La thrombose, conséquence des choix de Paris et Bruxelles

La thrombose, conséquence des choix de Paris et Bruxelles

Conseil de l’agglomération de Rouen

Transports : la thrombose, conséquence des choix de Paris et Bruxelles

cidefe1.jpgLors du Conseil de l’agglomération de Rouen qui s’est tenu le 21 janvier, André Delestre est intervenu à propos de délibérations sur le financement de travaux sur la départementale 42 sur le plateau Est de l’Agglomération (742.000 €) et de la rallonge budgétaire de la rocade sud (8 M €, pour 38 M € prévus initialement).

« J’espère que cette rocade, précisait il, sera utilisée par les poids lourds pour soulager le centre de l’agglomération, asphyxie ! ?

Pour autant je crains une autre délibération à venir afin de solliciter les finances de l’agglo pour le surcoût du 6ème Pont. Encore des millions d’euros mobilisés liés au désengagement financier de l’Etat.

Autant d’argent qui n’ira pas dans l’amélioration et la création d’infrastructures de transports collectifs en site propre.

Je ne nie pas l’utilité de cette rocade, du 6ème Pont, voir le contournement Est… Ne faut-il pas rééquilibrer nos choix en matière de transport ?

Ne faut il pas ?

  • soutenir le SMEDAR pour utiliser le fleuve dans une massification des flux de déchets ….. VESTA.
  • mettre en œuvre le PDU en cours sans attendre une nouvelle étude, absolument nécessaire d’ailleurs, afin de ne pas prendre de retard.
  • la mise en site propre de la ligne 7 qui va du Zénith à Isneauville via rue Lafayette et République.
  • un plan de circulation de la ville centre où la voiture ne serait plus la reine.
  • constituer des zones relais proches des gares et lignes tramway pour les voitures.
  • compléter le transport ferroviaire régional avec le transport urbain.
  • rouvrir la ligne ferroviaire Quevilly – Couronne – Elbeuf ville.

Autant d’argent mis sur la route qui manque actuellement à des transports de masse, efficaces, fiables, propres, sobres, humainement et socialement acceptables.

Jamais nos collectivités n’ont mobilisé autant d’argent public depuis 30 ans pour dimensionner le réseau routier aux heures de pointe. Le constat est terrible : la strombose est permanente à l’est, au nord, au sud, à l’ouest. Cette inefficacité plombe le développement économique de l’agglomération.

Je voudrais vous dire toute l’émotion que le dernier agglo-mag a suscité parmi les cheminots : la photo du faisceau ferroviaire de Rouen-Orléans. Nous aurions pu en faire de même du triage de Sotteville, en cours de fermeture alors qu’il est un des plus modernes de France. Pendant ce temps, le boulevard industriel voit transiter 9.000 camions par jour ? !

Le constat est terrible d’une politique des transports de marchandises où les volumes ne cessent d’augmenter liés au mode de production, aux délocalisations et où ces volumes sont captés essentiellement par le route.

Malgré la concurrence ouverte en 2003, la part modale du fer diminue ici en France, mais aussi en Allemagne malgré plus de 300 opérateurs privés fret. C’est un échec de la politique libérale européenne. Elle n’a servi qu’à casser les coûts par le dumping social. Jamais les coûts réels du transport n’y sont intégrés : coût humain (morts et blessés), social, environnemental, énergétique… le Grenelle de l’environnement a ouvert la boîte de Pandore, c’est la caverne d’Ali Baba, guidé par Picsou qu’il faut ouvrir.

Des élus locaux protestent contre les poids lourds au cœur de nos villes qui font courir des risques insensés à nos populations. Mais c’est la conséquence des choix politiques et financiers réalisés à Paris et Bruxelles.

Les cheminots manifesteront à Paris ce 22 janvier contre le plan fret SNCF, soutenu par le gouvernement et contre la remise en cause des acquis sociaux.

Pour en revenir à Rouen–Orléans, des projets d’aménagements pourraient donner consistance aux rêves nécessaires des élus sur la ville de demain. J’alerte sur l’irréversibilité que la pression financière pourrait exercer sur un mode de transport dont je ne doute pas de sa pertinence à l’instar des difficultés rencontrées pour rouvrir Rouen-Evreux. Il en va également de l’activité industrielle et portuaire de l’agglo. RFF a besoin d’argent, elle vend les bijoux de famille.

L’agglo va-t-elle saisir cette opportunité foncière sans lancer une réflexion de fond sur le rééquilibrage des modes de transport vers le fleuve et le fer ?

Concernant la ligne Paris-Rouen-le Havre, les élus unanimes doivent affirmer clairement leur volonté politique de reformater le tracé qui date de 1843 au cœur de l’agglo. Nous sommes la seule région qui s’éloigne de Paris et des grands pôles de développement. Il va falloir du volontarisme pour concrétiser la gare Saint Sever, trouver un itinéraire dans la configuration géographique de Rouen.

Il nous faut retrouver un cercle vertueux dans les financements des infrastructures de transport. Le mode ferroviaire aussi bien pour les marchandises que pour les voyageurs est la condition du développement économique et social de notre métropole, de notre région. »

Philippe JOUVIN

Légende de la photo : André Delestre à droite sur notre photo lors d’une journée formation du Cidefe-Normandie sur les contrats de projet État-Région en février 2007.

1 commentaire pour l’instant

jacques Publié le20 h 36 min - 5 février 2008

ce texte pose dans le débat sur les transports une nouvelle donne à la fois plus pragmatique devant l’urgence des problèmes à résoudre et surtout pose avec force des pistes pour assurer l’avenir à long terme. un débat citoyen dans cette campagne électorale qui a besoin de vigueur et qui ne sera pas clos après mars 2008