Sécu, hôpital : les masques tombent
par Daniel Paul, député de Seine-Maritime
En finir avec le principe de solidarité qui constitue, depuis 60 ans, le socle de notre système de sécurité sociale et de santé : la droite ne cache plus son objectif.
Et quelle meilleure façon, pour l’atteindre, que de montrer du doigt les familles, les personnes âgées, les malades, les personnels des hôpitaux, pour tenter de justifier les franchises médicales avec une ponction de 50 euros par an et par malade qui s’ajouteront au forfait hospitalier à 15 euros, à la ponction d’un euro par consultation, au non remboursement de 18 euros par acte médical lourd !
Alors, au cas où Nicolas Sarkozy ne saurait pas où trouver l’argent pour la prévention, la recherche, les soins, l’hôpital, rappelons-lui que des solutions existent comme celles que vient de lui rappeler la Cour des Comptes : elle pointe 30 milliards d’euros – 3 fois le déficit de la sécu – d’exonérations diverses, dont 3 milliards au seul titre des stock-options versés en avalanche aux dirigeants des grandes entreprises du CAC 40.
Sans oublier que taxer les revenus boursiers au même niveau que les salaires produirait 13 milliards d’euros ; qu’augmenter les salaires de 1% rétablirait un peu le pouvoir d’achat et rapporterait 9 milliards d’euros ; que si l’Etat payait ses dettes à la sécu, cela ferait 10 milliards d’euros et que si la dette patronale était payée, cela apporterait 1,9 milliard…sans oublier les 15 milliards de cadeaux fiscaux consentis cet été aux plus riches !
Et c’est dans ce contexte que tombe l’annonce de 550 suppressions de postes à l’hôpital du Havre, toutes catégories confondues ! Comme si c’était la réponse appropriée au déficit de plus de 23 millions d’euros du groupe hospitalier ! Comme si cette saignée allait permettre à l’hôpital de faire face aux besoins de la population et en particulier aux missions de santé publique qui sont les siennes !
La droite cherche à faire accepter la mise à mort de notre système de protection sociale et de ses principes de solidarité, au profit des assurances privées.
Et cette même politique profite aux établissements privés : ils peuvent se développer sur les secteurs les plus rentables, les seuls qui les intéressent, quand les hôpitaux publics subissent des réductions de moyens.
La droite tombe le masque, mais la bataille ne fait que commencer, ici comme ailleurs en France : le 29 septembre, journée nationale d’action, ne sera que la première étape de la mobilisation nécessaire.
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