La situation de l’emploi est aujourd’hui dramatiquement préoccupante.
Malgré les chiffres officiels du chômage qui masquent la réalité : désormais, la catégorie des demandeurs d’emplois immédiatement disponibles à la recherche d’un CDI à plein temps ne représente plus que 57% des chômeurs qui sont en réalité 4,5 millions.
Le chômage représente non pas 9% mais 15% de la population active et on radie aujourd’hui 34 000 chômeurs par mois !
En 2005, 1 000 licenciements économiques ont déjà eu lieu dans le seul département de la Seine Maritime et, selon une note préfectorale confidentielle, 1 600 (à 1 900) nouveaux licenciements économiques sont envisagés notamment dans les secteurs du papier carton, au port de Dieppe, dans l’automobile, la chimie, …
Dans l’Eure, on estime également à près de 2 000 le nombre d’emplois menacés à travers les annonces successives de fermetures d’entreprises industrielles depuis le début de l’année qui touchent l’ensemble du territoire et des secteurs d’activité.
Malgré les diverses sollicitations des élus communistes et républicains, la seule réponse de l’Etat semble n’être que la généralisation de la précarisation de l’emploi, avec notamment les emplois » Borloo « , le CPE et le CNE malgré l’opposition qu’ils suscitent comme l’ont montré les puissantes manifestations des 7 , 14 16 mars et la dernière en date celle de samedi dernier qui a réuni 20 000 personnes dans les rues de Rouen, 40 000 en Haute-normandie.
En France, plus d’un million de jeunes, lycéens, étudiants, salariés ont demandé le retrait du projet de contrat première embauche.
Dès l’origine le projet de loi relatif à l’égalité des chances était un projet rétrograde. La suppression de l’obligation scolaire jusqu’à 16 ans avec l’apprentissage à 14 ans et le travail de nuit possible à 15 ans, la pénalisation des familles par la suppression des allocations familiales suffisent à le rejeter. Mais le gouvernement a introduit par amendement ce Contrat Première Embauche, ce Contrat Première Exclusion, que non seulement toute notre jeunesse rejette massivement mais aussi l’immense majorité des nos concitoyens. Et parmi eux, nombre de chefs d’entreprises, des universitaires comme au Havre. « C comme chômage, P comme précarité, E comme exclusion » entendait on samedi rue Jeanne d’Arc à Rouen.
En effet, le CPE, c’est la fin des garanties du code du travail pour les jeunes, eux qui durant 2 ans pourront être remerciés par leur employeur du jour au lendemain sans motif ce qui est en outre contraire aux engagements internationaux de la France.
C’est indigne de notre pays. Depuis des années, au prix de milliards d’euros offerts au Patronat, on a multiplié les emplois précaires et les bas salaires sans réduire pour autant le chômage.
C’est le retour au 19eme siècle dans les rapports entre patron et salarié avec les jeunes pour cobayes qui disent » le CPE, c’est pas mieux que rien, c’est pire que tout « .
Nous exigeons son retrait.
Dans le même temps et plus généralement sur la question de l’emploi, sous l’égide de leurs associations départementales (ADECR 76 et 27) les élus communistes ont décidé de se rassembler le 17 mars devant la préfecture de Rouen afin de faire part des propositions qu’ils ont, au cours d’une audience, soumises au Préfet.
Ainsi, les élus communistes et parmi eux bien sûr les élus régionaux ont demandé au Préfet avant de l’exprimer publiquement :
- la réactivation du comité de pilotage stratégique du port de Dieppe, avec notamment la mise en œuvre d’une complémentarité nouvelle entre les ports normands pour rechercher les synergies plutôt que la mise en concurrence.
- Une table ronde sur la filière papier carton (plusieurs sites sont gravement menacés dans notre région, OTOR à Saint Etienne du Rouvray, Smurfit-Kappa à Vernon, M-Real à Alizay, …) réunissant les dirigeants papetiers, les représentants des collectivités locales concernées et les représentants syndicaux et élus des salariés.
