21 juin 2010 : Intervention de Céline Brulin

21 juin 2010 : Intervention de Céline Brulin

Service public régional de la Formation et Contrat d’accès à la qualification
Intervention de Céline Brulin.

Séance du 21 juin 2010

Nous nous félicitons de la volonté d’avancer dans la création d’un Service Public Régional de la formation professionnelle pour tenter de mettre cette activité à l’abri de la logique de marché si contradictoire avec les besoins et les enjeux en matière de formation.

La logique de concurrence, actuellement à l’œuvre dans la FPC, avec la nécessité de recourir aux appels d’offre, commencent à faire sentir ses conséquences :

  • elle est un frein à la concertation nécessaire pour faire remonter du terrain les besoins en matière de formation. Et pourtant, en cette période de grave crise, chacun sait qu’il est nécessaire d’être plus en prise encore que jamais avec les besoins des entreprises (peut-être) mais des salariés, au moins autant.
  • Elle conduit à rompre un équilibre patiemment construit entre les différents acteurs de la formation professionnelle continue. Je pense aux grands organismes publics que sont l’AFPA et le GRETA mais aussi à la multitude d’associations à but non lucratif qui a développé un véritable savoir-faire, notamment en direction des publics les plus éloignés de la qualification.
  • Elle met en péril les structures les plus fragiles, les contraignant à la précarisation de leur propre personnel alors qu’il est évident que des équipes stables, à même d’engager des projets dans la durée, sont plus performantes au regard des enjeux de formation.

Face à cette situation il est déterminant que notre collectivité se dote des outils nécessaires pour contre-carrer cette logique de mise en concurrence et qu’elle affiche sa volonté d’un partenariat privilégié avec les acteurs publics et associatifs, en les respectant, en étant à leur écoute, en nouant le dialogue.

Il faut par exemple entendre leur besoin d’agir sur le long terme en élargissant la possibilité de marchés triennaux et en assurant l’égalité et la transparence dans les critères.On relève certaines disparités entre agglomérations dans notre région que les acteurs ne s’expliquent pas… et nous non plus d’ailleurs.

Il faut que la commande régionale soit fidèle aux objectifs définis dans le plan régional de développement de la formation quand la pression se fait sentir d’apporter des réponses aux besoins à courts termes des entreprises, de la part d’un patronat qui voit trop souvent dans notre collectivité régionale un supplétif de ses propres besoins.

Il faut que le coût demeure un critère parmi d’autre, et seulement parmi d’autres, dans l’attribution des marchés. Et il faut se garder de tirer des bilans uniquement « comptables » des actions de formation.

Voilà les remarques d’ordre général que nous tenions à faire à cette nouvelle étape de la construction d’un service public régional de la formation professionnelle.

Pour ce qui concerne plus précisément les contrats d’accès à la qualification, nous en mesurons tout l’intérêt quand 11% de la population Haut-Normande est en situation d’illettrisme pour 9% au plan national.

Nous nous félicitons qu’une phase de concertation avec les partenaires soit envisagée, pour les raisons développées auparavant et nous vous proposons qu’elle soit élargie à l’ensemble des acteurs qui travaillent en direction de la jeunesse.Les missions locales, par exemple, ne semblent pas être associées pour l’instant.

Nous souhaitons que les partenaires associatifs soient particulièrement écoutés. Ils possèdent en effet un véritable savoir-faire en direction des personnes ayant le plus faible niveau de qualification mais ne sont pas forcément aujourd’hui en situation de répondre à l’exigence de couvrir l’ensemble du territoire haut-normand, et pas toujours à même de suivre la totalité du parcours des jeunes à qui nous souhaitons nous adresser.

Enfin, ce nouveau dispositif disposera-t-il de moyens financiers nouveaux ou d’un re-déploiement des crédits actuellement affectés à d’autres actions de formation ? C’est évidement une question essentielle.