État d’Israël.
Qui aurait intérêt, en ces heures particulièrement sombres, à ne pas remettre à l’horizon le principe de deux États ?
« On ne fait la paix qu’avec ses ennemis », paraît-il…

Serge Grossvak Publié le13 h 10 min - 9 janvier 2009

« Je suis juif, et aujourd’hui j’ai honte.

Je suis juif et j’entends ces bruits, ces bombes, ces souffrances qui hurlent. C’est l’histoire qui me revient pour m’éclater à la face. L’histoire que mes parents m’ont léguée pour honnir la guerre honteuse. Je suis juif et je vois le sang, le sang qui coule sous les bombes comme Guernica. Je suis juif et je sais la révolte désespérée contre l’étouffement et la famine du ghetto de Varsovie. Je sais l’indifférence absolue qui précédait, comme Gaza.

Je suis juif et je suis frère de racine et d’histoire de ces hommes d’Israël. Ces fils de victimes adossant aujourd’hui l’armure des bourreaux. Quelle honte, quel désespoir de voir ceux qui ont tant souffert, qui ont été tant terrorisés, n’engendrer de leur passé qu’un abomineux dédain pour l’âme humaine !

C’est désespérant.

Est-ce la victoire posthume d’Hitler que cette sauvagerie distille ? Est-ce sa victoire que ce reniement de l’humanisme ? Ah ma mère ! Je me souviens lorsque enfant tu me fis l’apprentissage de ce gardien d’immeuble qui vous avait averti, il était communiste, puis de ces religieuses vous extrayant d’un Paris devenu trop dangereux. Ah ma mère ! Je me souviens de ce poème d’Aragon où le résistant arménien avait pour derniers mots « vive le peuple allemand » devant les Nazis qui allaient l’achever. Ma mère, où se cache aujourd’hui la dignité de nos frères d’Israël ou de notre famille aveugle de haine et de conquête ? Ma mère, il était dur de naître en portant les souffrances de vos vies, mais les enfants d’aujourd’hui vont devoir affronter bien pire : la honte !

Gaza martyr, Liban martyr, Jenine martyr et rien d’autre ne vibre dans leur âme qu’un énervement et une volonté de soumettre ! Que leur demeure t-il de sens humain ? N’auraient-ils plus qu’un Bush dans les os ?

Les palestiniens perdent leurs chairs, leur sang, leur terre.

Les juifs perdent leur âme, aveuglement engagés derrière l’état d’Israël.

L’horreur s’ajoute à l’horreur sans jamais permettre qu’émerge une étincelle d’intelligence. L’intelligence, la bonne intelligence. La Paix ! Cette Paix qui en tout lieu du monde à la même science : celle du respect partagé. Cette Paix de Kant pour tous les peuples de la terre.

Ce respect est honteusement déni en affamant, en occupant, en excluant, en dominant. Ce déni qui légitime la rage et fait monter les haines. Ce déni qui rend impossible la fin des armes et des souffrances. Ce dénie qui nous plonge dans un massacre récurent où la vie n’a plus la valeur d’une vie.

Le respect, c’est le Droit, partout dans le monde. Le respect, c’est Israël entrant dans la Loi du monde, comme tout le monde. La Loi du monde délimite des frontières depuis 40 ans. Au-delà de ces frontières rien n’est régenté, occupé. Des frontières où commence la liberté des autres. Des frontières, tout simplement, comme partout dans le monde. Des frontières pour que monte le respect, premier pas, tout premier pas des humains.

Pour que demain les peuples partagent leurs rêves et que les frontières soient une invitation amicale aux rencontres.

