Boris LECOEUR et les élus communistes de Maromme votent contre le budget de D. Lamiray, le maire de Maromme depuis 2008, conseiller général socialiste.Il est marqué pour une part par l’ancrage à droite, pour une autre par les gâchis, et certainement pas par le choix d’une gauche combative.Tenu peu après le débat d’orientations budgétaires sur lequel notre groupe s’était longuement exprimé, le vote sur le budget 2010 est évidemment placé sous les mêmes auspices défavorables.
3 tendances lourdes s’y impriment
La première tient aux répercussions, tant pour les collectivités que pour les salariés, les habitants, de la crise grave dans laquelle le capitalisme a plongé notre pays et le monde une crise dont seule Christine Lagarde et les traders se croient sortis et qui ajoute ses effets au creusement inexorable des inégalités et aux injustices profondes qui lui préexistaient.
La seconde est dans l’hypothèque que fait peser sur l’avenir des budgets des collectivités en général et des communes en particulier la suppression de la Taxe Professionnelle remplacée, rappelons-le – si le projet aboutit- par une cotisation économique qui laisserait un trou de 7 milliards sur l’ensemble des recettes venant des entreprises.
La troisième est dans la déclinaison locale, par votre majorité, d’une politique qui pour une part va au devant des désideratas sarkozistes, qui ne répond pas aux urgences de l’heure, et qui de surcroît gaspille une partie des atouts dont Maromme s’était dotée.
« Des informations manquantes pour la clarté du débat ; la confirmation des effets négatifs de décisions contestables ; des abandons tragiques et un manque de souffle voila qui n’augure guère un budget 2010 conforme à celui que les Marommais seraient en droit d’attendre. » Telles étaient nos conclusions lors du débat d’orientations du 30 novembre, les documents envoyés pour ce conseil le confirment malheureusement.
La mise en parallèle de deux chiffres résume le sens de votre politique, ils sont pour une part tirés de la page 69 du document (analyse croisée par fonction des dépenses de fonctionnement) les membres de la commission des finances ont le document permettant la comparaison avec 2009. Quelles sont les évolutions de ce budget de fonctionnement ?
Dans une situation où le chômage s’intensifie, où la précarité fait des ravages, où de nombreuses familles sont plongées dans les difficultés de toutes nature, les dépenses de la fonction 5 « intervention sociale et santé » passent de 461 409 euros à 404825 une baisse de plus de 12 %. Vous taillez à la hache. Nous en savons les causes qui seront pour une part traitées dans les délibérations 5 et 13 les chiffres n’en restent pas moins là. La fonction 7 « logement » subit le même sort passant de 74 243 à 63 741 euros diminution moins prononcée mais diminution quand même pour la 6 « famille ». Intervention sociale, logement, famille, voilà les sacrifiés. La majorité départementale derrière laquelle vous vous cachez pour courir après une caution de gauche qui vous fait défaut a, dans un contexte financier autrement plus délicat, eu d’autres choix plus conséquents. La fonction sécurité continue elle d’exploser passant de 138 465 à 253 413 euros, des dépenses qui sont presque doublées, elles auront même été multipliées par 5 en 2 ans si l’on se réfère au compte administratif 2008. Moins 12 % d’un côté + 85% de l’autre. Quand le Président Sarkozy, porteur de la politique que l’on sait, choisit de réanimer le thème sécuritaire à quelques mois d’une échéance électorale voilà, pour reprendre le vocabulaire que vous vous plaisez à emprunter, un « signe fort ». Il ne vous reste plus qu’à lancer un débat sur l’identité nationale et la boucle sera bouclée.
Nous nous sommes, je crois, largement exprimés sur les perspectives du budget d’investissement. La rue Dumont d’Urville enfin réaménagée (un projet de 2007 mais un cadeau contestable au bailleur Logirep ) la confirmation de l’abandon du projet de médiathèque dans le quartier de Binche.
Nous avions dénoncé l’absence de certaines informations lors du débat d’orientations, mais nous étions encore en dessous de la réalité. Sur les évolutions de dépenses en matière de dépenses de personnel nous avions pointé la langue de bois et l’absence de clarté (verso de la p 98 du PV adopté en début de séance) Ainsi les fortes diminutions des dépenses sociales et de logement citées tout à l’heure n’étaient pas annoncées en débat d’orientations. Le summum en matière de dépenses d’investissement c’est que les membres du Conseil découvrent aujourd’hui p 52 une ligne de 500 000 euros – excusez du peu- pour le réaménagement de l’ancienne mairie. On a amusé les membres du Conseil en tenant le débat d’orientation sur des actions qui représentent 13 000 euros (l’acquisition de défibrilateurs, aussi légitime qu’elle soit) et en ne leur soufflant mot de ces 500 000 euros.
Côté recettes nous savons quelles inquiétudes on peut nourrir sur les effets des décisions du chef de l’Etat qui créent des remous jusque dans ses rangs. Ayons à l’esprit qu’une part importante des ressources communautaires vient de la Taxe Professionnelle, c’est ce qui permet à la dotation de solidarité communautaire de progresser de 152 000 euros. Loin de la supprimer comme l’a annoncé Sarkozy il faudrait au contraire en étendre l’assiette aux actifs financiers comme nous ne cessons de le demander.
En organisant le transfert de charges de l’Etat sur la Commune comme vous l’avez fait, non seulement vous allez à l’opposé du combat actuel de la gauche contre les orientations gouvernementales mais de plus vous gaspillez près du double de cette apport de l’agglo. Robin des Bois prenait aux riches pour donner aux pauvres, vous prenez à l’agglo et vous donnez à sarko.
Vos inconséquences, vos décisions douteuses et vos gaspillages sont d’autant plus regrettables que vous gâchez les opportunités de la situation saine que 3 décennies de gestion de gauche avaient laissée et qui permettent encore d’échapper – mais pour combien de temps- aux effets les plus pernicieux des décisions gouvernementales, j’en veux pour preuve l’excédent du budget annexe des locaux industriels.
Vous tablez sur des recettes fiscales en hausse de 212 000 euros ( de 5 076 150 à 5 228 ) soit 4 % alors que le débat d’orientations faisait état de 2 % d’augmentation des bases, d’où proviendront les 2 % supplémentaires ?
Nous avons dit lors du dernier conseil en refusant votre marchandage, que notre liberté de parole et de vote n’était pas à vendre. Conformément à nos valeurs nous voterons contre un budget marqué pour une part par l’ancrage à droite, pour une autre par les gâchis, et certainement pas par le choix d’une gauche combative.
NDLR: fallait il s’attendre à autre chose? Les marommais jugeront!
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