SRADT : Commission mixte infrastructures et transports

SRADT : Commission mixte infrastructures et transports

Éléments de réflexions de la commission mixte du Conseil Régional et du CESR rapportés par Patrice Dupray en séance plénière du 06 02 2006.

Les membres de la commission mixte infrastructures et transport ont souligné la qualité de l’étude réalisée par le Cabinet Edater concernant le diagnostic, précisant que les points forts et les faiblesses ont bien été mis en lumière dans le document. Ils ont cependant regretté que certaines données statistiques soient un peu anciennes.

Les difficultés, notamment universitaires, de produire de l’information statistique actualisée régulièrement et de la connaissance pointue à partir d’indicateurs clairement définis, ont été pointées. Il conviendrait sans doute de dégager collectivement les moyens de fédérer ces nécessaires études statistiques.

La commission a pris acte que le document constitue une base de discussion à partir de laquelle des propositions d’enjeux puis d’orientations stratégiques seront dessinées. Pour cela, des concertations approfondies, entre les acteurs impliqués dans l’aménagement du territoire, sont programmées sur les territoires.

Les membres ont alors souligné la difficulté de mettre en adéquation la « vision souhaitable » telle qu’elle pourrait être énoncée avec les perspectives et objectifs à moyen et long terme (horizon 2025) et la « vision réaliste » avec la mise en œuvre d’actions prioritaires définies dans le cadre du SRADT. Ils sont cependant unanimes sur le rejet de l’immobilisme ou de l’aggravation de la situation actuelle.

Chacun est conscient de la saturation du réseau routier, de l’existence de certaines « tromboses » à des points névralgiques qui ne pourront que s’accentuer, sans une intervention volontariste et forte des acteurs publics, dans le futur (RN 31, contournement de Rouen, accès au 6ème pont…). Il est incontestable que l’augmentation des flux de transport, avec notamment la mise en service de Port 2000, nécessite une gestion de ces flux et conduit à déterminer les moyens que l’on souhaite privilégier à court, moyen et long terme.

Un certain désappointement a semblé émerger face à la difficulté de basculer une partie du trafic routier sur un autre mode de transport. En effet, pour certains conseillers, les réponses à apporter et les décisions à prendre se situent à d’autres niveaux que celui régional. Il a cependant été indiqué, que même au niveau régional, et bien que parcellaires, des décisions locales pouvaient avoir un impact significatif sur l’intermodalité (implantation de plate-formes multimodales, soutien spécifique aux transports fluviaux (déchets par exemple), projet ferroviaire d’envergure (3ème franchissement de l’estuaire).

Les Conseillers ont souligné qu’il ne fallait pas négliger certaines questions telles que le niveau des ressources en énergie fossiles, la poursuite ou non des programmes nucléaires, le développement de moteurs performants avec d’autres énergies qui peuvent conduire à des réflexions et des conclusions très différentes. Des scénarios devraient être construits avec de telles hypothèses.

S’agissant du fret ferroviaire, il semble ressortir que dans son organisation actuelle, la SNCF ne peut être compétitive que sur des liaisons ferroviaires « longues distances ». Il est constaté également sur ce type de transports, que la nécessité de massifier à chaque fois que possible si elle est une question prioritaire, ne recouvre pas toutes les dimensions du problème et notamment les dessertes et livraisons.

Aujourd’hui, le coût du transport par routes est notamment les coûts induits voire cachés qu’il recèle rendent très difficiles les comparaisons avec les autres modes de transport, ces charges et coûts facturés n’étant pas identiques selon les modes et laissant parfois place à des interprétations dissonantes, une clarification s’impose dans ce domaine, si l’on veut comme c’est naturel, que les différentes possibilités routières, ferroviaires et fluviales soient économiquement compétitives et adaptées à chaque situation : considérant comme majeures, outre les impératifs économiques, les questions d’engagement, d’environnement et de sécurité.

Au regard de cette situation, il convient de s’interroger sur le rôle des acteurs publics de l’Etat notamment pour favoriser des groupements d’entreprises et l’émergence d’une organisation du fret ferroviaire répondant aux besoins.
Il a été signalé dans cette optique que trouver des opérateurs alternatifs tournés vers des régions cibles qu’elles soient nationales ou européennes devrait être creusé.
L’ouverture vers des opérateurs privés du fret ferroviaire, n’est pas du tout apprécié de la même manière par les différents membres des commissions.

Le développement du fluvial reste un point fort avec notamment le résultat de l’étude Seine Nord en février. Les ports ont un intérêt majeur à réfléchir sur ce moyen de faire face à la concurrence, avec la mise en place de points de massification, la réalisation de haltes par exemple entre Elbeuf et la Région Parisienne, et la constitution de plateformes logistiques adaptées.

Le Région dispose aussi d’une façade maritime importante qui mérite d’être dynamisée et pourrait ainsi profiter au développement des transports dédiés.

Le transport public de voyageurs reste aussi une priorité pour la Région. Beaucoup d’améliorations sont prévues à court terme : confort, qualité de service, cadencement…
Les réflexions doivent aussi être menées sur la faisabilité de la desserte d’Evreux par fer, électrification Rouen-Serquigny, l’aménagement des lignes périphériques aux grandes agglomérations (parking garde de Barentin), la desserte de Elbeuf ville.

Il est souhaité que ces différentes mesures s’accompagnent aussi d’une tarification adaptée, généralisée (titre unique). Les problèmes de billettique doivent être étudiés dès maintenant, sachant que l’agglomération d’Elbeuf est déjà équipée et que les agglomérations de Rouen et Seine-Eure sont en phase de réflexion.