En ce début de mandat, notre assemblée comme toute assemblée élue, doit adopter son règlement intérieur. C’est une mesure technique et réglementaire. Mais notre groupe considère qu’au-delà de l’aspect administratif de ce rapport, c’est la conception de la vie démocratique de l’institution régionale qui doit aujourd’hui être mise en débat, avec l’ambition de faire entrer la vie de notre région au cœur même de l’institution. Chacun d’entre nous, qu’il siège dans la majorité ou dans l’opposition, représente une part de la réalité régionale. Une part non négligeable, qui tire toute sa légitimité du vote des électrices et des électeurs. Et dans la pluralité de cette assemblée, la diversité de sa majorité est un atout. Mais suffit-elle à ce que le cœur de notre assemblée batte au rythme des forces vives de notre région ? Suffit-elle à faire écho aux préoccupations multiples de nos concitoyens ? Suffit-elle à incarner la force de résistance que les Haut-Normands ont exprimé les 14 et 21 mars dernier ? Suffit-elle à exprimer leur intelligence, la pertinence des propositions de leurs organisations syndicales ou de leurs associations, leurs capacités d’innovation et leur détermination à porter des projets d’avenir ? Poser la question c’est bien sûr y répondre. On peut avoir une lecture restrictive de ce règlement intérieur, visant à « encadrer » les débats, certains diraient à les « verrouiller ». On peut aussi en faire une lecture large et ouverte, une lecture qui permette aux salariés en lutte de s’exprimer et de recevoir notre soutien. On peut en faire une lecture qui permette d’auditionner, en séance plénière, chaque fois que nécessaire, des personnalités qui expriment un avis sur les enjeux régionaux, en entendant y compris des points de vue contradictoires, pour mieux appréhender l’intérêt général. Et je ne pense pas uniquement aux « experts », mais aussi à toutes les forces vives que compte notre région. C’est cette lecture que nous faisons pour notre part du projet de règlement intérieur. Nous avons en effet une conviction : Nous combattrons d’autant plus efficacement la réforme des collectivités territoriales- que la droite n’a pas abandonnée malgré la sanction sans appel qu’elle vient de recevoir – que nous mettrons notre institution à l’unisson des préoccupations des Haut-Normands. Nous ferons d’autant mieux reculer les intentions anti-démocratiques de la droite que nous ferons la démonstration de l’utilité de notre collectivité, de sa capacité d’écoute et de sa disponibilité. Nous lutterons d’autant mieux contre l’abstention – très élevée, je le rappelle, lors du scrutin des 14 et 21 mars derniers – que nous inscrirons notre Conseil régional dans une démarche de proximité avec les aspirations de nos concitoyens, alors que nous défileront avec eux le 1er mai pour l’emploi, les salaires et le droit à une retraite décente à 60 ans. Ne craignons pas le débat démocratique. Ne succombons pas à cette forme de populisme qui laisserait penser que la politique est répréhensible. Ne fléchissons pas devant la nécessité d’inscrire notre politique régionale dans l’ambition d’un changement de politique au niveau du pays. Telle est la lecture, Monsieur le Président, que nous faisons de ce règlement intérieur. Et dans la situation de crise que subissent notre région et notre pays, dans la situation nouvelle ouverte par le scrutin de mars, nous ne doutons pas que cet état d’esprit ouvert et combatif irriguera l’ensemble de notre majorité. Permettez-moi, Monsieur le Président une dernière proposition : que le montant des réfaction opérées sur les indemnités des élus, en cas d’absence injustifiées et en application de notre règlement intérieur, soit versé par notre assemblée à des associations caritatives.
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