Communiqué de JP Lecoq et C Brulin

Communiqué de JP Lecoq et C Brulin

Après des mois et des mois d’inquiétude, le couperet est tombé pour les salariés de Cooper ! La direction de Cooper Standard Automotive vient d’annoncer la fermeture du site de Baclair à Bolbec au 1er trimestre 2011. Sur les 316 salariés, 12 se verraient proposer un emploi à Lillebonne et 20 en Bretagne. Ce qui veut dire que 284 salariés seraient jetés à la rue sans aucune perspective. Sur le groupe Cooper, en France, sur différents sites, 50 personnes se voient déjà proposer des départs « volontaires ». La mécanique de destruction de cette activité en France est donc lancée par les dirigeants du groupe !

Cette décision est inacceptable, tant sur le plan social que sur le plan industriel. Elle jetterait au chômage de nombreux salariés, fragiliserait un bassin d’emploi déjà très affecté par les fermetures d’entreprises, ces derniers mois. Elle handicaperait l’avenir industriel de notre région, la pérennité d’une filière automobile, alors que la situation en Haute-Normandie, comme en France, commande en effet de préserver le tissu des équipementiers.

La décision de rayer le site de Baclair de la carte est d’autant plus scandaleuse qu’elle implique le Fonds de Modernisation des Equipementiers Automobiles, abondé par de l’argent public. Ce fonds deviendrait ainsi actionnaire d’une nouvelle entité, issue de la restructuration de deux équipementiers : Barre-thomas (qui possède entre autres une filiale en Pologne et ce n’est pas un hasard) et Cooper.

Il est inconcevable, et d’autant plus dans le contexte économique et social actuel de notre pays, que l’argent public serve à casser des sites industriels et des emplois.

C’est pourquoi nous demandons une audience en urgence à Christian ESTROSI, ministre de l’industrie, à laquelle nous souhaitons que des représentants des salariés soient associés.

Au moment même où la direction de Cooper annonçait ses décisions, le ministre inaugurait un « observatoire du produit en France », censé défendre « le made in France » et préserver « le savoir faire national ». Une vraie provocation envers les salariés mais aussi envers l’ensemble des populations, quand on constate que les licenciements, les délocalisations se poursuivent, que la précarité s’accroît.

Assez de parole, nous voulons des actes ! L’Etat doit obtenir au nom et par respect pour les salariés, des garanties de la part des entreprises auxquelles il apporte de l’argent public.

Nous appelons la population, les élus locaux à se mobiliser aux côtés des salariés de Cooper pour empêcher la disparition du site de Baclair. Il s’agit de l’avenir de notre région, de celle de centaines de familles.

Jean-Paul LECOQ

député
maire de Gonfreville l’Orcher

Céline BRULIN

Vice-présidente de la Région Haute Normandie
conseillère municipale de Bolbec

le 31 août 2010