Marie-George Buffet : « La gauche n’a plus le droit de décevoir »

Marie-George Buffet : « La gauche n’a plus le droit de décevoir »

Voici une interview de Marie-George Buffet dans le Paris-Normandie de ce jour, jeudi 25 janvier 2007.

Mme Buffet, la question sociale, le logement, l’avenir des retraites, la hausse du pouvoir d’achat sont selon vous trop absents de la campagne présidentielle. Que faites-vous pour placer ces questions au cœur du débat ?

Marie-George Buffet : « Avec une campagne de rencontre ! Il faut aller au plus près des Françaises et des Français pour aborder toutes ces questions, et aussi celle des moyens pour apporter de véritables réponses. Les hommes et les femmes que je rencontre ne me posent pas d’autres questions que celles là, ils veulent savoir ce qu’on peut faire pour lutter contre la précarité, les licenciements boursiers, contre les délocalisations. Les grands médias ne s’intéressent pas encore, ou peu, à ces grandes questions, pourtant ce sont les véritables préoccupations des Français. « Nicolas Sarkozy est un homme dangereux »

La candidature officielle de José Bové est annoncée pour le 1er février. La perspective d’une candidature unitaire de la gauche antilibérale a vécu.
Quelles conséquences prévoyez-vous à cette multiplication de candidatures se réclamant de la gauche antilibérale ?

Marie-George Buffet : « L’urgence aujourd’hui, c’est de donner à voir qu’il est possible de porter au plus hautes responsabilités, une gauche du courage, une gauche de combat qui s’appuie sur les luttes sociales et qui offrent des perspectives de changer durablement et réellement la vie. Pour y parvenir, il faut se rassembler, c’est tout le sens de mon engagement dans cette campagne. Je me bats pour que la gauche ne cède pas au renoncement, ni dans le sens d’un accompagnement du libéralisme qui rend impossible les réformes indispensables, ni non plus, celui d’une contestation stérile, appelant à lutter sans proposer de solutions et renvoyant à 2012 les problèmes des Français. L’urgence, c’est de vivre mieux, dès 2007 ! »

Vous avez déclaré que la France a besoin « d’une gauche de responsabilité et de courage ». Croyez-vous à cette gauche-là avec Ségolène Royal dans la perspective du deuxième tour de la présidentielle ?

Marie-George Buffet : « Il est utile de le rappeler car, en lisant la presse, j’ai parfois l’impression d’être à 48h du second tour. Ségolène Royal est sur une politique de centre gauche, c’est son choix. Mais il faudra bien avoir un espace de débat dans cette campagne. La gauche n’a plus le droit de décevoir, chaque fois, c’est l’idée du changement qui recule et le désespoir qui grandit. Je refuse de donner les clés de la République à Nicolas Sarkozy, c’est un homme dangereux. Pour battre la droite durablement, la gauche doit apporter des réponses et les moyens d’y parvenir. Lors du référendum sur la constitution européenne, nous avons été majoritaire à refuser cette camisole libérale. Aujourd’hui, j’ai envie de dire, aux actes ! Il faudra que le ou la prochaine présidente de la République défende la voix du peuple français qui a majoritairement voté pour une autre Europe. »

Vous dénoncez les principaux candidats « qui se contentent de parler et de faire parler d’eux à la télévision ». Vous axez votre campagne sur « la vraie vie, les vrais problèmes de la vie quotidienne ». Pensez-vous que vous serez entendue ?

Marie-George Buffet : « Une élection présidentielle détermine une politique qui conditionne la vie des Français pendant plusieurs années. Si on ne parle pas de leurs attentes, de leurs envies dans une campagne il y a un problème ! Il faut que ces millions de voix se fassent entendre, qu’elles fassent irruption dans le débat ».

Vous êtes ce vendredi en Haute-Normandie, région industrielle où votre parti a subi plusieurs revers électoraux importants depuis dix ans. ætes-vous aujourd’hui, avec la présidentielle puis avec les législatives, dans une logique de reconquête ?

Marie-George Buffet : « Je l’ai toujours dit, mon ambition est de construire une majorité à gauche, capable de changer la vie. Tous les hommes et les femmes qui mènent la campagne pour la gauche populaire et antilibérale se battent pour cela : porter aux responsabilités une gauche de combat, une gauche du courage. Donc notre objectif, c’est de gagner ! »

Propos recueillis par Christophe Preteux