sensible aux appels des milieux patronaux ou conservateurs, le président reste sourd à la colère larvée qui parcourt le pays. La chronique des fermetures d’usines et des vagues de licenciements est quotidienne. Le pouvoir d’achat a diminué au quatrième trimestre. La perspective de vivre plus mal demain qu’aujourd’hui se précise. Les sondages ne disent pas tout mais ils disent beaucoup. L’effondrement de la popularité de François Hollande et de l’exécutif traduit une déception considérable. 
Les Français aspirent toujours à ce que les années qui viennent ne soient pas du temps perdu pour eux et leurs proches. Sans doute la petite musique du renoncement qui leur est jouée par trop d’instruments peut-elle endormir des résolutions. Mais l’appétit de changement demeure. L’espérance de plus de justice et d’égalité persiste, prête à donner de nouveaux élans. L’attachement au modèle social français reste un moteur puissant.
Une gauche bien à gauche s’est donné pour tâche de construire sans délai des rassemblements majoritaires qui permettent d’arracher des transformations, de faire reculer les ravages des politiques d’austérité, d’unir pour que le pouvoir quitte les mains des seigneurs du CAC 40. Ce chemin qu’il nous faut le construire ensemble est le meilleur pour ne pas se condamner à attendre ou à redouter le pire.