En direct avec les Élus Communistes du Conseil Général mars 2011

En direct avec les Élus Communistes du Conseil Général mars 2011

Le conseil général s’est réuni, le 31 mars dernier, à l’issue des élections cantonales, pour élire son Président, sa commission permanente et ses représentants dans divers organismes. Malgré l’hégémonisme du PS, qui a imposé un vice président communiste en moins selon une « règle à calcul » à géométrie variable (puisque jouant l’arrondi supérieur en sa faveur et l’arrondi inférieur pour les conseillers généraux communistes), le groupe communiste a décidé de rester malgré tout dans l’exécutif, pour empêcher que « la rigueur ne franchisse les portes du Département ».

Président de Droit de la séance en tant que doyen, Claude Collin lors de son allocution d’ouverture, et après un hommage à André Duroméa qui fut aussi conseiller général de 1958 à 1976 a déclaré notamment :
« Notre majorité a encore progressé mais cette situation, nous donne encore plus de responsabilités.
Car ce résultat se place dans un contexte particulièrement difficile pour une grande majorité de notre population. La France est riche, avec un PIB de 2000 Milliards d’euros, mais les richesses sont accaparées par quelques- uns au détriment du plus grand nombre, en proie à des difficultés de vie accrues. Et je crois que c’est le mécontentement de la majorité de nos concitoyens qui s’est exprimé. A l’encontre de la droite gouvernementale d’abord, qui a subi un revers électoral, mais un mécontentement qui nous interpelle tous, quelque soit notre appartenance politique, car il s’est exprimé aussi par une abstention record et par un glissement des électeurs de droite vers l’extrême droite qui, même si sa progression est contenue, a été présente au 2ème tour dans plusieurs de nos cantons.
Si la droite et sa politique ont été sanctionnées, l’absence de perspectives de changement ressentie par beaucoup de nos concitoyens explique pour une grande part ce désenchantement général et pose la question d’une alternative crédible à gauche.
Pour ma part je pense qu’elle ne pourra voir le jour qu’en répondant aux aspirations des classes populaires.
C’est pourquoi je pense qu’il est nécessaire, au plan départemental, de ne pas abandonner la politique que notre majorité a engagée il y a maintenant 7 ans, sans réduction de voilure malgré le resserrement important de nos moyens financiers, dans le respect des différentes composantes de cette majorité et avec des choix, des priorités qui soient réellement co-élaborés et partagés :

  • pour que notre département continue d’être un pôle de résistance
  • pour qu’il soit concrètement le « bouclier social » en matière de solidarités qui protège les Seinomarins les plus fragilisés
  • pour qu’il soit un outil de défense et de promotion de l’activité économique et industrielle
  • pour qu’il soit un outil de défense et de promotion des services publics contre le déménagement des territoires et pour un aménagement juste de ces territoires.

L’austérité ne doit pas franchir les portes du département et nous avons des craintes à ce sujet.
C’est pourquoi également il m’apparaît indispensable, au plan national, d’engager un mouvement de reconquête pour 2012 avec les élections présidentielles et législatives.
Pas une reconquête de postes ou de sièges pour une simple alternance politicienne, mais une reconquête du politique sur l’économique, car ce n’est pas aux marchés financiers de fixer les règles de la vie en société et on ne peut pas compter sur eux pour répondre aux problèmes de nos concitoyens, leur redonner espoir et une vie meilleure. Une reconquête de l’humain sur la finance, avec un projet de transformation sociale qui se donne les moyens de ses ambitions par une nouvelle répartition des richesses, toutes les richesses. »
Lors de l’élection du Président du Département, Sébastien Jumel a apporté l’explication du vote du groupe communiste et sa « feuille de route » pour cette nouvelle mandature.

« L’abstention massive des électeurs traduit la profondeur de leur désarroi. Lorsque la grande majorité du corps électoral appelé à se prononcer ne va pas voter, cela prend une signification politique au regard de laquelle les pourcentages obtenus par les différents partis doivent être relativisés. Avec l’ampleur de l’abstention, et la banalisation de l’extrême droite et de ses idées, au sein même du gouvernement, se manifeste l’aggravation du fossé qui se creuse entre les attentes populaires et l’offre politique.

Plongé dans une crise économique et sociale sans précédent, notre pays connaît une crise politique majeure porteuse de danger.

