Intervention de Véronique Blondel : les services publics
Séance plénière régionale du 10 décembre 2007
Monsieur le Président
Chers collègues
Selon François Fillon, « chacun d’entre nous doit accepter qu’il y ait moins de services, moins de personnel, moins d‘État sur notre territoire. Et de l’aveu même du premier ministre, la suppression des 22 900 postes de fonctionnaires dont 11 200 dans l’Éducation aura donc des conséquences concrètes pour les administrés. Une fatalité selon lui car »la réforme de l’État qui ne se traduit par aucune suppression d’aucun établissement sur le territoire, ça n’existe pas » s’est il exclamé devant le courant le plus libéral de l’UMP.
Alors que le gouvernement a entamé au début du mois d’octobre « un grand débat national » destiné à opérer une « révolution culturelle » de la Fonction publique, les fédérations syndicales de fonctionnaires n’entendent pas se laisser enfermer dans les plans tracés du gouvernement. Pour eux comme pour nous, l’avenir de la fonction publique concerne l’ensemble des français. La fonction publique a un rôle irremplaçable à jouer dans la solidarité nationale, dans l’égalité de traitement, dans l’accès aux droits et aux savoirs. Une politique qui consiste à réduire si drastiquement l’emploi public remet en cause ces missions fondamentales.
Dans notre Région, les fonctionnaires multiplient les actions pour parer les menaces qui les guettent. Ceux de l’éducation nationale face aux 11200 suppressions d’emplois annoncés . Ceux de la santé confrontés aux 550 suppressions de postes à l’hôpital général du Havre, aux difficultés budgétaires de tous les hôpitaux publics comme le CHU de Rouen ou de l’hôpital psychiatrique du Rouvray, voire à l’existence de certains comme à Eu.
Ceux des services déconcentrés de l’État avec les projets de fusion des agences du trésor et des Impôts, des directions départementales de l’équipement et de l’agriculture, ceux qui s’oppose au projet de « resserrement » du réseau de sous-préfectures, de suppressions de 8 à 10 000 emplois dans la police, de la moitié des casernes de gendarmerie et ici en région, en seine-maritime face aux projets de ne plus faire qu’une seule CAF, une seule URSSAF et une seule Caisse d’Assurance Maladie au niveau départemental.
Il en est ainsi également pour les magistrats, avocats, greffiers qui refusent la carte judiciaire imposée Rachida Dati qui raye de la carte régionale des tribunaux de proximité : 13 tribunaux de grande instance ou d’instance en Haute-Normandie dont ceux de Elbeuf, Yvetot, Neufchâtel, Bernay, Louviers, 5 tribunaux de commerce dont ceux d’elbeuf, des Conseils de Prud’hommes comme à Elbeuf, encore, Fécamp, Bolbec. Supprimer des postes dans la fonction publique met gravement en péril l’avenir du service public à la Française.
Dans notre pays donc, on laisse partir les services publics au nom d’une prétendue réforme de l’État créant ainsi les conditions de la désertification rurale et de la vulnérabilisation de nos territoires.
Chers collègues de l’UPN, superposez toutes ces réformes : la réforme de la carte judiciaire, les projets de fermeture des services postaux, les conséquences de la fusion des services des impôts avec ceux du Trésor, je l’ai évoqué, les fermetures de classes, la rationalisation de la carte hospitalière. Imaginez ce que cela va donner, notamment pour les territoires les plus ruraux de notre Région. Allez ensuite expliquer à vos administrés, aux électeurs que vous soutenez cette politique qui fait dépérir les services publics sous toutes leurs formes. Les Haut-normands sont pourtant en droit d’attendre de tels services eu égard aux impôts nationaux qu’il paient !
Un dernier chiffre pour illustrer mon propos : 77 % des Français ont une bonne opinion des fonctionnaires même si nous pensons qu’effectivement des améliorations peuvent être faites afin d’adapter les missions de la Fonction publique à la société d’aujourd’hui.
En fait et ce sera ma conclusion, toute la question est de savoir : quelle solidarité nous voulons pour notre société ?
Merci Monsieur le Président
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