Le 26 août la Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche Madame Pécresse est attendue au Havre pour inaugurer une centaine de conteneurs transformés en logements. Cette visite à l’heure où les étudiants sont encore en vacances témoigne de la crainte du gouvernement à affronter la colère étudiante face à la remise en cause du droit à l’aide au logement.
Cette inauguration à visée « médiatique » ne doit pas masquer la situation actuelle caractérisée par la pénurie de logements sociaux pour les étudiants. Il y avait 100 000 places de logements sociaux en 1960 pour 200 000 étudiants, il n’y en a aujourd’hui que 160 000 pour 2,2 millions d’étudiants. Seulement 7% des étudiants peuvent trouver un logement au CROUS et à peine le tiers des boursiers. Aujourd’hui. 52% des étudiants sont ainsi contraints de se tourner vers le parc locatif privé avec des loyers élevés.
Le gouvernement ou siège Madame Pécresse est doublement responsable de cette difficulté des étudiants à se loger décemment :
- En ne respectant pas ses engagements en termes de financement de constructions de logements gérés par les CROUS (il manque aujourd’hui 17 000 constructions et 11 000 réhabilitations pour atteindre les objectifs annoncés déjà insuffisants). Le rapport Anciaux de 2004 préconisait la construction de 5 000 logements et la rénovation de 7 000 autres, par an, sur la période 2004-2014. Nous en sommes loin. Ce sont aujourd’hui encore une fois les collectivités territoriales qui agissent pour suppléer au manque de crédits d’Etat nécessaires afin d’équilibrer les opérations de constructions de résidence sociales étudiantes. C’est notamment le cas dans l’Agglomération Rouennaise.
- En annonçant au début de l’été sa volonté d’interdire aux étudiants et à leurs parents de cumuler les aides personnalisées au logement et le demi part fiscale. Cette mesure injuste et brutale qui représente un désengagement de plus de 460 millions d’euros aggravera l’accès au logement pour les 450000 étudiants concernés qui dépassent les plafonds boursiers et pour lesquels l’aide au logement représente le seul soutien financier de l’Etat. Interdire le cumul entre l’aide au logement et la demi part fiscale des parents, c’est comme le dit l’UNEF demander aux étudiants de choisir entre se couper un bras ou une jambe. Cela aura pour conséquence d’accroître la précarité, les galères de logement, et de pousser les plus fragiles à renoncer ou à abandonner leurs études.
À l’heure des grandes réductions de la dépense publique, annoncées à Brégancon pour rassurer les marchés financiers, les étudiants sont donc touchés eux aussi de plein fouet par la rigueur de la politique gouvernementale Après le dossier des retraites qui ne présage rien de bon pour l’avenir de la jeunesse, la politique gouvernementale fragilise encore plus la période de formation des jeunes L’heure est plus que jamais à la mobilisation des étudiants et des salariés contre la politique injuste de ce gouvernement.
Didier Chartier
Conseiller municipal délégué au logement social étudiant
Groupe des élu-e-s communistes et citoyen de la ville de Rouen
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