Le président de la République prétend aujourd’hui mettre en œuvre le « big-bang » institutionnel qu’il avait annoncé.
Tout doit y passer : l’organisation des pouvoirs locaux le mode d’élection aux assemblées locales, la fiscalité locale, jusqu’à l’architecture des territoires. Ce bouleversement sans précédent dans l’histoire de la République poursuit un objectif clairement annoncé : en finir avec l’une des bases les plus fécondes de la démocratie française, la démocratie de proximité, constamment développée depuis 1983 et la mise en œuvre des lois de décentralisation, qui oblige le pouvoir central à composer avec des échelons locaux, proches des citoyens, qui peuvent également s’ériger en contre-pouvoirs insupportables. La redéfinition (et la limitation) des compétences juridiques des Régions, des départements ou des groupements de communes, la création des « conseillers territoriaux » aux fonctions mal définies ne vise que ce but, comme les charcutages territoriaux et les modifications introduites dans les scrutins locaux.
Dans le même temps, avec la suppression de la taxe professionnelle, promise par Sarkozy au MEDEF, le Président se donne le pouvoir, en privant les collectivités locales et territoriales de leur principale ressource et des moyens de leur indépendance, d’assurer durablement sa domination. L’ampleur de cette offensive a provoqué une levée de boucliers sans précédent, jusque dans la Majorité gouvernementale. Au Sénat, à l’Assemblée nationale cette opposition s’exprime, agit, de même qu’elle s’est exprimée dans l’Assemblée des Départements de France (ADF) ou lors du Congrès de l’Association des Maires de France (AMF) à la mi-novembre. Ce mouvement doit s’amplifier, et surtout s’étendre à la masse des citoyens dans la diversité des actions qui leur sont proposées, auxquelles contribuent, avec toutes leurs forces, les élus communistes.
Claude Lainé
Conseiller régional
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