Le secteur du traitement des déchets est un domaine d’activités en mutation rapide où la combinaison des contraintes économiques, sociales et écologiques impose d’appliquer une gestion de projet avec tout ce que cela implique.
Patrice Dupray, en sa qualité de président du SMEDAR précise en 4 réponses ses objectifs et ceux de la collectivité qu’il anime notamment en matière d’expérimentation et de développement-recherche.
Question : pourquoi innover ?
Pour vivre avec son temps, et même pour vivre, tout simplement, l’innovation est une des composantes de la gestion, entendue comme une réponse aux besoins et aux attentes de la population.
Question : est-ce légitime pour une collectivité de vouloir être pionnière ?
Innover ne signifie pas nécessairement » être pionnier « . On peut innover sans risque, en restant dans le domaine des produits (ou pratiques) confirmés. C’est ce que font la plupart des collectivités.
Ce n’est pas suffisant. Il est légitime, pour une collectivité de créer une fonction de » recherche développement » et de s’inscrire à ce titre dans des partenariats innovants. C’est surtout vrai pour les secteurs de son activité qui sont en mutation rapide (c’est le cas du traitement des déchets) et où la combinaison des contraintes économiques, sociales et écologiques impose d’appliquer une gestion de projet avec tout ce que cela implique.
Ce n’est pas la philosophie dominante des collectivités.
Question : est-ce que les collectivités françaises, dans leur ensemble, le sont assez ou le sont trop peu ?
La plupart des difficultés rencontrées par les collectivités qui ont voulu se lancer dans l’application de procédés nouveaux (comme la thermolyse) tient au fait qu’elles n’ont pas suffisamment étudié, préalablement, l’ensemble des paramètres (techniques, économiques, environnementaux, y compris sociétaux) fondamentaux. Peut être, aussi, en raison d’une trop grande dépendance à l’égard de prestataires de service extérieurs, faute d’avoir, en propre, une vraie culture de l’expérimentation et de la recherche développement.
Question : jusqu’où une collectivité peut elle aller dans l’innovation et donc quels risques peut elle assumer ?
En matière d’innovation (au sens création nouvelle), on ne peut pas faire l’économie de la phase de recherche développement et du passage par une phase expérimentale, avant d’entreprendre l’installation d’un procédé (ou d’un équipement) totalement opérationnel.
Les débuts de la méthanisation, en France, ont été, me semble t il, marqués par la précipitation qui a conduit à la mise en œuvre d’installations lourdes sans passer par le stade d’un pilote industriel permettant le repérage des points faibles et des corrections nécessaires, en associant l’ensemble des compétences permettant d’atteindre le niveau de fiabilité indispensable.
C’est le rôle de la collectivité de construire ce groupement de compétence et de l’animer à partir de son propre projet.
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