Des questions majeures sont posées par cette crise. La France, le peuple d’Europe, les Seino-marins souffrent des choix politiques soumis aux exigences des marchés financiers et des puissants qui en tirent profit. Le chômage, la pauvreté, l’insécurité sociale, l’explosion des inégalités, la crise écologique appellent des réponses concrètes et immédiates à tous les échelons que nos concitoyens ne trouvent pas dans l’offre politique actuelle.

On ne saurait trop souligner dans ce contexte, la qualité remarquée et reconnue de l’engagement des militants communistes et de leurs élus dans leur capacité de rassemblement avec celles et de ceux qui refusent de baisser les bras.

Elle a été décisive pour que de nombreux sièges de conseillers généraux communistes soient conservés et conquis et pour que des majorités de gauche soient confortées ou gagnées.

Dans ce contexte l’action du Conseil Général en tant que collectivité, son utilité, sa capacité à irriguer tous les territoires, pour répondre aux préoccupations des habitants de Seine Maritime, n’a pas été perçue par nos concitoyens. Cela n’implique pas selon nous, que l’on accélère l’entreprise de casse et de démantèlement du Département prévue dans la réforme territoriale, bien au contraire !

C’est la raison pour laquelle les élus communistes et républicains, plus que jamais, porteurs des valeurs de la gauche combative considèrent qu’il ne faudrait pas anticiper la réforme ou l’accompagner en engageant une sorte de RGPP sauce normande, mais au contraire être exigeants pour obtenir les moyens que l’Etat nous doit, pour renforcer nos actions, pour un Département plus protecteur, plus dynamique, et mieux solidaire des gens et des territoires. C’est dans ce cadre, que notre proposition de mettre en place en opposition au très provocateur bouclier fiscal présidentiel, de mettre en place un véritable bouclier social départemental prend tout son sens.

Un bouclier social autour de 4 priorités : l’emploi, le logement, la santé, et l’éducation.

Cela signifie à nos yeux qu’à l’échelon départemental, partout où des populations souffrent de l’abandon de l’Etat, partout où la crise frappe durement, nous devons mettre en place des solidarités nouvelles et nécessaires, cela veut dire qu’aucune réduction de moyens ne doit s’opérer dans ces quatre secteurs.

Ainsi nous serons profondément vigilants et mobilisés pour que les associations qui œuvrent à la cohésion sociale de nos cités et de nos communes ne voient pas leurs subventions remises en cause. Nous veillerons à ce que le couple Département/Communes, socle de la légitimité et de l’assise de notre collectivité, ne soit pas remis en question dans l’accompagnement nécessaire des projets de chaque territoire.

En matière de logement Habitat 76, l’office public départemental, doit marquer son opposition claire à la loi BOUTIN et à la fin du logement social. Il doit être un office au service de tous les locataires, garant de la mixité sociale, opposant résolu aux augmentations de loyers et de charges.
Le FSL a déjà fait l’objet d’un dégraissage en volume financier et en mode d’attribution.
Là aussi le bouclier social doit permettre de revoir la copie.

En matière de santé, notre département n’est pas épargné par la casse du système de santé.
La responsabilité incombe à l’Etat, à la droite et à sa politique, une part de la réponse est dans la mise en place par la majorité départementale d’une politique ambitieuse : développement des Centres Médico-Sociaux et création de maisons de santé pluridisciplinaire, mais également soutien aux salariés touchés par la Révision Générale des Politiques Publiques, RGPP à l’Hôpital.

La droite veut impulser un « débat » sur la perte d’autonomie.
Débat qu’elle n’entend pas ouvrir au plus grand nombre car elle l’a déjà tranché en faveur des plus fortunés et des amis qui gèrent les compagnies d’assurance privées. Au contraire, nous pensons que la prise en charge de la perte d’autonomie doit relever de la sécurité sociale en constituant sa 5ème branche et reposer sur la solidarité nationale en faisant cotiser le capital au même taux que les salaires.

Quant au Département, dans le cadre de ses compétences, il doit lui aussi contribuer à la construction de nouvelles structures d’accueil d’hébergement adaptées et accessibles à tous financièrement. Il doit œuvrer à améliorer les conditions de travail des aides à domicile plombées par la mise en concurrence des différentes associations. Cela doit nous permettre l’émergence d’une sorte de péréquation départementale fondatrice d’un service public de la dépendance.

