L’encadrement sanitaire de la Haute-Normandie est notoirement insuffisant. Tout le monde le reconnaît et chaque année, le retard se creuse.
Les propositions budgétaires examinées fin avril par les C.A des hôpitaux publics à travers les EPRD (Etats Prévisionnels des Recettes et Dépenses) qui leur étaient soumis ne fait apparaître aucune amélioration. » Rattrapage » est un mot inconnu, l’objectif principal de ces documents n’est à l’évidence pas d’ordre sanitaire : la priorité est comptable, et le » retour à l’équilibre » en est le maître mot, il est au cœur de la relation contractuelle entre les hôpitaux et l’Agence Régional de l’hospitalisation.
Qu’on le veuille ou non (car la compétence et la conscience professionnelle des équipes de santé n’est pas en cause) c’est la qualité de soins et donc les malades, qui feront les frais de cette opération, avec les Personnels.
Ainsi au CHU de Rouen, la part » d’économies » réalisées sur les dépenses de personnel, dans un plan global de 4 M€ est de 3,2 millions. Portant sur 111,5 postes (E.T.P : équivalents temps plein en langage technique) supprimés dans des opérations touchant en priorité le personnel soignant (72 ETP) autrement dit infirmiers et aides-soignants.
Si l’on ajoute les augmentations tarifaires et celle de la pratique de la tarification à l’acte on prend la mesure de la menace : inacceptable Nous n’avons pas voté cela.
Plus que jamais l’avenir de l’hôpital public est en question, face au privé, comme l’est celui de l’avenir de l’égalité de tous devant l’accès aux soins.
C’est un enjeu politique majeur. Il nécessitera dans la prochaine période de grandes mobilisations.
Claude Lainé
Conseiller régional
Membre du conseil d’administration du CHU
Laisser un commentaire