REVISION GENERALE DES POLITIQUES PUBLIQUES! Daniel PAUL député de Seine Maritime

REVISION GENERALE DES POLITIQUES PUBLIQUES! Daniel PAUL député de Seine Maritime

fait le point. un bilan sur les moins qui traduit un recul significatif de l’action publique! Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, Au bout de 4 ans de majorité de droite, il est utile d’examiner votre bilan, comme, par exemple, celui qui touche aux services publics. – Moins 178 Tribunaux d’Instance, – Moins 55 Tribunaux de Commerce, – Moins 62 Conseils des Prud’hommes, – Moins 2 Tribunaux de Grande Instance, – Moins 60 établissements pénitentiaires, – Moins 180 blocs opératoires, – Moins 10 000 postes dans les hôpitaux en 2009, dont près de 5000 personnels soignants, – Moins 4.000 policiers, – Moins 40 centres territoriaux de Météo France, – Moins 542 emplois dans la sécurité sanitaire de l’alimentation, – Moins 65 000 postes d’enseignants entre 2007 et 2011, – Moins 10 laboratoires de qualification biologique (sur 14) touchant les dons de sang, – 4000 emplois menacés au CNRS… Cet inventaire, non exhaustif, est certes, moins poétique que celui de Prévert. Mais, c’est votre bilan, celui de la Révision Générale des Politiques Publiques, que d’aucuns nomment Restriction Générale des Politiques Publiques. Et tout cela au nom de la « modernisation » et de la « réforme » dans notre pays. Oui, notre pays a besoin de réformes. La France compte 2 millions de travailleurs pauvres. 1 salarié sur 4 gagne moins de 750 euros par mois. 8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, dont près d’un million de retraités. La précarité énergétique touche 3,4 millions de personnes. Alors, oui, il y a besoin de réformes pour plus d’égalité et de justice sociale dans notre pays. Mais la RGPP ne remet pas en cause, au contraire, cette situation inacceptable ! Et je dis bien, au contraire, car en éloignant les services publics, elle pénalise surtout ceux qui ont le plus besoin d’eux. M. le Ministre du Budget affirme qu’il est temps de « tourner le dos à la culture de la dépense ». Tout d’abord, soyons clairs : nous souscrivons pleinement au principe selon lequel chaque euro doit être utilisé efficacement, en ayant toujours en tête l’intérêt général. Mais, il y a des dépenses utiles, celles qui préparent l’avenir, celles qui confortent le lien social et il y a des dépenses inutiles, celles qui nourrissent les bas de laine des nantis et creusent les inégalités. Chaque choix est porteur d’une vision différente de la société et du rôle de l’Etat. La volonté de la droite et du MEDEF de mettre en cause le secteur public n’est pas nouvelle. A l’instar de Mme THATCHER et de M. REAGAN, des idéologues libéraux français ont aussi préconisé cette démarche. Vous l’avez mise en œuvre dès votre arrivée, avec l’objectif de supprimer 400 000 emplois dans le secteur public, de 2007 à 2013. Les prétextes officiels ? La politique libérale européenne et la réduction du déficit public. Pourtant, la Cour des Comptes vient d’indiquer que le déficit budgétaire actuel, est dû, pour 1/3 à la crise économique et financière et pour 2/3 aux cadeaux fiscaux et aux niches qui nourrissent les plus riches. Mais en réalité, pour des raisons idéologiques, la droite la plus libérale et le MEDEF n’ont jamais accepté que le secteur public puisse afficher son efficacité et même sa supériorité face au privé. L’histoire sociale et économique depuis la Libération est éloquente à ce sujet ! Concrètement, votre politique a un double effet : – elle réduit les services publics, avec des effets dévastateurs en matière de qualité de services à la population, d’égalité d’accès des citoyens, de conditions de travail et de statut des agents. – elle privatise des missions ce qui répond, par exemple, aux demandes des cliniques à but lucratif qui veulent faire main basse sur les missions stratégiques qui relevaient des hôpitaux. On ne supprime pas des postes de policiers et de gendarmes sans toucher à la sécurité; on ne réduit pas les postes dans les CAF sans impact pour les usagers ; on ne ferme pas des bureaux de poste ou des services hospitaliers sans risques, comme le montrent plusieurs exemples récents. Ainsi, M. CHATEL, ministre de l’Education Nationale, a reconnu que 150 000 jeunes quittent, en échec, le système scolaire. Or, si vous prônez les vertus de l’accompagnement scolaire personnalisé et des stages de rattrapage pour soutenir les élèves les plus en difficulté, c’est pour les mettre à la charge des parents et/ou des collectivités, tout en maintenant la suppression de 16 000 postes en septembre et en suggérant le recours au « Pôle Emploi » pour trouver des enseignants. Alors, oui, il faut dresser le bilan de cette politique, de ce qu’elle coûte à nos concitoyens, à notre pays. Il faut entendre tous ceux qui refusent et dénoncent la mise en cause des principes fondateurs de notre pacte républicain. Et il faut que la Gauche redonne tout son sens à un secteur public rénové et élargi, afin qu’en France, comme en Europe, la perspective ne soit pas la loi du marché, la concurrence libre et non faussée, les privatisations de ce qui rapporte, synonymes d’appauvrissement et d’inégalités accrues entre les habitants et les territoires.((/public/2339.jpg|2339.jpg||2339.jpg, janv. 2011))