pierre Publié le22 h 37 min - 25 janvier 2009

Le phosphore blanc brûle toujours, à l’hôpital de Gaza
Les médecins de toute nationalité dénoncent l’utilisation de cette arme, dont les dommages sont considérables.
J’y étais
L’hôpital Shifa, à Gaza, le principal établissement hospitalier de la ville, a connu des heures pénibles durant l’agression israélienne. Pendant vingt-deux jours, le va-et-vient des ambulances a été incessant. La morgue était pleine. Les chirurgiens palestiniens, épaulés par leurs confrères venus pratiquement de tous les continents, ne quittaient pas les salles d’opération. Les infirmières, le personnel technique et de service se dépensaient sans compter. On n’en est plus là, mais les dégâts humains causés par l’armée israélienne sont tels que cet hôpital est encore surchargé. Ici, c’est le courage qui prévaut car depuis deux ans tout le monde vit enfermé. Même les médecins ne peuvent sortir pour participer à des conférences à l’étranger.
SANS RESPECT POUR PERSONNE Israël ne s’est pas embarrassé de questions morales. Les bombardements ont été intensifs, sans respect pour rien ni pour personne. Des familles entières ont été décimées. Des maisons ont été démolies alors que les gens se trouvaient encore à l’intérieur. Aucun endroit n’était à l’abri d’une frappe, dans la bande de Gaza.
Même les hôpitaux. Celui d’Al- Qods, dans le quartier de Tal al- Halwa, a été pris pour cible, et une aile a brûlé. Pis, Israël a utilisé des bombes au phosphore blanc, dont l’usage est pourtant prohibé dans les zones civiles. La bombe explose à deux cents mètres d’altitude, projetant en pluie des billes incandescentes de phosphate qui brûlent pendant plusieurs jours. Le docteur Nafez Abou Shaaban, chef du service des brûlés à l’hôpital Shifa, sort un sac en plastique et l’ouvre. On voit du sable. Il en répand un peu sur le sol. Il y a des morceaux comme du mazout solidifié. Il en brise un. Une odeur horrible se dégage. C’est ce fameux phosphore blanc. « Généralement, lorsqu’un patient présente une brûlure, on sait la soigner, et surtout il n’y a pas de détérioration. Là, non seulement c’était impossible, mais en plus la plaie s’élargissait de plus en plus et, après quelques heures, de la fumée blanche s’en échappait. La seule solution que nous avions, était d’amener le plus rapidement possible le patient en salle d’opération ». Pour le docteur turc Hassan Oz, « au début, on ne voit presque rien, mais plus le temps passe plus la brûlure devient sévère, nécrosée ».
« ON AURAIT DIT L’APOCALYPSE » Dans sa maison du quartier de Tal al-Halwa qu’il a réintégrée il y a trois jours seulement, Salah Al Jamal est assis près de son fils Mahmoud, dix-huit ans. Le jeune homme a été opéré à de multiples endroits, brûlés par ce phosphate blanc. « Le 11 janvier, les Israéliens se sont déchaînés, raconte Salah. Ils nous ont bombardés avec des avions F-16, des hélicoptères Apache, des navires de guerre. On aurait dit l’Apocalypse tellement c’était l’enfer… » Affolée, la famille s’enfuit en courant dans tous les sens. Mahmoud raconte la suite, d’une voix encore faible. « J’étais vraiment en état de choc. J’ai pris la fuite. J’ai vu un éclat, un feu et puis plus rien. En courant j’ai senti que quelque chose de lourd m’avait touché. Je devenais de plus en plus chaud. C’était comme si j’étais dans un feu. Je suis tombé. Il y avait un gars près de moi. Je l’ai appelé, appelé… mais il ne répondait pas. Il était mort. Ensuite, j’ai perdu connaissance et je ne me souviens de plus rien. » Mahmoud va rester ainsi plusieurs heures. Personne ne peut approcher. Lorsqu’au petit matin Salah apprend par des voisins que Mahmoud est étendu dans un terrain vague, qu’il est peut-être mort. « Ses habits étaient brûlés, se souvient le père. Quand j’ai nettoyé son visage qui était noirci, j’ai aussi été brûlé », dit-il en montrant ses doigts couverts de plaies. « Il avait de petites brûlures qui se sont agrandies. On voyait l’os. De la fumée sortait de son corps ». C’est finalement la Croix- Rouge qui a pu le récupérer et l’emmener à l’hôpital.
« JE N’AI JAMAIS VU UNE TELLE HORREUR » Le médecin algérien Mohammed Abed Khoidmi, qui est resté à l’hôpital Shifa de Gaza pendant toute la guerre, témoigne aussi. « J’ai assisté à de nombreux conflits mais je n’ai jamais vu une telle horreur. » Il s’interroge également sur l’utilisation de certaines armes. « Nous avons opéré beaucoup de blessés qui avaient perdu les deux membres au niveau des genoux. Quatre heures après le début de l’intervention, ils étaient en réanimation mais deux heures après, les plaies s’ouvraient automatiquement et une hémorragie se déclenchait. J’ai également constaté des lésions un peu particulières liées au phosphore blanc. Quand vous coupez la chair, une fumée blanche et nauséabonde se dégage. Quand on ouvre, les organes internes commencent à brûler. C’est le produit chimique qui brûle au contact de l’air. » Le docteur Abou Shaaban l’avoue : « J’ai peur, maintenant… » Les familles l’appellent sans cesse pour savoir, pour être rassuré. Il est incapable de le faire. « Quelles vont être les complications à long terme ? Les médecins et les infirmiers qui se sont occupés de ces blessés sont-ils en danger ? », demande- t-il. Le médecin français Mohamed Salem, venu de Lille, président de l’association Pal- MedEurope, souligne qu’« on n’avait jamais vu des blessés comme ça ». Il se souvient par exemple d’un jeune de dix-sept ans arrivé pour une blessure au ventre. « Nous pensions que ce n’était pas grave, il n’y avait qu’un petit trou. Quand on lui a ouvert le ventre, on a trouvé pleins de particules noires et rouges au niveau des intestins. On a même trouvé une particule au niveau de l’aorte abdominale et ça a saigné plus tard. Mes collègues n’ont jamais vu ce type de pathologie. » Ce qui semblerait attester de l’utilisation du DIME (Dense Inert Metal Explosion), une arme redoutable dont la particularité est de pénétrer dans le corps et d’être indétectable à la radiographie. Le docteur Salem compte emmener plusieurs enfants palestiniens en France pour y être soignés. « BESOIN DE MATÉRIEL POUR OPÉRER » Le docteur Oz tient à rendre hommage à ses confrères palestiniens, « qui opèrent avec une rapidité surprenante ». Profitant de la présence de la presse, il lance un appel. « Les Palestiniens ont besoin de matériel pour opérer, notamment pour les gastroscopies adultes et pédiatriques. Avec ça on peut arrêter une hémorragie intestinale sinon, et c’est ce qui se fait ici, il faut ouvrir l’abdomen. » Le docteur Abou Shaaban acquiesce. Il demande également une commission d’enquête sur ces armes. « Les Israéliens n’ont aucune morale qui les empêcherait d’utiliser des armes chimiques. Qui les empêcherait ? Les pays occidentaux ? On est seul. On sert de terrain d’expérimentation. »

