Plus d’électricité, plus de farine, plus d’argent, plus de fruits, plus d’école, plus de journaux, plus d’eau, plus de silence, plus de repos, plus de rues, plus de sorties, plus d’abri : des bombes ! La nuit, le jour, le matin, hier, demain, des bombes, des obus, des missiles. Des missiles qui peuvent frapper la famille autour de la table de la cuisine, le grand-père dans son lit, la poupée de la petite fille dans son cartable. Les Palestiniens s’apprêtent à mourir! Déjà le nom de Gaza s’inscrit dans le grand-livre tragique du massacre des innocents, au chapitre des peuples qu’un ennemi barbare a voulu ramener à l’âge de pierre. %%% Alors, nous hante le vers de Louis Aragon : « Déjà, vous n’êtes plus que pour avoir péri »…. Afin que ce vers ne résume pas le destin du peuple palestinien, partout agissons,car __La guerre ne sera jamais une solution du côté de Gaza et de Jérusalem.__
Le poète avait précisément écrit qu’il ne suffit pas d’avoir raison pour avoir raison. En effet, parfois il faut mettre les points sur les « i ». Alors mettons-les, puisqu’ici et là on nous chipote le droit de mobiliser toute notre ardeur pour le malheureux peuple palestinien. Et pour un peu, on nous reprocherait d’avoir substitué au travail de la raison et de la pensée les seuls élans de l’émotion et de la sensibilité, de manière unilatérale.%%% »Primo. » Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté avant-hier la résolution 1860 qui « appelle à un cessez-le-feu immédiat, durable et pleinement respecté menant au retrait complet des forces israéliennes de Gaza ». __Ce texte a été adopté par 14 des 15 membres du Conseil : les États-Unis se sont abstenus. Est-ce qu’il va s’inscrire dans la longue nomenclature des résolutions, que l’État d’Israël ne respecte pas ?__%%% »Secundo ». On n’ose pas le dire, mais on le dit tout en ne le disant pas : nous aurions des faiblesses complices pour le Hamas… __La mort d’un petit enfant israélien frappé par le tir aveugle d’un engin meurtrier dirigé sur le territoire israélien nous fait horreur__. Cette guerre-là et ces méthodes-là dénaturent le combat même du peuple palestinien. Mais que les dirigeants israéliens encouragés par les cercles du pouvoir occidentaux se regardent dans une glace : ce sont eux qui ont encouragé, promu, sinon financé (n’est-ce pas, messieurs ?) le mouvement islamiste pour diviser les forces politiques palestiniennes et contrer l’OLP et Yasser Arafat. Il leur paraissait plus facile de s’opposer à ceux qui bataillent au nom de l’islam qu’à ceux qui se mobilisent au nom du peuple palestinien à disposer de lui-même. Nous n’avons donc aucune leçon de morale à recevoir des inspirateurs de ce cynisme politique.__%%% »Tertio ». Yasser Arafat, ses amis et son organisation avaient été la cible permanente de toutes les forces politiques israéliennes, américaines et européennes aux commandes. Une véritable stratégie de la haine s’était déployée contre eux. Or ils représentaient le nationalisme palestinien laïque. __Oui, laïque__ ! Et ils avaient mis beaucoup d’intelligence de courage et de patience à faire accepter, par les Palestiniens en particulier et le monde arabe en général, l’idée de coexistence entre deux États, et donc la légitimité d’Israël. Depuis, le chemin parcouru est affligeant parce qu’il a été parcouru à l’envers…%%% »Quarto. » L’antisémitisme révolte notre conscience, assombrit nos coeurs et est à jamais étranger à notre conception du monde. Il nous trouvera toujours sur sa route, en tant que combattants. Et cela nous permet d’affirmer tranquillement que le crime inexpiable de l’Holocauste, ce crime contre l’humanité accompli au coeur de l’Occident, ne saurait excuser sous quelque forme que ce soit les crimes de guerre qu’à commis, que commet ou que pourrait commettre l’État d’Israël.%%% d’après l’éditorial du journal l’Humanité du samedi 10 janvier 2009 signé Claude Cabannes .
