21 juin 2010 : Intervention de Jean-Luc Lecomte

21 juin 2010 : Intervention de Jean-Luc Lecomte

Séance plénière du 21 juin 2010

Intervention de Jean-Luc Lecomte dans le débat de politique générale

Monsieur le Président,
Cher-e-s collègues,

Alors que le gouvernement prétend faire payer la crise du capitalisme à notre peuple, notamment en termes d’emploi, nous nous félicitons que la proposition que nous portons depuis plusieurs années de tenir des Assises régionales de l’industrie et de l’innovation se concrétise. Ces assises, organisées dans le courant du 2ème semestre 2010 s’inscrivent comme un temps fort du Contrat Régional de Développement Économique de la Haute-Normandie qu’il nous revient d’élaborer.

Les emplois de service ne sauraient remplacer les emplois industriels créateurs de richesse et le développement de l’emploi industriel dans notre région est pour nous une priorité. Nous ferons tout pour que cette initiative , qu’il convient de préparer avec audace et ambition, soit un moment fort de l’élaboration de notre politique régionale en matière de développement économique et d’emploi.

La formation professionnelle, en but aux inacceptables exigences du traité de Lisbonne sur l’adaptation des publics à l’économie, devra être au cœur de notre réflexion, avec la recherche permanente d’un équilibre entre les besoins des entreprises et la demande sociale. Une analyse fine de la situation actuelle de l’industrie régionale, filière par filière, nous paraît indispensable, d’autant que nous ne disposons aujourd’hui que d’une étude de l’INSEE datant de 2005 et qu’il est inutile de rappeler devant cette assemblée la dégradation intervenue ces dernières années.

Enfin, nous réaffirmons que ces assises doivent être des assises populaires réunissant, en rupture avec toute approche technocratique, les salariés des différentes branches, leurs organisations syndicales, les organisations patronales et les élus.

D’autant que dans l’automobile comme dans le papier carton, dans l’industrie pharmaceutique comme dans la filière verrière, la qualité des projets industriels élaborés par les organisations syndicales de salariés révèle toute l’intelligence du monde du travail.

Préparer les assises régionales de l’industrie c’est aussi, et peut être aujourd’hui d’abord, apporter un soutien sans réserve aux salariés de RENAULT, de GARDY, de GLAXO et aux salariés d’HENKEL à Louviers alors que le groupe vient d’annoncer la fermeture du site. Préparer les assises, c’est être aux côtés des salariés de SANOFI-AVANTIS qui contestent les choix purement financiers de leur direction et apporter un soutien sans réserve des élus régionaux aux salariés en lutte de Pôle emploi. Préparer les assises, c’est mobiliser toute notre énergie pour la sauvegarde de la papèterie M-REAL à Alizay dont les salariés, présents dans l’hémicycle, vivent une situation dramatique.

Permettez-moi de les saluer et de les féliciter, de féliciter leurs organisations syndicales et le collectif pour le maintien et le développement de l’emploi présidé par mon ami Gaëtan LEVITRE, Maire d’alizay et Conseiller Général communiste du canton de Pont de L’Arche.

Les féliciter pour un combat mené sans relâche depuis sept mois contre la fermeture de leur usine de pâte à papier et les 105 licenciements qui en découleraient. Monsieur le Président, mes cher-e-s collègues, agir pour l’emploi industriel, c’est bien sûr sauvegarder des emplois existants qui contribuent chaque jour à la richesse de notre région et du pays. Affirmons avec force notre détermination à nous opposer à la fermeture de cette unité de production qui priverait la nation de son dernier fabriquant de pâte à papier et rendrait les entreprises papetières françaises dépendantes de groupes étrangers.

Monsieur le Président, mes cher-e-s collègues, affirmons avec force notre opposition au plan de licenciement qui plongerait dans les plus grandes difficultés 105 familles et, très certainement, 400 familles demain. Comme le démontre l’étude financée par le Conseil Régional de Haute –Normandie et le Conseil général de l’Eure, la fabrication de pâte à papier est rentable. D’ailleurs, la pâte à papier se négocie aujourd’hui à 1 000 dollars la tonne.

Le projet industriel élaboré par les salariés et leurs organisations syndicales démontre également que les équipements actuels constituent une excellente base de diversification vers d’autres productions comme les biocarburants et l’énergie électrique à partir de la biomasse. Le 23 juin, le Tribunal de Grande Instance d’Évreux rendra son verdict sur le gel du plan social. Comme vous le voyez le temps presse !

Monsieur le Ministre de l’alimentation, de l’agriculture et de la pêche, l’heure n’est plus au bavardage et aux promesses dont vous n’avez pas été avare au cours de la dernière campagne électorale.
Il est grand temps d’agir !

Monsieur le Président de la République et Monsieur le Ministre de l’industrie ne doivent pas capituler devant les patrons finlandais de M-REAL. Ils doivent, sans attendre, intervenir auprès d’eux pour que le groupe ARJO WIGGINS, ou éventuellement le groupe PROCONSULT, puisse reprendre l’entreprise pour l’euro symbolique. L’État devra contribuer, si nécessaire, au développement de la filière industrielle papetière française par des aides financières, en recourant notamment au fonds stratégique d’investissement et aux fonds européens. Bien entendu, s’il reçoit des fonds publics, le repreneur devra s’engager à maintenir et à développer l’emploi sur le site et l’utilisation des fonds devra être contrôlée par les organisations syndicales des salariés.

Monsieur le Ministre, tenir des discours en faveur de l’emploi sur les marches de la mairie d’Ymare, à l’instar de votre ami De Villepin qui fait un boniment le week-end sur les vieilles recettes de la droite pour sortir de la crise, est somme toute chose facile.

Tenir ses promesses quand on appartient à un gouvernement au service exclusif des plus riches apparaît plus difficile. Les 1100 salariés licenciés de GLAXO à Évreux que vous avez abandonné à leur sort après un flot de promesses sont hélas là pour en témoigner. Les agriculteurs et les pêcheurs aussi !

Monsieur le Ministre, depuis la tribune de cet hémicycle, les salariés de M-REAL exigent des actes. La bataille pour l’emploi est intimement liée, avec celle des salaires, à la question des retraites. Les élus de notre groupe défilerons le 24 juin prochain aux cotés des salariés et de très nombreux Hauts-Normands pour le droit à la retraite à 60 ans avec les moyens de vivre. Ils y donnent rendez-vous à tous les collègues qui font résolument le choix de l’Homme face au pouvoir de la finance.