- Plus largement la tenue le plus rapidement possible, la tenue d’une Conférence Régionale pour sécuriser l’emploi et la formation rassemblant tous les acteurs concernés pour évaluer démocratiquement les besoins en emplois et formations et mettre en place les axes de travail pour la recherche de solutions innovantes notamment au plan financier.
- La suppression des plans de licenciements et la mise en place préalable de cellules de crise associant les salariés, les services de l’Etat et les élus, pour examiner les solutions alternatives permettant de répondre à la pression concurrentielle, d’une autre façon que par la baisse des coûts salariaux
- L’engagement de tous les pouvoirs publics dans des opérations de redynamisation et de reconversion des sites touchés, quand cela est nécessaire
- Le remboursement par les employeurs de toutes les aides publiques dont ils ont pu bénéficier en cas de refus d’engagement des discussions.
De son coté, La Région pourrait étudier la création d’un Fonds Régional pour l’Emploi et la Formation afin d’encourager les entreprises concernées à sécuriser les emplois et les formations en se modernisant, au lieu de délocaliser.
Ce FREF (Fonds Régionaux pour l’Emploi et la Formation) pourrait être un outil financier immédiat . Alimenté par le budget du conseil régional, il prendrait en charge, par bonification, une partie des intérêts versés aux banques par les entreprises sur leurs crédits pour l’investissement : plus celui-ci programmerait d’emplois et de formations, plus la bonification d’intérêt serait élevée. Ce FREF constituerait une première étape pour que soit crée, dans le cadre d’une politique de gauche alternative, un Fonds National pour l’Emploi et la Formation (FNEF).
AU PLAN NATIONAL,
- Les députés communistes viennent de déposer un projet de loi tendant à favoriser l’emploi des jeunes, par l’instauration d’une négociation obligatoire avec les syndicats et élus de salariés dans les entreprises de plus de 10 salariés afin qu’elles se dotent d’un plan de gestion personnel des départs en retraite contre embauches en CDI.
Avec l’effet du » Papy Boom » on sait en effet que 600 000 départs en retraite sont attendus par an jusqu’en 2015.
En Haute-Normandie, par exemple, 5 500 emplois seront concernés dans la chimie par le renouvellement de générations, 15 à 20 000 métallurgistes devraient faire valoir leur droit à la retraite dans les 3 ans, dans le BTP la moitié des entrepreneurs et le quart des ouvriers qualifiés partiront aussi en retraite d’ici 10 ans. Dans la santé, 4 000 professionnels partiront avant 2010.
Des emplois qualifiés seront donc nécessaires dans un proche avenir. Encore faut il s’y préparer et s’y former, d’où l’utilité du Fonds Régional pour l’Emploi et la Formation proposés en coordination avec le fonds National.
De concert avec la création d’un pôle public financier constitué autour de la CDC et de banques nationalisées et mutualisées, les Fonds pour l’Emploi et la Formation contribueraient à mobiliser tous les financements, les profits et le crédit, jusqu’à l’épargne salariale d’un type nouveau, dans le but de sécurité de l’emploi, de la formation, à tous les moments de la vie de chacun et dans un but de promotion, en coopération des filières industrielles et des services du pays.
- Au delà, un nouveau système de sécurité emploi formation est possible, une » sécurité sociale professionnelle « , comme l’a été en 1945 la création par le ministre communiste Ambroise CROIZAT de la sécurité sociale maladie et vieillesse.
Il s’agit d’une rotation tout au long de la vie active entre emploi, salaire, formation et/ou recherche – création, pour accéder à un nouvel emploi motivant avec un revenu et des droits garantis, et cela constituerait sans doute la voie originale dont on a besoin pour relever le défi de la mobilité dans la sécurité avec les nouvelle technologies et ainsi éradiquer progressivement le chômage.
Vous l’avez noté, nous sommes par cette démarche aux antipodes de l’esprit qui a commandé le CPE. Cela n’étonnera personne mais c’est aussi un ensemble de dispositions susceptibles de donner au PRDF, dont nous allons débattre, sa plus grande portée.
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