Non à la libéralisation du service public ferroviaire !

Non à la libéralisation du service public ferroviaire !

Lors du dernier Conseil municipal, le groupe Le Havre à cœur a déposé un vœu afin de s’opposer à la libéralisation du service public ferroviaire, qui entraîne la dégradation de la qualité du service, notamment au départ et à destination de notre ville.

La commission Parlementaire sur l’avenir des Trains d’Equilibre du Territoire conduite par le député Philippe Duron, vient de rendre ses conclusions et ses propositions d’orientations.

Dans la continuité d’une réforme ferroviaire non financée et porteuse de profondes régressions pour l’avenir du service public ferroviaire, le gouvernement et la direction de la SNCF annonce vouloir supprimer 23 des 35 lieux de départ et d’arrivée de ces trains sur l’ensemble du territoire.

Et alors qu’aujourd’hui quotidiennement, 27 trains font la liaison directe Le Havre-Paris sur cette ligne, la direction de la SNCF propose que celle-ci soit réduite à 8.

La perte de ces liaisons serait compensée par des TER entre Rouen et Le Havre avec des correspondances à Rouen pour pouvoir rejoindre Paris, ce qui n’est pas satisfaisant.

Ces trains d’utilité publique sont pourtant indispensables au maintien de l’égalité territoriale républicaine.

Le conseil municipal, en sa séance du 13 avril, demande au Président de la SNCF la tenue d’une table ronde avec l’ensemble des partenaires concernés, dont les représentants syndicaux et les représentants des usagers, pour demander à minima le maintien, voir le développement de l’offre ferroviaire actuelle entre Paris et Le Havre.

 

Suite à la présentation du vœux, Nathalie Nail a pris la parole afin d’expliquer sa raison d’être et de rappeler l’attachement des élus du groupe au service public ferroviaire.

Monsieur le Maire,

 Je vous interpelle une nouvelle fois par rapport à l’avenir de l’offre ferroviaire dans notre ville. La commission Parlementaire sur l’avenir des Trains d’Equilibre du Territoire conduite par le député Philippe Duron vient de faire des propositions extrêmement inquiétantes pour les usagers Havrais de la SNCF.

Les 1ers éléments de cette commission que nous avons pu nous procurer attestent d’une attaque d’une rare gravité pour les usagers du service public ferroviaire.

Dans la continuité d’une réforme ferroviaire non financée et porteuse de profondes régressions pour l’avenir du service public ferroviaire, le gouvernement et la direction de la SNCF annonce vouloir supprimer 23 des 35 lieux de départ et d’arrivée de ces trains sur l’ensemble du territoire.

Si notre ville n’est pas concernée par la suppression de ces lieux, elle est en revanche percutée de plein fouet par la réduction drastique de l’offre ferroviaire entre Le Havre et Paris, rendant plus compliqué l’utilisation de ce mode de transport pour les usagers Havrais.

En effet, alors qu’aujourd’hui quotidiennement, 27 trains font la liaison directe sur cette ligne, la direction de la SNCF propose – par la voix d’Alain LEVERN- que celle-ci soit réduite à 8. Oui vous entendez bien 8 trains par jour entre Paris et Le Havre au lieu de 27.

La perte de ces liaisons serait compensée par des TER entre Rouen et Le Havre avec des correspondances à Rouen pour pouvoir rejoindre Paris.

Cette proposition est totalement inacceptable et incohérente.

Cette logique est établie au nom d’un dogme économique qui ne prend en compte ni les besoins des populations ni l’aménagement du territoire, et encore moins les  questions environnementales en cette année de la «COP 21».

Ces trains d’utilité publique sont indispensables au maintien de l’égalité républicaine mais des évolutions sont aussi nécessaires pour rendre ces circulations ferroviaires utiles, accessibles et attractives.

La SNCF a une obligation de service public. Le gouvernement ne peut pas sacrifier ces Trains d’Intérêt National sur l’autel de l’austérité dans une réflexion qui touche au fanatisme libéral.

Notre Conseil Municipal doit réagir avec force afin d’empêcher que cette situation n’arrive.

Je connais votre attachement à la bonne tenue de la liaison ferroviaire entre Le Havre et Paris, j’ai encore en mémoire le courrier que vous avez adressé à Monsieur Pepy, Président de la SNCF  pour demander des investissements sur cette ligne. Je souhaite cependant vous dire que je trouve votre position pour le moins étonnante. En effet, vos parlementaires européens ont voté l’ensemble des paquets ferroviaires européens qui ont conduit à cette situation dégradée. Vous-même, vous vous êtes opposés à la réforme ferroviaire car à votre sens, elle n’allait pas assez loin dans la libéralisation du service public ferroviaire.

Vous le savez très bien, le savoir-faire des agents de la SNCF pour la maintenance du réseau ferroviaire, pour la circulation des trains, est inégalé. Votre position et celle du gouvernement crée aujourd’hui les conditions de cette dégradation du réseau ferré national, et notamment de la ligne Paris Rouen Le Havre.

Je vous invite donc à réviser votre position sur la libéralisation du service public ferroviaire et à porter ce vœu qui va dans l’intérêt de la défense de notre territoire et de celle des usagers Havrais de la SNCF, en demandant une rencontre au Président de la SNCF, dans laquelle il conviendra que tous les partenaires conviés fassent entendre que le développement de la SNCF – argument si cher à Mr Pepy, passe inconditionnellement par le développement du fret et du transport en direction et au départ de notre ville.

Cette publication est issue du site L'opposition municipale au Havre avec Nathalie Nail.
Voir la publication originale : Non à la libéralisation du service public ferroviaire !

Nathalie Nail

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