Monsieur le Sous-Préfet, J’ai lu avec intérêt l’invitation à participer au débat sur l’identité nationale le 15 janvier prochain que vous m’avez transmise. J’ai le regret de vous informer que je décline votre invitation, et vous prie donc de m’y excuser. Je ne serai pas présent à ce débat car les questions posées, soit disant sur l’identité nationale, ne répondent pas aux questions profondes que se pose aujourd’hui notre peuple sur les malaises de la société. Alors que nous sommes traversés par une crise majeure, un chômage de masse, une économie en berne, et des difficultés de vie pour le plus grand nombre, ce n’est pas en opposant les citoyens les uns contre les autres que la sérénité et le « bien vivre ensemble » reviendront dans notre pays. Les déclarations du Maire de Goussainville dans la Meuse soulignant récemment que « ce débat est indispensable car on va se faire bouffer […] il y en a déjà 10 millions que l’on paye à rien foutre » et d’autres avis tenant plus du concours de petites phrases et de surenchères ne sont pas dignes d’élus de la République, et ne visent qu’à attiser des peurs, à monter les Français les uns contre les autres. On trouve d’autre part sur le site internet qui se veut républicain et dédié au « débat » des déclarations surprenantes. Laisser publier des commentaires qui disent que « les immigrés algériens « n’ont qu’à apprendre à éduquer leurs gosses ou n’en faire qu’un s’ils ne sont pas foutus de les maîtriser », ou que « s’ils vivent dans des ghettos c’est parce qu’ils ont fait fuir les honnêtes gens » relève plus de la provocation raciste que de la volonté que se tienne un véritable échange démocratique. Ce n’est pas le fait de débattre auquel je m’oppose, mais bien son objectif qui m’apparait comme malsain. S’il faut un débat, celui-ci doit porter sur l’histoire de la citoyenneté, de la démocratie, sur la nation et la République. Tous ces biens communs n’ont pas été imposés par décret ministériel, mais sont le fruit de grands mouvements de notre peuple, comme la Commune, le Front Populaire, la Résistance,… …/…La République, si elle doit se questionner, doit le faire à partir de l’être humain, de ses droits, de ses devoirs, et non pas à partir d’un apriori comme être un « bon » ou un « mauvais » français. « Être Français » ne se définit pas, cela se partage. En lançant, à quelques mois des élections régionales, un débat de cette nature, le Président de la République veut sans aucun doute dissimuler les effets néfastes de sa politique par un effet de diversion. Ou alors ne serait-ce pas pour cacher les réformes à venir, comme l’allongement de la durée de cotisation pour les retraites, qui touchera tout autant les français de longue date et les français d’origine étrangère ? Ou bien ne voudrait-il pas braquer les projecteurs sur la vague d’austérité qui menace les services publics et, pour ne citer qu’elles, va toucher les écoles des enfants de banlieues, de centre-ville ou de zones rurales ? La seule décision raisonnable qu’il conviendrait de prendre dès aujourd’hui, c’est de cesser le débat sur l’identité nationale qui apparaît aux yeux de tous comme une véritable mascarade. Certain de l’intérêt que vous avez porté à ce courrier, je vous prie de recevoir, Monsieur le Sous-Préfet, mes salutations distinguées. !Michel BARRIER Conseiller Général de Seine-Maritime
michel Publié le11 h 10 min - 23 février 2010
Suite au désamorçage des bombes en Normandie, notre devoir de mémoire:
http://fr.metapedia.org/wiki/Orphel…
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