Patrick Publié le8 h 24 min - 28 janvier 2009

Je reviens de Gaza, ou nous étions avec quelques amis, pour rencontrer dans les quartiers, les camps de réfugiés,les habitants, écouter leurs témoignages. Ce que nous avons vu est effroyable, on nous disait des « frappes chirurgicales »??, c’est le désastre.
Maisons, usines, bâtiments officiels, entrepots de médicaments, garages de voitures d’occasion, tout semble avoir été laminé par un tremblement de terre.
Ailleurs ce sont des poulaillers, des fermes, détruits dégageant une odeur pestilentielle de mort en décomposition, ici des vergers d’oliviers de palmiers, des serres, des champs, écrasés sous les chenilles des bulldozers et des chars israéliens.
Dans un autre village, c’est la station d’épurationque les chars israéliens ont pulvérisée.
Mais ou est donc la lutte contre le Hamas, contre le terrorisme dans ces actes??Nulle part!
La volonté, c’est d’affamer, de priver d’eau et de soins,une population en dessous du seuil de la pauvreté pour terminer l’horrifiant travail des bombardiers et des chars.On attise la haine et la misère, véritables terreaux du terrorisme.
les habitants s’interrogent devant ce déluge de feu descendu du ciel: »pourquoi un Palestinien n’est pas en sécurité dans sa propre maison? »
Et il y a pire, des petites filles ont été froidement abattues par des soldats israéliens devant leurs parents, elles n’avaient pas dix ans.
Cette armée , l’une des plus puissantes du monde massacre avec froideur , et en toute impunité, des civils; Israël bafoue le droit en utilisant des bombes interdies par les loies internationales.
Ce sont des crimes de guerre!
C’en est trop, cette impunité vis à vis de la direction israélienne doit cesser immédiatement.
Une commission d’enquête internationale doit dire la vérité au monde et notamment aux Israéliens eux même.
Le gouvernement et l’armée israélienne doivent répondre de leurs crimes et être contraints de venir à la table de vraies négociations pour la sécurité dans cette région du monde et deux états vivant dans la paix, côte à côte.
C’est un devoir!
Là est l’espoir, celui que nous avons lu dans les yeux et les beaux sourires de tous ces enfants de GAZA.