Logement et GDF : l’expression des élus communistes

Logement et GDF : l’expression des élus communistes

Dans le débat de politique générale en prélude à la séance plénière du 23 octobre de l’assemblée régionale, C Jutel et C Lainé sont intervenus au nom du groupe communiste, le premier pour évoquer la problématique du logement en Haute-Normandie et demander la création d’ un service public de l’ habitat et le second pour exprimer l’ opposition des élus communistes au projet de privatisation de GDF et demander l’ organisation d’ un référendum.

Nous reproduisons ci-après le contenu intégral de ces 2 interventions :

C Jutel demande la création d’un service public de l’habitat.

« Voici quelques mois, sur France Inter, le ministre J.L. Borloo affirmait « la crise du logement est derrière nous ». Stupéfiant !

Le mal logement a tendance à grandir, il concerne non seulement les familles modestes mais aussi les jeunes qui ont de plus en plus de mal à trouver leur premier logement et je pourrais parler aussi des personnes exclues de plus en plus des centres-villes comme nous avons pu le vérifier au Havre il y a 10 jours encore.

Ma collègue, Véronique Blondel qui participait à l’initiative de l’association départementale des élus communistes et républicains avec le « bus du logement » qui a fait le tour de la France, pourrait vous donner le contenu des échanges qu’elle a eu avec une partie des centaines de Havrais qui se sont associés à cette action.

510 d’entre eux ont signé la pétition nationale qui leur était proposée, une pétition porteuse de la demande forte d’un logement pour tous, et partout, avec la création d’un service public de l’habitat.

Ce constat du « mal logement » s’applique tout autant à Rouen qu’à Evreux bien sûr.

Je voudrais vous faire partager ces propos : « Parmi les difficultés que rencontrent les familles, le logement est sûrement un problème majeur. Notre pays connaît aujourd’hui une crise profonde du logement.
Son coût conduit trop de familles à un éloignement de leurs lieux de travail, source d’épuisement et de déstructuration.
L’accès à la propriété reste souvent un rêve inaccessible.
Les logements sociaux sont trop peu nombreux ou alors isolés dans des quartiers sans mixité sociale…
Au delà des difficultés techniques considérables pour résoudre cette question, le logement doit être pour l’Etat une priorité politique essentielle ». Fin de citation.

Ce que je viens de vous lire n’est pas extrait d’un discours de M.G. Buffet mais… d’une déclaration du Conseil Permanent de la Conférence des Evêques de France, du 16 octobre, à propos des prochaines élections ! ! ! ! ! ! ! ! ! !

Pour notre part, nous posons la question du logement en termes de droit. Personne ne doit en être exclu du fait de ses origines, de la couleur de sa peau, de ses ressources ou de l’endroit où il habite sur le territoire.

Vous le savez, nous vivons dans une société capitaliste. Des fortunes se constituent dans le domaine de l’immobilier et du foncier.

On est ainsi dans une situation paradoxale où il y a une crise qui touche des millions de gens et en même temps des spéculateurs immobiliers et fonciers qui s’enrichissent.

Ces derniers considèrent le logement comme une marchandise, nous, comme un droit.

La proposition de loi des élus communistes, travaillée avec de nombreux partenaires, est de créer un service public de l’habitat fonctionnant de façon décentralisée, au plus près des besoins et de façon démocratique, c’est à dire avec la participation des habitants.

A l’heure où l’on parle de rupture, ce serait pour le coup une vraie rupture avec la politique actuelle.

Si nous voulons que le logement soit une grande cause nationale, il faut faire beaucoup plus qu’aujourd’hui.

Rappelons-nous qu’il y aura bientôt un an, notre pays a connu des émeutes urbaines qui ont touché près de 200 villes.

Je m’en suis fait l’écho dans cette enceinte comme témoin directe, habitant du seul quartier de France qui a subi le couvre-feu total. Je parle vous l’avez compris du quartier de la Madeleine à Evreux.

Au compte des raisons de cette explosion sociale, il y avait aussi la question du logement avec des familles assignées à résidence, des quartiers où des ghettos sont en cours de constitution, des logements insalubres, des loyers bien trop lourds, des environnements dégradés…

Et depuis tout cela s’est aggravé encore.

Bref ! Il n’y a pas assez de logements sociaux.

Il faudrait en construire 120 000 par an.

Les loyers sont trop chers. Il faut les limiter à 20 % des ressources des locataires.
Un plan d’urgence de réquisition des logements vacants et l’interdiction des expulsions sans relogement doit être mis en place immédiatement.

Il faudrait revoir de plus près les opérations de démolition quand tant de demandes de logement sont insatisfaites…

Le budget de l’Etat pour le logement devrait monter à 2 % du PIB, avec un encadrement du prix des loyers, un retour à une aide à la pierre de haut niveau et une augmentation des aides à la personne.

Pour financer cette politique, il suffit d’abord de supprimer les cadeaux fiscaux aux plus riches qui construisent et louent des logements à des loyers inaccessibles pour les demandeurs de logements et d’utiliser les 115 milliards d’euros issus de nos livrets A d’épargne collectés et gérés par la caisse des dépôts et consignations. Je vous remercie de votre attention »

Véronique Blondel, conseillère régionale, a participé au Havre aux initiatives autour du Bus du logement de l’ANECR

Sur le débat d’edf-gdf, c’est C. Lainé qui s’exprimait pour le groupe communiste lequel concluait en demandant un référendum pour EDF-GDF et la constitution d’un pôle énergétique 100 % public.

