Renault Cléon et moteur R9M : Oui pour une avance régionale remboursable mais…

Renault Cléon et moteur R9M : Oui pour une avance régionale remboursable mais…

arton10045-1571a.pngDéclaration de Claude LAINE, au nom des élus communistes et républicains lors de la séance plénière du Conseil Régional de Haute-Normandie du lundi 22 juin 2009

Renault Cléon et moteur R9M : Oui pour une avance régionale remboursable mais…

La question est d’importance et politiquement significative. Vous savez en effet que l’on discute beaucoup de l’aide à Renault, d’une façon générale,et plus précisément de l’aide à l’usine de Cléon pour ce projet particulier de fabrication d’un moteur innovant à plusieurs titres. On en discute, c’est public et je pense que les arguments, qu’ils soient ou non favorables au versement de l’aide demandée, sont respectables. C’est la raison pour laquelle j’interviens un peu longuement.

L’Entreprise RENAULT, à vrai dire, a les moyens de couvrir ses nouveaux investissements, y compris les moyens financiers pour gérer ses investissement sans faire appel aux fonds publics, à la générosité de l’Etat ou à celles de la Région ou des collectivités territoriales ou locales.

L’entreprise Renault pourrait,compte tenu des marges qu’elle dégage, entreprendre la fabrication de ce moteur, que nous souhaitons, que nous approuvons, sans que nous soyons financièrement impliqués dans cette opération. Or, nous le sommes, parce que Renault bénéficie de circonstances favorables et qu’elle utilise l’aubaine qui lui est offerte par la politique générale du pouvoir français et aussi par la conjoncture internationale, européenne notamment..

L’Entreprise Renault a sollicité cette aide parce qu’elle le peut et parce que la pratique actuelle de la concurrence libre mais faussée, l’autorise à utiliser l’argument d’un investissement possible en Roumanie ou au Portugal pour nous faire comprendre que si nous ne sommes pas dociles, nous pourrions nous priver de cet investissement,qui est pourtant légitime à Cléon.

Je dis bien « concurrence libre et faussée, » car il est évident que Renault joue sur les différentiels de salaires, sur les différentiels de charges sociales qui existent entre nous et les entreprises des pays européens que j’ai cités. On peut comprendre sa stratégie, on peut aussi comprendre les réflexions des gens qui constatent que ce n’est pas légitime d’utiliser les fonds publics à cet usage.

Nous sommes dans une situation d’autant plus difficile à admettre que Renault fait aujourd’hui des profits, déclarés, affichés et que ces profits mêmes soulèvent des problèmes dans les autres sites extérieurs de Renault, ou dans les entreprises liées à Renault.

L’aide pour ce moteur, à Cléon, ne résout en rien, en effet, les difficultés que rencontrent les ouvriers Renault de Dieppe par exemple ou bien ceux de Sandouville et même ceux de Cléon où la perspective de réductions d’emplois n’est pas du tout effacée par le fait que les collectivités territoriales s’engagent sur une aide pour un moteur particulier.

La réticence, voire l’opposition déclarée à l’attribution de ces aides repose donc sur des arguments qui sont tous politiquement recevables.

Nous allons cependant, voter pour cette aide en accord avec les élus communistes et l’ensemble des gens que nous avons consultés, et sur la base d’une déclaration mise au point par nous-mêmes, les élus communistes du Conseil Général, ceux aussi de la Communauté d’Agglomération d’Elbeuf.

En effet, L’engagement que Renault a pris de lancer la fabrication de ce moteur à Cléon plutôt qu’ailleurs, pour la région de Cléon, correspond à l’engagement de maintenir 500 emplois environ dans le site. Nous ne pratiquons pas la politique du pire, la fuite vers des objectifs inaccessibles aujourd’hui et nous voterons cette aide.

Mais pas inconditionnellement.

A vrai dire, comme nous l’avons répété (mai nos déclarations n’ont pas été reprises comme elles auraient pu l’être), notre vote est assorti de deux considérations :

  • la première, c’est qu’il s’agit d’une avance remboursable et non pas d’une subvention. Nous avons longuement débattu sur ce point : les fonds publics ne sont pas disponibles pour alimenter les subventions qui, in fine, pourraient alimenter le versement de dividendes aux actionnaires de Renault. Nous pensons que la pression que nous avons mise, avec d’autres, pour qu’il s’agisse effectivement d’une avance remboursable, ou d’un prêt, même s’il est à taux 0, n’est pas étrangère à cette décision.
  • Et puis, deuxièmement, nous avons pris note également que l’engagement de Renault s’accompagne de celui de ne pas verser de dividendes aux actionnaires.

Nous constatons que la décision du dernier conseil d’administration de l’entreprise pour l’exercice 2008, va dans ce sens. Cela correspond aux demandes que nous avons exprimées.

Cela ne signifie pas pour autant que la vigilance n’est plus de mise. Nous serons en ce qui nous concerne toujours vigilants et je ne doute pas que le Conseil Régional exercera la même vigilance à l’égard de la suite qui sera, sur ce point,donnée par l’entreprise.

Enfin, nous souhaitons, et cela a été dit, que cette contribution, cette aide, facilite l’engagement de Renault à passer à un niveau supérieur dans le développement de la Recherche et de l’expérimentation pour les innovations que nous attendons.

Merci.