Crise financière : déclaration de Claude LAINE

Crise financière : déclaration de Claude LAINE

Crise financière : déclaration de Claude LAINE au nom des élus du groupe communiste et républicain en séance plénière du 20 octobre 2008 du Conseil Régional

Je souhaite tout d’ abord au nom de notre groupe dire notre profonde satisfaction de voir notre collègue Christian Cuvilliez nous rejoindre et lui adresser notre plus cordial salut de bienvenue. Chacun, ici, connaît Christian et nombreux sont ceux qui ont pu apprécier dans cette assemblée sa compétence et son dynamisme, notamment dans son attachement à défendre l’intérêt des populations de son secteur dieppois. Nous ne doutons pas qu’il emploiera cette compétence et ce dynamisme dans l’action régionale au service de l’intérêt général.

Permettez moi désormais d’en venir à l’objet de cette déclaration : la crise et ses conséquences.

Personne ne songe, désormais, à nier, ni même à minimiser l’importance de la crise qui, partie des Etats-Unis l’an dernier est en train de gagner la totalité des Etats de la planète et la mobilisation des gouvernements pour injecter des centaines de milliards de dollars ou d’euros (au total des milliers) pour tenter d’éviter l’aggravation des faillites bancaires et du même coup l’effondrement de tout le système financier mondial montre assez l’urgence qu’il y a à trouver des solutions.
A l’échelle européen comme à l’échelle mondiale, de conférence des ministres des finances en réunion des Chefs des Etats les plus riches de la planète, les concertations se multiplient, avec des résultats jusqu’à présent limités : l’instabilité quotidienne des transactions boursières en est une illustration.
Bref, le capitalisme est ébranlé profondément, ce système réputé pourtant irremplaçable dans sa fonction de moteur de progrès et de modernité, et l’on entend des voix parmi les plus empressées jusqu’à présent, comme celle de notre président Nicolas Sarkozy, dénoncer les turpitudes de certains milieux financiers, parler de la nécessité d’une régulation d’Etat, d’un encadrement voire de nationalisation de certains organismes bancaires.
Faut-il que la peur soit grande pour que l’on cherche ainsi des solutions dans des voies que l’on réputait jusqu’à présent ringardes.
Il est vrai que tout cela reste très superficiel. Que l’on dénonce ces excès, ou les dérapages d’une spéculation effrénée plutôt que de mettre en cause les mécanismes fondamentaux d’un système qui érige le profit financier en fin dernière de son fonctionnement, c’est une manière d’ écarter le vrai débat.
En réalité ces tentatives pour masquer les causes de la crise, comme la délocalisation de milliards d’euros ou de dollars pour renflouer quelques spéculateurs ne permettront pas de masquer l’ampleur de cette catastrophe.
Et déjà, la crise financière est largement élargie à la dimension d’une crise économique dont les effets commencent à toucher des millions d’hommes et de femmes dans leur travail, dans leurs salaires, dans leur stabilité résidentielle, dans leur sécurité.
Aux Etats-Unis, outre les millions d’américains qui se trouvent à la rue en raison des convulsions du système de prêts et du marché de l’immobilier, les pertes des systèmes de retraite (ces fameuses retraites par capitalisation, que certains en France auraient aimé imposer) avoisinent d’ores et déjà 2 milliards de dollars, ce qui signifie que 20% des retraites sont partis en fumée et que de plus en plus nombreux, les contributaires de ces fonds spéculatifs se retrouvent à la rue.
Et il est vrai que dans beaucoup de domaines les réactions en chaîne caractéristiques des crises réputées  » cycliques  » du capitalisme, sont déjà amorcées, et mettent en difficulté d’abord les gens qui disposent des revenus les plus modestes, puis celles et ceux qui se voient privés de l’accès au crédit dans les conditions normales du développement économique et les PME.
Les collectivités locales et territoriales elles-mêmes sont menacées et on le constate déjà partout dans la préparation des budgets 2009 : les aventures récentes de DEXIA, sauvée de la faillite par l’injection de 3 milliards d’euros soulèvent de fortes inquiétudes dans les mairies.
Tout impose, dans ces conditions, au pouvoir politique d’avoir le courage de décisions réellement innovantes pour, à la fois, stopper la crise, combattre le capitalisme financiarisé et entreprendre des réformes de fond pour dépasser pas seulement les difficultés actuelles mais radicalement ce système intrinsèquement pervers.

