Conseil Régional, Séance du 17 mars 2008

Conseil Régional, Séance du 17 mars 2008

Intervention de Claude LAINÉ

Débat de politique régionale

Mon propos sera bref, aujourd’hui, Monsieur le Président, et connaissant votre souci de faire respecter les temps de parole, je pense que vous ne m’en voudrez pas.

Ce n’est pourtant pas que l’actualité politique ne propose rien d’important à commenter c’est plutôt qu’il y aurait trop de choses à dire.

Comme vous tous, mes chers collègues, j’ai attentivement suivi depuis plusieurs semaines le déroulement de la campagne électorale et même si pour la première fois depuis 25 ans je ne me trouvais pas en position de candidat. J’ai activement participé aux discussions qu’elle a provoquée, sur le terrain, dans ma ville voire au delà dans l’agglomération rouennaise que je crois bien connaître.

Instruit par les réflexions que j’ai entendues, les souffrances que j’ai constatées, les inquiétudes exprimées quant au coût de la vie, aux difficultés de l’accès aux soins, aux retards pris dans l’ajustement des retraites, sans parler du découragement de mes collègues enseignants, je n’ai pas été surpris par les résultats, hier soir, du second tour des élections municipales ou cantonales.

Ces élections ont exprimé, parfois fortement, une profonde insatisfaction à l’égard de la politique de droite actuellement suivie. Les électrices et les électeurs ont d’abord voulu sanctionner un pouvoir dont les décisions, trop souvent, engendrent de la souffrance et du mal-vivre dans les couches populaires, et même, au sein de ces couches dîtes moyennes (Patrick Devedjian, lui-même le notait ce matin sur une chaîne nationale) qui se vivent aujourd’hui, de plus en plus, comme des victimes des avancées inégalitaires que génère le libéralisme déchaîné, en France comme dans la plupart des pays européens à l’heure où triomphe le capitalisme mondialisé. (Chacun aura compris toutefois que M. Devedjian, n’allait pas jusqu’à partager ce dernier point de vue).

Il n’est donc pas surprenant que, dans notre région notamment, des avancées significatives aient été enregistrées : aux élections cantonales et aux élections locales.

A travers les campagnes dans la très grande majorité des cas unitaires qui ont été menés, les candidats de gauche ont pu prendre appui sur les bilans positifs des collectivités de gauche à la tête des grandes assemblées territoriales. Cela a joué comme un facteur décisif à l’heure du verdict final et permis d’enregistrer les résultats hautement significatifs que nous avons constatés à Rouen comme à Dieppe, mais aussi, entre autre, à Mont Saint Aignan, à Bonsecours et dans l’Eure, à Évreux, aux Andelys ou à Vernon.

Naturellement, les responsabilités de la gauche s’en trouvent accrues : nous le savons, les gens attendent beaucoup de nous.

Nous répondrons à ces attentes en continuant d’apporter notre soutien à leurs revendications et à leurs luttes.

Nous y répondrons aussi en renforçant encore notre capacité d’écoute et notre présence sur le terrain, dans les quartiers, face aux problèmes de la vie quotidienne comme aux aspirations pour l’avenir, et en préservant, voire en renforçant notre cohésion interne pour protéger ce qui constitue sans doute la plus grande richesse de la gauche = sa diversité dans l’exercice de ses responsabilités comme dans l’élaboration de ses projets.