Intervention sur GDF au conseil municipal de Sotteville-lès-Rouen

Intervention sur GDF au conseil municipal de Sotteville-lès-Rouen

Conseil Municipal 12 octobre 2006 Question d’actualité / GDF Olivier CHRISTOL

Monsieur le Maire,

En décembre 2005, je vous avais interrogé sur la possibilité, voire la nécessité, de prendre un arrêté « anti-coupure d’électricité » pour les gens de bonne foi sur la commune de Sotteville-lès-Rouen.

Dans le débat, la question avait été élargie à l’énergie et la réponse que vous m’aviez apportée, Monsieur le Maire, se terminait ainsi : « Si toutefois les relations avec EDF-GDF venaient à se modifier, un arrêté pourrait alors être envisagé ».

Il me semble que la situation est sérieusement en train de se modifier.

Il y a deux ans, Sarkozy, alors Ministre des Finances a dit, à plusieurs reprises, à la représentation nationale, donc au peuple, la main sur le cœur, que jamais le capital de GDF détenu par l’Etat ne descendrait en dessous de 70%.

Cette ouverture de capital et son niveau étaient prévus par le somment de Barcelone en mars 2002 et cosignés par Messieurs Chirac et Jospin.

Monsieur Chirac déclarait le 19 mai 2004, en Conseil des ministres : « E.D.F. et Gaz de France sont des grands services publics. Elles le resteront, ce qui signifie qu’elles ne seront pas privatisées ».

On avait donc la parole de l’Etat.

Aujourd’hui, l’UMP présidée par le même Sarkozy, soutenant totalement le gouvernement, a voté à l’Assemblée Nationale en première lecture, pratiquement comme un seul homme, l’abaissement de ce taux à 34%.

C’est l’article 10 du Projet de loi relatif au secteur de l’énergie. J’en cite deux phrases :

  • Électricité de France et Gaz de France sont des sociétés anonymes. L’État détient plus de 70 % du capital d’Électricité de France et plus du tiers du capital de Gaz de France.
  • La liste annexée à la loi n° 93-923 du 19 juillet 1993 de privatisation est complétée par les mots : « Gaz de France SA ».

Depuis mardi 10 octobre, le texte sur la privatisation de GDF est examiné au Sénat.

Comme leurs collègues députés, les sénateurs de gauche s’opposent à ce texte.

Le voter, ce serait livrer l’énergie, qui n’est absolument pas une marchandise comme les autres, aux appétits des requins de la finance. L’énergie doit être soustraite à la logique du marché. C’est d’ailleurs pour cette raison que ce secteur a été nationalisé en 1946 sous l’impulsion, notamment, des communistes et de Marcel PAUL pour disait-il « en faire un instrument de la vie du Pays ».

Cette privatisation annoncée, c’est pour permettre aux actionnaires de Suez, après fusion, de voir leurs taux de profits se développer à un rythme à deux chiffres.

Mais au delà de l’aspect strictement financier de ce dossier, il s’agit d’une question d’indépendance de la France quant à son approvisionnement en énergie.

Sur cette question, le peuple doit exercer sa souveraineté.

C’est pourquoi, le groupe communiste au Sénat vient de déposer, avec d’autres, une « motion référendaire tendant à proposer au Président de la République de soumettre au référendum le projet de loi, adopté par l’Assemblée Nationale après déclaration d’urgence, relatif au secteur de l’énergie ».

L’objectif étant bien que le peuple français décide lui-même de l’avenir de l’entreprise publique.

Nous proposons donc d’opposer à cette fusion purement capitaliste, un pôle, un service 100% public de l’énergie regroupant EDF et GDF, qui « sera un outil efficace pour répondre à la nécessité d’une politique de développement socialement et écologiquement utile », comme le souligne l’appel unitaire des partis de gauche signé le 9 octobre.

Rappelons que EDF gère le parc de centrales nucléaires français et que ce secteur ne doit en aucun cas arriver dans les mains des capitalistes, ce qui aggraverait fortement les risques. Pour s’en convaincre, il suffit de voir ce qui s’est passé à Toulouse avec AZF en 2001.

Pour avancer dans cette démarche, nous serons dans les manifestations le 14 octobre 2006 aux côtés des usagers que je refuse d’appeler des clients, des salariés de GDF, mais aussi d’EDF et de leurs organisations syndicales.

Pour Rouen, cette manifestation aura lieu à 14 heures 30 cours Clémenceau.

Les communistes, leurs élus, oeuvrent pour la défaite de la droite et de sa politique néfaste lors des prochaines échéances électorales, pour faire reculer durablement une politique centrée uniquement sur la rentabilité financière et sur le profit.

C’est pourquoi nous proposons que la renationalisation d’EDF et de GDF soit parmi les premières mesures prises par un futur gouvernement réellement de gauche.

Ainsi, nous replaçons l’Homme, l’individu, et la satisfaction de ses besoins au centre de cette société nouvelle anti -libérale que nous voulons construire et dans laquelle il n’y aurait pas besoin de prendre des arrêtés anti-coupures.

Parallèlement à cette intervention, quel est, Monsieur le Maire, l’impact de la forte augmentation du prix du gaz (+25% en 2ans) liée déjà à l’ouverture du capital, sur nos concitoyens Sottevillais ?