Hébergement d’urgence : c’est quand qu’on va où ?

Hébergement d’urgence : c’est quand qu’on va où ?

Explique-moi, Papa,
C’est quand qu’on va où ?
Telle est la question que doivent se poser les enfants Roms, qui, contrairement à l’enfant de la chanson, n’ont qu’un seul souhait : trouver une solution d’hébergement pérenne pour pouvoir aller à l’école comme les autres.

Alors que plus d’une centaine de Roms, dont des familles avec des enfants, ont été expulsé de leur squat il y a maintenant une semaine, Nathalie Nail a profité d’une délibération sur le logement lors du Conseil communautaire pour interpeller les élus de la CODAH sur la situation de l’hébergement d’urgence au Havre.

Cette intervention a eu un échos particulier puisque les membres du collectif « Hébergement, l’urgence, c’est maintenant » ont envahi le conseil pour demander aux élus d’agir sans plus attendre.

Monsieur le Président,

Je voudrais à l’occasion de l’ensemble de ces délibérations sur le logement évoquer ici la situation de l’hébergement d’urgence…

L’exclusion touche de plus en plus de personnes dans notre agglomération, pour autant malgré une aide de l’ensemble des  pouvoirs publics  ces dernières années, le dispositif d’hébergement d’urgence sur notre agglomération reste clairement inadapté et saturé en permanence.

Inadapté, car l’exclusion s’amplifie, et les politiques d’austérités des gouvernements successifs n’y sont pas étrangères, et par ailleurs le public concerné  est en évolution permanente : familles modestes expulsées sans relogement ou qui partent d’elles-mêmes de leur logement comme nous venons de le constater à la veille de la trêve hivernale, de nombreux sans-logis et/ou mal logés,  des familles dorment dans les rues au mieux dans leur voiture, ou un garage,  d’autres sont contraintes d’errer dans la ville après avoir quitté leur logement d’urgence dès le matin pour parfois le retrouver le soir.

Et je voudrais évoquer aussi  la situation des Roms, à propos desquels le Président Hollande disait en Mars 2012,  «  on ne peut accepter que des familles soient chassées d’un endroit sans solution ».

Force est de constater que ces familles se sont implantées au Havre depuis maintenant presque 2 ans. Elles viennent d’être à nouveau expulser de leur camp de fortune, et plusieurs familles passent la nuit dehors depuis ce weekend et le 115 n’est évidemment pas en mesure de répondre à leur demande d’hébergement d’urgence.
Les situations de ces familles sont connues, les tenants et les aboutissants clairement établis, et cela n’a que trop duré. Aujourd’hui, les preuves attestant de leur désir d’insertion sont là : apprentissage du français, scolarisation des enfants, recherche active d’un emploi,…

Il est du devoir de la République de ne pas abandonner les enfants, ni leur famille. Ainsi, je vous serai gré de bien vouloir répondre positivement à la demande des associations qui se dépensent sans compter pour trouver une solution, et que vous les rencontriez afin qu’une solution stable soit trouvée.

Je sais Monsieur le Président, que cette situation est du ressort de l’État, mais arrêtons de rejeter le problème sur l’État qui ne le règle pas et essayons que d’un problème nous en fassions une force sinon on n’avancera pas !

Être élus de la République, c’est être responsable et honorer ses valeurs ! car pendant que ce spectacle d’expulsions à répétition, s’offre à nos concitoyens, on contribue à attiser les haines et on porte gravement atteinte à la démocratie pour demain…
Alors cherchons ensemble des solutions pérennes et dignes à même de répondre d’urgence aux besoins vitaux d’hébergement.

Pour ces familles mais aussi toutes celles qui n’ont pas de toit il y a urgence à mettre en place un dispositif d’agglomération, associant l’ensemble des collectivités et des représentants des associations en charge de cette problématique, et dans les meilleurs délais des solutions doivent être trouvées.

Cette publication est issue du site L'opposition municipale au Havre avec Nathalie Nail.
Voir la publication originale : Hébergement d’urgence : c’est quand qu’on va où ?

Nathalie Nail

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