Le majorité municipale a proposé lors du dernier Conseil municipal la fusion de plusieurs établissements scolaires (voir le dossier préparatoire) :
-
Les écoles élémentaires Valmy 1 et 2 ;
-
Les écoles élémentaires Bouchor 1 et 2 ;
-
Les écoles maternelles Ferdinand Buisson et Paul et Virginie.
Le groupe Le Havre à cœur s’est opposé à cette proposition, dont les seules motivations sont comptables, au détriment des intérêts pédagogiques. Nathalie Nail s’en est expliqué dans son intervention.
Monsieur le Maire ,
Nous voterons contre cette fusion d’école, car nous sommes contre. Sous couvert de « renforcer les dynamiques d’équipes ainsi que la cohérence de projet d’écoles » comme c’est si bien écrit dans la délibération, la motivation profonde, et cachée, d’une fusion d’écoles, est bel et bien la question des postes : puisque c’est un des « leviers » pour en récupérer…
Il n’y aucun intérêt à favoriser les fusions, bien au contraire, souvent une fusion signifie une fermeture puis une deuxième,
Si le recours à la fusion d’écoles peut sembler présenter des avantages, c’est surtout un danger à plus ou moins court terme, car bien souvent, la fusion conduit, par effet de globalisation des effectifs, à la fermeture de classe.
Et, surtout, le plus gros problème des fusions, c’est aussi remise en cause de la spécificité de l’école maternelle…
La fusion, c’est une technique de gestion, pour réaliser une économie d’échelle.
Certes, le maintien des petites structures est coûteux, en terme de P/E (c’est-à-dire le rapport Prof/Elèves), de décharge de direction, d’indemnité de direction…).
Ainsi, fusionner des écoles permet de créer de grosses structures scolaires et, à terme, de fermer plus facilement des classes. En effet, les fermetures de classes sont bien plus difficiles à faire sur les petites structures…
Voilà pour le quantitatif. Mais du point de vue qualitatif, et j’ai eu l’occasion ici de le dire de nombreuses fois, ces grosses structures scolaires engendrent des souffrances chez les enfants qui n’auront pas de bonnes conditions de travail
Non nous ne sommes pas favorables au fait que les enfants commencent leur vie d’élève dans des structures de la taille d’un collège.
Mais peut être que l’enjeu est ailleurs…
Depuis longtemps traîne dans les têtes l’idée d’avoir de « vrais » directeurs, réputés «disponibles », des « animateurs d’équipes », des « managers » qui organisent et gèrent leurs établissements…. ce que les directeurs actuels ne seraient pas. La mise en place des rythmes scolaires est d’ailleurs un prétexte à globaliser là où il faudrait au contraire « faire de la dentelle ».
Ces pratiques sont évidemment dans l’air du temps, très pro-MÉDEF et conforme à votre logique libérale qui n’a comme objectif que la rentabilité, à laquelle, selon votre dogme, l’école n’échapperait pas.
Alors, que vous vous entendiez avec le gouvernement pour ce genre d’opérations ne nous étonne guère, car en terme de solution à la crise; vous avez les mêmes méthodes d’austérité aussi inefficaces les unes que les autres, avec plus ou moins d’ampleur, selon que l’on soit pro-Juppé… ou pro-valls !
Cette publication est issue du site L'opposition municipale au Havre avec Nathalie Nail.
Voir la publication originale : Non aux fusions d’écoles !