Déclaration des élus communistes à propos des éoliennes

Déclaration des élus communistes à propos des éoliennes

Déclaration des élus communistes de la Région de Haute Normandie après l’annonce du gouvernement de lancer en mai prochain son premier appel d’offres éolien pour l’installation de 600 éoliennes en mer.

Le Président de la République vient d’annoncer la construction de 600 éoliennes en mer pour une production potentielle maximum de 3000 MW (compte tenu des aléas du vent, les aérogénérateurs ne « tournent » que 25% à 30% du temps. Il faut donc diviser par 3 ou 4 la puissance installée pour connaître la production annuelle réelle).

Trois zones maritimes sur cinq sont en Normandie :

  • Au Tréport, sur une surface de 110 km2, pour une puissance maximale de 750 MW
  • A Fécamp, sur une surface de 88km2, pour une puissance maximale de 500 MW
  • A Courseulles-sur-Mer, sur une surface de 77km2, pour une puissance maximale de 500MW.

Pour les Conseillers régionaux communistes de Haute-Normandie, l’éolien off shore a un potentiel important en terme énergétique mais doit respecter la sécurité des trafics maritimes, les zones nourricières et de reproduction des espèces, les zones de pêche.

L’existence de 5 projets de parcs éoliens entre St Nazaire et le Tréport, avec, sur ce dernier site, 141 aérogénérateurs de 5 MW sur un banc nourricier, pose question. Si les Conseillers régionaux communistes se prononcent pour le développement des énergies renouvelables, ils revendiquent des moyens financiers conséquents pour la recherche publique afin d’élargir le champ des possibles.

Le développement des énergies renouvelables ne peut se faire sans une planification écologique qui prenne en compte le global et le local. Les élus communistes refusent, en conséquence, toute installation anarchique, décidée par quelques-uns et proposent des choix concertés qui prennent en compte les possibilités réelles d’installation, sans nuisances ou répercussions négatives pour les populations.

L’implantation de 141 éoliennes au large des côtes du Tréport doit générer l’emploi de 1600 à 1900 salariés sur les 3 ans de la phase de construction. Précisons que ces emplois dépendront pour l’essentiel des entreprises qui auront les différents marchés (sur la base d’un appel d’offres européen du fait du montant du marché) sans qu’il y ait de véritables garanties d’emploi d’habitants de la région. En outre, ces emplois ont vocation à être temporaires, puisqu’ils sont liés à la durée de la construction. Quant aux emplois qui seraient créés pour l’entretien et la gestion du parc éoliens, ils s’élèveraient à 150.

L’activité de pêche, elle, représente (emplois directs et emplois induits) plus de 1000 postes de travail. L’activité touristique génère quant à elle plusieurs centaines d’emplois.

Les élus communistes s’interrogent également sur le prix de l’électricité.

L’objectif premier de la Compagnie du Vent, filiale de GDF-Suez, n’est pas la préservation de la planète par la production d’énergies renouvelables.

Le but recherché est la production d’électricité rachetée par EDF à des prix deux fois plus élevés que les coûts de production. La marge dégagée serait ainsi supérieure à l’investissement initial et s’élèverait à près de deux milliards d’euros.

Et ces profits seront pris dans la poche des usagers alors que le démantèlement d’EDF et la libéralisation des tarifs réglementés fait déjà exploser les factures d’électricité.

Les Conseillers régionaux communistes de Haute-Normandie réaffirment leur attachement à la diversification des modes de production d’électricité et au développement des énergies renouvelables qui constituent un enjeu essentiel pour l’avenir de la planète.

Même si le nucléaire reste aujourd’hui incontournable, les autres modes de production d’électricité doivent faire l’objet d’un vaste programme de recherche, d’expérimentation et de production, dans le cadre d’un pôle public de l’énergie, à l’échelle de notre pays, de l’Europe et du monde.