Raymond Bartoll Publié le11 h 04 min - 15 janvier 2009
le philosophe André Glucksmann a donné une tribune au Monde cette semaine intitulée « Une riposte excessive ? ». L’homme, qui affirme que l’opinion mondiale « a tort de juger les réactions israéliennes disproportionnées », voit « poindre une lueur d’espoir » dans la guerre de Gaza que « les images chocs recouvrent trop souvent ». Il poursuit ainsi : « Néanmoins la condamnation, a priori, inconditionnelle, de l’outrance juive régule le flot des réflexions. » Arrêtons-nous un instant : que vient-on de lire ? Ceci : « Outrance juive » ? Mais qui parle ici des juifs, sinon Glucksmann lui-même ? La critique envers Israël, souvent virulente en effet, émise par les plus grandes consciences du monde concerne la politique insupportable d’un État, un État qui s’appelle Israël. Rien de plus. Rien de moins. Monsieur Glucksmann suggère lui-même l’amalgame : tel n’est pas notre cas ! Il demande par ailleurs : « Quelle serait la juste proportion qu’il lui faudrait respecter pour qu’Israël mérite la faveur des opinions ? » Avant de conclure par ces mots : « On ne peut travailler pour la paix au Proche-Orient qu’à la condition d’échapper aux tentations de l’inconditionnalité, lesquelles hantent non seulement les fanatiques jusqu’au-boutistes, mais aussi les âmes angéliques qui fantasment une sacro-sainte « proportion » propre à équilibrer providentiellement les conflits meurtriers (…). Il n’est pas disproportionné de vouloir survivre. » Glucksmann justifie non seulement l’intervention (rien d’étonnant venant de lui) mais également les crimes de guerre communément passibles du droit international (curieux pour un intellectuel). Gaza martyre cherche quelques parcelles d’humanité. Monsieur Glucksmann, savez-vous encore ce que cela signifie ?
lu dans mon journal qui milite pour la paix :l’humanité
Raymond Bartoll Publié le12 h 36 min - 15 janvier 2009
encore moi!
je viens d’entendre sur les ondes radio, les bombardements en direct, alors que le journaliste interviewait deux français, l’un docteur à l’hopital qui était en feu, l’autre responsable au siège de l’ONU également bombardé.
Il faut arrété, ce massacre que l’Etat d’Israel impose à Gaza.
Raymond Bartoll Publié le8 h 36 min - 23 janvier 2009
comme je n’ai pas de lieu ou m’exprimer, je vous fait part de mes lectures et mon ressenti sur votre blog.Merci
Un collectif d’associations est sur le point de déposer auprès de la Cour pénale internationale (CPI) une demande d’ouverture d’enquête pour « crimes de guerre » et « crimes contre l’humanité » contre plusieurs dirigeants israéliens, parmi lesquels le premier ministre, Ehoud Olmert, le ministre de la Défense, Ehoud Barak, et la ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni.
Le collectif, réunit quelque 300 associations de défense des droits de l’homme à travers le monde,il remettra un dossier de 37 pages qui rend compte de violations présumées du droit international humanitaire commises par l’armée israélienne pendant son offensive dans la bande de Gaza. La Bolivie et le Venezuela, qui ont déjà rompu toute relation diplomatique avec Israël, vont également présenter une requête devant la CPI.
Mais cette initiative risque de ne rester que purement symbolique, la CPI n’étant pas reconnue à Gaza. Pour l’instant, seule l’intervention du Conseil de sécurité des Nations unies permettrait de satisfaire la demande des associations.
Intervention peu probable puisque les alliés d’Israël, États-Unis en tête, y opposeraient leur veto.
dany Publié le22 h 08 min - 25 janvier 2009
Les évêques dénoncent toute récupération!
Le conseil permanent de la Conférence des évêques de France a rendu publique, hier, une déclaration sur la situation au Proche-Orient. Parlant d’événements « effroyables » et condamnant « terrorisme » et « riposte militaire disproportionnée », les évêques qualifient de « folies condamnables » « l’escalade guerrière et la violation du droit humanitaire ». Ils dénoncent « toute récupération visant une importation du conflit sur notre territoire national. Propager la violence en France ne ferait pas progresser la paix à Gaza ». Se disant, comme l’ensemble des catholiques, « meurtris et mobilisés », ils appellent au cessez-le-feu et concluent en « souhaitant que l’Europe soit un pont au service de la paix ».
Les laïcs aussi font entendre leur voix!
Une vingtaine d’organisations ont signé un appel contre toute « instrumentalisation communautaire » du conflit du Proche-Orient.
Dans le concert des réactions religieuses et communautaires, à propos du conflit au Proche-Orient, la voix des laïcs avait jusqu’à présent bien du mal à se faire entendre. C’est chose faite grâce à l’appel lancé par la Ligue de l’enseignement et la Ligue des droits de l’homme, et qui a été signé par les partis de gauche, les grandes centrales syndicales et quelques associations telles qu’ACLEFEU.