Son intervention :
« Le service public, dans son ensemble, est aujourd’hui la cible privilégiée de tous les partisans de l’ordre libéral, ou pour être plus clair, de la recherche des profits capitalistes les plus élevés.
L’actuel projet de fusion entre GDF et le groupe SUEZ en est la parfaite illustration (même si sa réalisation, semble-t-il, est moins facile que certains, à droite, ne l’avaient envisagé) et dans notre Région, chacun reconnaître l’importance du sujet.

En voulant remettre en cause les statuts d’E.D.F et de G.D.F au prétexte de l’ouverture à la concurrence du « marché » de l’énergie, le gouvernement remet en cause l’audacieuse politique énergétique du pays mise en place à la libération en 1946 par le Général de Gaulle et Marcel Paul, qui avaient su installer les outils d’un secteur public puissant pour assurer la relance industrielle de notre pays, tout en assurant notre indépendance énergétique, prolongée par la création de la filière nucléaire à partir des années 60.70 et si aujourd’hui la nécessaire diversification des filières de production énergétique pose le problème en des termes techniquement, socialement et écologiquement différents, les termes en demeurent, sur le fond, inchangés. La maîtrise publique du secteur de l’énergie a été sans conteste durant ces 5 dernières décennies un moteur du développement économique et social du pays en même temps qu’elle garantissait une véritable égalité de traitement entre les usagers : elle demeure aujourd’hui indispensable.

Mais il y a déjà bien longtemps que l’Europe libérale, avec la complicité des gouvernements, lorgne sur les services publics, et sur celui de l’énergie en particulier.
En 1997, la France donne son accord au projet de « directive gaz » qui doit être adoptée en juin 1998.
Pour préparer le terrain, l’état transfère dès 1997 à EDF les lignes à haute tension dont il est propriétaire depuis 1946. En 2000, il confie l’exploitation de ces lignes à « Réseau de Transport d’Electricité » pour permettre leur utilisation par des opérateurs mis en concurrence.
La même année, il vend à GDF les 29 000 Kms de gazoducs qu’utilise l’entreprise (à l’arrivée, c’est le contribuable qui paye la facture en réglant sa note de gaz : depuis, le prix du gaz facturé aux particuliers a augmenté de 31,7 %).
Le 16 mars 2002, le conseil européen de Barcelone lance la « phase finale de l’ouverture des marchés de l’électricité et du gaz « sans aucune opposition.

Et pour quel résultat ?

Combien d’entreprises qui avaient fait le choix d’un fournisseur concurrent d’EDF cherchent aujourd’hui face à une augmentation de 48 % du prix de l’électricité, à revenir dans le secteur public ? Et combien de milliards d’euros ont été gaspillés dans toutes ces fusions-acquisitions ?

Au moment où la droite ose faire du pouvoir d’achat son nouveau combat, il faut avoir l’honnêteté de dire aux français que les prix du gaz vont augmenter parce que les actionnaires du groupe issu de la fusion Suez-GDF vont exiger, à l’instar de tous les actionnaires, de fortes rémunérations.

Les prix vont aussi augmenter parce qu’au nom de la concurrence, la commission européenne veut remettre en cause l’existence de contrats d’approvisionnement à long terme, qui sont autant de garanties pour notre sécurité et notre indépendance énergétique que pour la stabilité des prix.

Plus largement, amputé par l’absence de partenaire gazier, EDF sera clairement fragilisé par ce nouveau concurrent. En absorbant GDF, Suez met la main sur un portefeuille de 11 millions de clients, 11 millions de clients à qui le groupe fusionné pourra proposer une offre duale gaz et électricité au détriment d’EDF.

Quant la logique du privé s’installe, la dictature des actionnaires aboutit inéluctablement à faire des économies sur la maintenance des installations par un recours à une sous-traitance de moins en moins adaptée, à remettre en cause la sûreté des installations et la sécurité des salariés comme des populations et ici, notamment en Seine-Maritime, comme dans la Basse-Normandie voisine, ce sont des considérations majeures.

Aujourd’hui, la gauche dans son ensemble doit prendre l’engagement clair, sans ambiguïté, de créer un pôle énergétique public en fusionnant EDF et GDF renationalisés.

Elle doit aussi, dès maintenant, tout mettre en œuvre pour peser avec force dans le débat.

Le groupe communiste au sénat a annoncé qu’il déposait une motion référendaire pour que le peuple français décide de l’avenir de l’entreprise publique.
Sur cette question qui touche à l’indépendance nationale, le peuple doit exercer sa souveraineté.
Permettez-moi de reprendre, pour conclure, la proposition formulée par nos camarades du groupe communiste au sein du conseil général de Seine-Maritime ( nous sommes dans la logique du 276).
Compte tenu de la place que tient notre Région au plan national dans le secteur de l’énergie, je vous propose que nous réfléchissions aux modalités d’une consultation de type référendaire pour que les habitants de Haute-Normandie se prononcent directement sur le devenir de EDF et de GDF et sur la constitution d’un pôle énergétique national à 100% public.

Je ne doute pas que notre position entraînerait l’adhésion de la population »

Patrice Dupray représentait le groupe communiste de la Région lors de la manifestation du 14 octobre dernier à Rouen pour s’opposer au projet de privatisation de GDF.