En matière d’éducation, nous avons pris connaissance Lundi de la carte des prévisions de fermetures de classes dans le département. Aucun territoire n’y échappe, les ZEP sont sévèrement touchées. Toutes les suppressions de postes doivent être combattues et la politique départementale doit maintenir le cap : pas de fermetures de collèges, maintient des investissements massifs dans les établissements, refus des suppressions de postes prévues à la rentrée 2011. Un département en résistance, voilà ce qu’attendent les gens. Il nous faudra amplifier cette mobilisation lors du CDEN officiel du 08 Avril prochain.

Plus généralement, le service public doit être présent partout dans notre projet départemental.
La Révision Générale des Politiques Publiques se met progressivement en place et vient aggraver la situation de nos services publics. Chaque recul aggrave les inégalités entre nos concitoyens, chaque recul impacte l’activité économique de nos territoires.
Je terminerai mon propos par ce que nous considérons comme la priorité des priorités pour nos concitoyens, l’avenir industriel de la Seine Maritime et des emplois qui lui sont liés. (Automobile, énergie, pétrochimie, agriculture, agro-alimentaire, filière verrière, papetière, aéronautique, filière portuaire et la pêche).

Le transmanche doit continuer à être un lien durable soutenu.

Souvent, en matière économique, trop souvent, le Département est appelé à accompagner financièrement des projets économiques. Plus que jamais, il nous faut conditionner nos aides à l’exigence de transparence, à l’exigence de contrôle démocratique par les salariés eux-mêmes et surtout à leur impact sur l’économie réelle et sur l’emploi.

Chers collègues,
Après ce rendez-vous électoral, nos concitoyens, le peuple de Gauche, ont besoin de retrouver confiance dans la politique hors de toute posture politicienne. Sans attendre 2012, nous devons nous mettre en mouvement au service de la construction de ce véritable changement, d’une alternative véritablement de gauche, d’être aux cotés du peuple qui souffre, du peuple qui manque, du peuple qui doute, du peuple qui lutte et qui résiste au sens où l’incarnait André Duroméa. Etre aussi aux côtés d’un Département plus dynamique et mieux solidaire.

Après l’élection du Président, nous élirons les Vice-Présidents de notre collectivité. Nathalie NAIL ne sera plus Vice-Présidente du Conseil Général.
C’est un coup porté aux causes qu’elle a défendues au Département, un coup porté à l’adversaire d’Edouard PHILIPPE au Havre mais elle continuera d’incarner la gauche combative au Havre.
La gouvernance proposée qui nie ou qui exagère ce que les électeurs ont dit en appliquant une règle à calcul qui minimise la force communiste nous laisse craindre que cette fameuse règle à calcul, celle qui sera rejetée avec nous lors du prochain CDEN, celle qu’on applique au Gouvernement comme à Bruxelles ou au FMI, se mette en œuvre dans la gestion du Département.
Il ne peut aujourd’hui, comme demain, en être question pour nous. C’est dans cet état d’esprit, que les communistes éliront le nouveau Président et participeront à l’exécutif départemental contre vents et marées porteurs du rassemblement pour une gauche combative. »

A l’issue des scrutins, Didier Marie (PS) a été élu Président par 45 voix contre 24 à Pascal Martin (Alternance 76 – Droite), et ont été élus vice présidents du Département : Frédéric Sanchez (PS), Dominique Chauvel (PS), Patrick Jeanne (PS), Luce Pane (PS), Sébastien Jumel (PC), Caroline Dutarte (PS), Pierre Léautey (PS), Marie Françoise Gaouyer (PS), Jean François Mayer (DL), Michel Barrier (PC), Francis Sénécal (PS), Martine Blondel (PS), Michel Fouquet (DL), Gérard Heuzé (PS), Nicolas Rouly (PS).

Dans son discours de politique générale le nouveau président Didier Marie a déclaré, « dans un contexte difficile, vouloir de « l’imagination, de l’innovation et de la rigueur ».

Pas de quoi rassurer ses partenaires communistes qui, s’ils n’ont pas voulu mener de lutte de places, continueront cependant leur lutte de classes.

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Jean-Louis JEGADEN, Président du Groupe Communiste
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