  • Des mesures d’urgence. En France, comme en Europe c’est d’abord rétablir la confiance, cela passe par une garantie absolue accordée aux dépôts des petits et moyens épargnants. Il n’est pas sûr que les déclarations et les décisions du Conseil Européen du 15 octobre suffise à le faire.

C’est aussi la mise en œuvre du principe selon lequel toute injection d’argent public doit s’accompagner d’un réel pouvoir de gestion. Il n’est pas acceptable que l’Etat vienne au secours d’un établissement financier comme DEXIA sans maîtriser effectivement sa stratégie et sa gestion, et la compensation de l’aide apportée doit pouvoir s’accompagner d’une nationalisation durable des actifs sains de ces établissements.
Il faut aussi couper le robinet de la spéculation, cesser de favoriser les profits qui alimentent l’incendie financier, mettre fin au bouclier fiscal des plus riches, refuser plus que jamais de livrer nos retraites aux fonds de pension.

  • Dans le même temps, il faut s’attaquer par des réformes de fond à la logique folle du capitalisme
  • Orienter l’argent vers l’économie réelle, augmenter les salaires, retraites et allocations, défendre et développer la protection sociale, le logement, les services publics, financer l’éducation, la recherche et les investissements utiles : autrement dit le contraire exact de la politique de MM. Sarkozy et Fillon, que les 80 000 personnes qui ont défilé hier, dimanche 20 octobre, pour l’école ont vigoureusement dénoncée.
  • Créer un grand pôle public du crédit, il faut retrouver une capacité d’intervention publique puissante que la privatisation de la plupart des établissements financiers a ruinée.

Ce pôle public, organisé notamment autour de la Caisse des Dépôts et Consignations est indispensable. Comme l’est la mise en place d’un train de réformes susceptible d’imposer la transparence du système bancaire : la monnaie comme le crédit sont des biens publics, ils doivent être maîtrisés par les citoyens.

  • Enfin, le système européen indispensable aujourd’hui à toute action de développement doit être profondément refondé.

La Banque Centrale Européenne (BCE) est aujourd’hui l’esclave des marchés financiers. Elle doit être mise au service de l’industrie et des services, non seulement par la remise en cause de sa sacro-sainte  » indépendance  » et de ses missions mais aussi en menant bataille pour un nouveau traité, mettant fin au  » Pacte de stabilité  » comme au dogme de la  » concurrence libre et non faussée  » comme au choix du dumping social et fiscal.
C’est à la progression vers ces objectifs que nous voulons nous consacrer tout comme, dans notre action régionale, nous continuons de proposer l’étude et la constitution d’un Fonds Régional pour l’Emploi et la Formation (FREF) qui, adossé à un Fonds National, pourrait élargir, avec les garanties nécessaires, les prêts aux entreprises touchées par la crise et elles sont, hélas nombreuses.
Le débat que nous allons avoir sur Renault et dont je me félicite que les communistes aient pu contribuer à ce qu’il ait lieu, va clairement le démontrer.

Claude LAINE

1 commentaire pour l’instant

alain lucas Publié le20 h 35 min - 19 décembre 2008

bonjour
censé être en préretraite depuis le
1 12 2008…longue carrière loi fillon
ma situation est bloqué par les services
de la cram retraite de rouen sans raison défini .
je me suis adressé 3 fois à la cram retraite
du havre qui ne peut m’en dire plus
je précise que mon dossier était clos.
étant allocataire de l’AER je risque de
cumuler les 2 allocations avec des conséquences
préjudiciable pour moi
comment puis-je me faire entendre?
cordialement
alainl ucas