Conseil Municipal de Sotteville-lès-Rouen
Question d’actualité Olivier CHRISTOL
Fret SNCF.
La situation du fret dans le pays et notamment ici à Sotteville-lès-Rouen est particulièrement dramatique.
C’est dramatique pour le service public des transports qui faisait l’une des particularités de notre pays. Aujourd’hui, c’est le dogme de la gestion libérale où les logiques de résultats comptables prennent le pas sur les missions de service public et donc sur l’intérêt de la collectivité nationale. Ainsi, dans le cadre de la marchandisation de ce secteur, on transforme les usagers en clients.
C’est dramatique pour l’environnement quand on sait que réduire le fret ferroviaire, c’est augmenter fortement le nombre de camions sur nos routes, avec tous les risques et les nuisances que cela comporte ou entraine (accidents, pollution, dégradation des routes …). En effet la mise en œuvre du plan Véron, puis la fermeture de gares fret ouvertes au « wagon isolé », de gares de triage, ont eu pour conséquence un transfert vers la route. Sur le territoire national, le fret SNCF représentait en 2002 56 milliards de tonnes au Km, en 2010 ce sera 24 milliards de tonnes au Km. le verdict est sans appel ce sont près de 3 millions de camions supplémentaire sur nos routes. Nous nous trouvons là, en complète contradiction avec les principes mis en avant à Copenhague, réduction de l’effet de serre dans les transports, et avec le « grenelle de l’environnement » qui affichait pourtant en 2009 le train comme une priorité.
C’est dramatique également pour l’emploi pour les communes environnantes (Sotteville et Saint Etienne) et pour tout le bassin d’emploi. Le site ferroviaire, toutes activités confondues, représente encore 1 500 agents. Mais ce nombre va diminuer conformément à la logique de la direction de la SNCF et de celle du gouvernement de droite de réduire les coûts et donc le nombre de salariés, sans oublier la volonté de ce dernier de casser par tous les moyens le service public.
Nationalement, ce sont 3 600 suppressions d’emplois (1 800 embauches pour 5 400 départs, venant s’ajouter au 21 500 depuis 2002, qui sont prévus dans le cadre de la restructuration de l’entreprise SNCF.
Il y a quelques années on triait 2 500 wagons par jour, le 11 avril prochain on arriverait à … 12 !avec la fin du tri par gravité et la disparition de la production fret. Il ne resterait plus que quelques voies (9) sur les près de 50 qu’il y avait auparavant.
C’est pourquoi les élus communistes de Sotteville-lès-Rouen, ainsi que la population de notre commune jugent tout à fait inacceptable cette volonté délibérée de faire disparaître le triage de Sotteville et les activités qui s’y déroulent. Nous n’acceptons pas la volonté de la direction de la SNCF d’éloigner toujours plus les centres de décision des agents, les établissements locaux devenant départementaux, puis régionaux …, de détruire le tissu de proximité et le service public afférant.
Alors que nous exigeons un grand débat national sur l’avenir du fret, nous soutenons complètement la démarche des syndicats pour s’opposer à cette dégradation et soutenons leurs propositions pour pérenniser et développer l’activité ferroviaire à Sotteville, comme dans l’ensemble du pays.
Nous proposons donc que le transport de messagerie, le « wagon isolé », se développe, contrairement à la volonté du gouvernement, avec le rétablissement et la création d’embranchements vers les entreprises, ce qui pourrait être un plus à la dynamisation de la Zone Industrielle.
Avec le développement de « Port 2000 » au Havre et après la quasi disparition de Soquence, le triage de Sotteville doit se développer, notamment par la complémentarité des transports rail – route – fluvial, d’autant que nous sommes à coté de la Seine. C’est ce que nous avions dit en 2003 quand la CNC a fermé, fermeture que nous avions condamné fortement.
Nous nous prononçons pour que le transport ferroviaire, tant celui des personnes que des marchandises, le fret, soit ou redevienne un véritable service public de qualité qui prenne en compte l’intérêt écologiste, l’intérêt économique et l’intérêt humain.
Nous demandons donc le retrait du plan prévoyant la fermeture du triage de Sotteville et, comme la CGT, nous le déclarons d’utilité publique.
Oui, le triage de Sotteville doit vivre ! Il en a encore tous les atouts pour cela !
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