Dans ce texte, les signataires affirment que le conflit israélo-palestinien « n’est ni religieux ni « ethnique », mais bien politique et territorial : l’engrenage de la violence dont les populations civiles sont les premières victimes s’enracine dans l’aggravation, depuis des décennies, du sort insupportable fait au peuple palestinien ». Au-delà de l’émotion soulevée par le nombre des victimes, le texte rappelle que « la paix ne pourra advenir sans justice, cette paix par le droit hors de laquelle aucun des deux peuples ne pourra vivre un avenir humain ».
Mais ce sont aux conséquences que le conflit pourrait avoir en France que s’intéresse le texte. Relevant les « actes inacceptables » mais « heureusement isolés » auxquels le conflit a donné lieu – hier, des inscriptions « À mort Israël », « Vive la Palestine ! » et « Nique la France » ont souillé la synagogue de Mulhouse (Haut-Rhin) -, l’appel déplore « la réaction des autorités politiques françaises qui s’en remettent aux instances religieuses pour prévenir la violence ». Choix qui n’est « ni admissible sur le terrain de la laïcité ni de nature à prévenir les dangers qu’elles invoquent ». Le texte se refuse à mettre en cause la capacité de s’indigner mais écarte « une logique de transposition dans la société française des conflits et des haines qui déchirent le Proche-Orient ». Logique qui « enfermerait la liberté de conscience et d’expression des individus concernés dans une assignation à résidence communautaire ou religieuse » qui serait « porteuse de graves dangers pour le vivre ensemble ».
Toute « mise en scène d’un prétendu « conflit de civilisations » » est réfutée, et les signataires rappellent « qu’aucun individu ne peut être étiqueté, stigmatisé ou agressé en raison de ses origines ou de sa foi, et que les manifestations d’intolérance, de racisme et d’antisémitisme, loin de servir les causes que leurs auteurs disent soutenir, les salissent et mettent en danger la vie démocratique ».
Francis Publié le7 h 21 min - 19 février 2009
En écoutant il y a près d’un mois les enfants de Gaza, raconter au milieu des décombres de leur maison, comment ils ont tremblé sous les bombes ou leurs parents décrire l’enfer de ces 22 jours et nuits qui marqueront à jamais leur vie et la mémoire des générations futures, je n’étais pas fier de l’Europe! J’ai pensé à un certain nombre de dirigeants de nos Etats, à tous ceux qui portent devant l’histoire la responsabilité de leur manque de courage politique, des occasions manquées, de leur absence de vision.
Je me suis posé la question: jusqu’à quelles extrémités les dirigeants israéliens doivent-ils pousser leur inhumanité à l’égard des Palestiniens et leur mépris du droit comme des valeurs les plus essentielles pour que les principaux responsables politiques européens osent lever plus que leur petit doigt et dire enfin: « trop, c’est trop »?
Que ceux qui se disent « amis d’Israël » pour justifier l’impunité et la complaisance sans limites à l’égard de son actuelle classe dirigeante méditent ces paroles du grand écrivain israélien David Grossman: « A l’heure où Israël est gagné par la surenchère nationaliste, nous ferions bien de garder à l’esprit que la dernière opération militaire à Gaza n’est somme toute qu’une nouvelle étape sur une route de feu, de violence et de haine. Une route jalonnée tantôt de victoires, tantôt de défaites, mais qui nous conduit immanquablement à la ruine. »
Ou bien, qu’ils s’interrogent avec Shlomo Sand, historien israélien de renom: « Nous avons semé la désolation (…) Nous avons fait la preuve que nous n’avons aucune retenue morale (…) Avons-nous renforcé le camp de la paix chez les Palestiniens? (…) Israël pousse les Palestiniens au désespoir (…) Depuis 20 ans, Arafat et l’autorité palestinienne ont reconnu l’Etat d’Israël sans rien avoir gagné en échange (…) Israël a refusé l’offre de la Ligue arabe en 2002 d’une pleine reconnaissance d’Israël dans les frontières d’avant 1967 (…) Israël ne fera la paix que si l’on fait pression sur sa politique ».
D’où une question, M. le Haut Représentant, puisque vous n’avez rien dit sur la question du droit international: quelles pressions l’Union est-elle prête à exercer sur Israël – en ce qui concerne tant Gaza que la Cisjordanie, y compris Jérusalem – pour rappeler à ses dirigeants actuels et futurs que l’appartenance à la communauté internationale en général et le partenariat privilégié avec l’Union européenne en particulier ont un prix; qu’ils ne s’accommodent ni de l’occupation militaire, ni des crimes de guerre, ni d’une politique qui pousse chaque jour un peu plus au divorce entre l’Europe et le monde arabo-musulman.
Je voudrais ne pas avoir, comme Européen, à reporter l’espoir d’un changement de politique au Proche Orient sur le seul locataire de la Maison blanche. Je voudrais encore croire à un sursaut de l’Europe.
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