Allocution d’André DELESTRE, inauguration de la voie H LEVILLAIN
Maire Adjoint de Petit-Quevilly,
Vice Président de l’Agglo. de Rouen
Président du groupe des élus communistes et républicains
Fait le 15 février 2008 à Petit-Quevilly.
Chers collègues élus, chers amis chers camarades, au nom de la famille et du groupe des élus communistes et républicains de Petit-Quevilly, de Robert Pagès maire honoraire, je tiens à remercier Frédéric Sanchez, notre maire et l’ensemble du conseil municipal d’honorer Henri Levillain en donnant son nom à une nouvelle voierie de la commune.
Cette grande rue drainera les trafics de la zone d’activité et industrielle des Patis, zone qui a crée des emplois et qu’avait voulu Henri dés 1972. Cette voirie est proche des Chantiers de Normandie aujourd’hui disparus. Le paquebot VESTA y a pris sa place. Cet espace ou Henri Levillain a travaillé, verra cet été, dans le pavillon Perré réhabilité par le SMEDAR, une cérémonie d’accueil de la maquette du voilier « le Quevilly ». Et de rappeler ce fait historique, c’est l’ouvrier Henri qui prit la parole aux chantiers pour appeler à la grève le 1er mai 1943. Il fait partie de ces résistants qui luttèrent contre le fascisme et la barbarie.
En préparant cette intervention, Jean-Pierre Marais m’a fourni un document intitulé « demain, une nouvelle ville » datant de 1972. Ce document m’a stupéfait car il jetait les bases de la ville dans laquelle nous vivons aujourd’hui. Le théâtre Maxime GORKI, crée dans la foulée de mai 68 fonctionnait, vrai choix politique d’offrir sur la rive gauche une porte d’accès à la culture, d’émotion théâtrale. La première rénovation du quartier St Julien, se terminait avec la construction de 1200 logements modernes, quartier baptisé Maurice Thorez. Ce document évoqué plus haut a été le fruit d’études, de débat, de concertation, dirions nous aujourd’hui, avec en final une décision du Conseil Municipal du 19 mars1972 d’en lancer la réalisation.
Les objectifs étaient de construire 6.000 logements sur des friches industrielles et autres espaces identifiés mutables, passant par une maîtrise publique des sols, y organiser la ville en zone d’habitations et d’activités, y crée un centre ville et relier les différents quartiers entre eux, y augmenter le nombre d ‘emplois et les ressources de la ville en accueillant de nouvelles entreprises et y favorisant l’extension de celles existants, y compléter l’équipement commercial et public sportif, socio-culturel et de santé.
Le quartier Nobel-Bozel pouvait se construire, le foyer Pasteur, le centre social, des écoles, finir la restauration de la chapelle Saint Julien…
Henri Levillain, avec son équipe en particulier Robert Pagès, avait une vision moderne de la ville, y compris en y cernant précisément les atouts et les faiblesses de Petit-Quevilly, au cœur d’une agglo en devenir. Il a été un maire bâtisseur, en osmose parfaite avec la population. Derrière la reconnaissance faite aujourd’hui à Henri Levillain, c’est tout le travail des équipes successives qui est reconnu à construire la ville.
Résistant, bâtisseur, ce qui donnait cohérence à l’action d’Henri, sens à son engagement c’est qu’il était communiste. Il agissait à partir de valeurs fortes et fondamentales : la solidarité, l’égalité lorsqu’il s’agit de permettre à tous les citoyens, y compris les plus démunis, l’accès à l’éducation, à la santé et aux soins, à la culture, aux loisirs, aux vacances, aux pratiques sportives, la laïcité aujourd’hui contesté, la responsabilité, le respect, l’antiracisme.
Henri transpirait l’humanisme, il a combattu pour la paix. C’était un citoyen du monde, internationaliste dans le langage d’hier. Permettez-moi d’évoquer un souvenir personnel, ma première rencontre avec Henri au début des années 70, j’avais 16 ans. La JOC de Quevilly organisait une veillée internationale de solidarité pour libérer des jocistes emprisonnés dans les geôles de la dictature militaire qui sévissait au Brésil. Henri LEVILLAIN y est venu comme invité. Sans prosélytisme, il a apporté son soutien à notre action. Quand l’Humain est au coeur, toutes les rencontres sont possibles.
Permettez-moi d’évoquer ce trait d’actualité. Au pays des droits de l’homme, le jeune Ladis, congolais de 19 ans, est menacé de rafle, de centre de rétention et d’expulsion vers un pays ou la vie est bien incertaine. Ladis fait ses études à Colbert, lycée à 300 m de la mairie. Un rassemblement de soutien est prévu le 4 mars.
La ville continue à se transformer. Le centre ville entrevu il y a 35 ans va enfin s’ouvrir avec la transformation de la caserne Taillandier. Les projets s’inscrivent dans la continuité de schémas directeurs établis tel ce que nous appelons Petit-Quevilly village, secteur dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui.
A nous, équipes nouvelles à poursuivre la transformation de la ville vers une ville rêvée en s’appuyant sur les mémoires qui identifient et marquent de leurs empreintes nos places, nos rues, nos espaces publics, en s’appuyant sur des valeurs fortes, en faisant de la politique au sens noble du terme. Merci.
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