Les élus régionaux face à la crise

Les élus régionaux face à la crise

LES ELUS COMMUNISTES REGIONAUX A L’INITIATIVE SUR LES MESURES FACE A LA CRISE FINANCIERE ET LA SITUATION DE L’INDUSTRIE AUTOMOBILE NOTAMMENT RENAULT

Lors de la session du lundi 20 octobre les élus communistes régionaux ont eu l’occasion de s’exprimer sur plusieurs sujets brûlants d’actualité telles la crise financière qui n’épargne pas les collectivités locales, la situation de l’industrie automobile et particulièrement Renault ou encore les nouvelles menaces sur notre système de santé publique avec la loi Bachelot dite Hôpital, Patients, Santé, Territoires (HPST).

Ainsi, Claude LAINE, président du groupe a-t-il mis en exergue le lien étroit entre la crise financière et l’avenir incertain des finances des collectivités locales, non sans avoir souligné les responsabilités du gouvernement « … les collectivités locales et territoriales elles-mêmes sont menacées et on le constate déjà partout dans la préparation des budgets 2009 : les aventures récentes de DEXIA, sauvée de la faillite par l’injection de 3 milliards d’€ soulèvent de fortes inquiétudes dans les mairies. Tout impose, dans ces conditions, au pouvoir politique d’avoir le courage de décisions réellement innovantes pour, à la fois, stopper la crise, combattre le capitalisme financiarisé et entreprendre des réformes de fond pour dépasser pas seulement les difficultés actuelles, mais radicalement ce système intrinsèquement pervers… »

Véronique BLONDEL, conseillère régionale de la région du Havre – en contact permanent avec les salariés de Sandouville pour non seulement soutenir leur lutte, mais avec les députés communistes Daniel Paul et Jean-Paul Lecoq pour avancer des propositions concrètes pour pérenniser les emplois et le site – a fait une intervention remarquée sur la question, pointant là-aussi les responsabilités de l’Etat qui, plus, est actionnaire : « Si nous avons souhaité nous exprimer à cette séance plénière sur le dossier RENAULT, c’est en nous inquiétant des conséquences préoccupantes en termes d’emplois, d’industrialisation et de cohésion territoriale de notre région, qui découlent de la stratégie du constructeur. Il nous a paru nécessaire que se tienne un débat dans notre instance. Et nous nous félicitons, de ce point de vue, qu’il ait lieu. Renault, privilégie, en effet, une stratégie boursière répondant aux appétits des grands actionnaires. C’est un monde à l’envers. On détermine un niveau de rentabilité par une marge opérationnelle et on adapte ensuite une politique industrielle pour atteindre cet objectif. Les salariés ne sont plus qu’une variable d’ajustement. Le Gouvernement français, partage la logique libérale qui conduit aujourd’hui Renault à cette suppression massive de postes, comme elle l’a conduit hier à arrêter la production automobile à Vilvorde; comme elle l’a conduit à délocaliser des productions au Maroc, en Roumanie, en Russie, en Slovénie, en Turquie, en Inde, en Corée du Sud, et j’en passe… Avec la crise du système capitaliste, les difficultés que soulèvent aujourd’hui les choix du Groupe Renault sont l’occasion de mettre à plat les bases d’un nouveau système économique s’appuyant sur les besoins de production réels. Un nouveau système où le politique, garant de l’intérêt général, reprendrait la main… il est urgent de débattre et de s’unir pour dire stop à ce processus qui sacrifie les emplois et les sites industriels au détriment du dynamisme économique et social de notre région auquel nous sommes tous attachés(es). »

De son côté, Christian JUTEL, vice-président en charge des questions de santé fera remarquer pour sa part, à l’occasion de l’adoption du plan régional de formation des professionnels de santé, qu’« il serait pour le moins paradoxal que la Région assure la formation nécessaire et attendue de 5 000 étudiants en ce domaine alors que dans le même temps l’Etat, via l’ARH, pousse à la suppression d’emplois dans les hôpitaux publics pour raison d’équilibres budgétaires et s’apprête à faire pire encore à travers la loi HPST qui vient en discussion cette semaine à l’Assemblée Nationale ».

Notons enfin que les élus communistes régionaux ont obtenu la mise en place d’une commission d’enquête régionale sur l’industrie automobile et la tenue rapprochée d’un forum sous l’égide de la Région avec l’audition entre autres de toutes les parties concernées : représentants syndicaux des sites automobiles et équipementiers de la région, des directions d’entreprises dont celle de Renault, de l’Etat en tant que responsable de la politique industrielle, mais aussi actionnaire Renault, élus locaux concernés, etc. Cela permettrait ainsi de mettre sur la place publique la situation réelle des difficultés rencontrées, les solutions préconisées et éclairer aussi les collectivités sur la nécessité ou non d’apporter à nouveau des aides publiques à cette filière – certes fragilisée par la concurrence mondialisée – mais où des dividendes conséquents sont versés aux actionnaires.

Les interventions dans leurs versions intégrales sont en ligne sur ce site.