Rythmes scolaires : quand la confusion cache l’injustice

Rythmes scolaires : quand la confusion cache l’injustice

Les modalités d’organisation de l’accueil péri-scolaire au Havre ont été votés hier par le Conseil municipal du Havre. Les familles intéressées auront le choix entre trois formules. La première d’entre-elle consistera en une simple garderie ludique permettant aux parents de venir chercher leurs enfants lorsque cela les arrange et ce jusqu’à 18h30. La deuxième sera davantage éducative puisqu’il s’agira en fait d’études surveillées pendant lesquelles les enfants pourront faire leurs devoirs en attendant l’arrivée de leurs parents, ce jusqu’à 17h30 et non 18h30. Enfin, la dernière prendra la forme d’« ateliers découvertes » dont le contenu n’a pas encore été véritablement précisé.

En ce qui concerne le coût, les familles seront amenées à débourser 11 euros par semaine en moyenne, soit entre 100 et 150 euros par mois.

Les élus du groupe « Le Havre à cœur » se sont prononcés contre cette délibération, ainsi que l’a expliqué Nathalie Nail dans une intervention précédant le vote. Elle y dénonce en particulier la privatisation rampante de l’école qui se traduit par la fin de la gratuité du temps scolaire et de ce fait par une rupture de l’égalité républicaine qui devrait pourtant être au centre des préoccupations du gouvernement comme de la municipalité.

Monsieur le Maire,

Nous voterons contre cette délibération, d’abord parce que nous nous sommes toujours prononcés pour la gratuité du dispositif. Cette organisation est du ressort du service public, il doit rester public pour éviter toutes les dérives ; le rendre payant sur les heures de cours actuelles revient à privatiser une partie de l’enseignement.

Avec les tarifs proposés là, cela fera en moyenne pour les familles 11 euros la semaine pour le péri-scolaire… Et puis, quelle équité entre ceux qui ont les moyens et ceux qui n’en ont pas ?

Quand vous en êtes réduits à choisir chaque mois quelle facture régler entre le loyer ou l’électricité et à économiser le moindre euro pour nourrir ses enfants, le  choix de ne pas mettre son enfant au périscolaire est tout de suite fait.

Vous nous dites que cette réforme a un coût ; je reconnais les carences du gouvernement dans la manœuvre – et il n’y a pas que là d’ailleurs ! Mais je ne voudrais pas vous exonérer de toute responsabilité car combien d’économies ont été réalisées quand en 18 ans vous avez fermés 18 écoles ?

En outre, lorsque le samedi matin a été supprimé… Souvenez-vous ! Si nous en sommes là, c’est d’abord et avant tout parce qu’il y a eu des décisions brutales et irresponsables du gouvernement UMP que vous souteniez !

Je note au passage que la délibération 48 nous a montré que lorsque vous le vouliez vous saviez trouver l’argent dans le budget…

Et puis non, Monsieur le Maire, pour nous l’éducation n’est pas une marchandise. L’éducation et la réussite de nos enfants, c’est notre avenir, c’est l’avenir d’un pays, il faut donc se donner les moyens.

Par ailleurs, nous avions demandé les résultats de la concertation dans le détail… nous attendons encore. Une concertation, certes, que vous avez menée, mais sans qu’aucun spécialiste de la question ne puisse donner les tenants et les aboutissants de l’importance des rythmes scolaires aux parents pour qu’ils se fassent un avis éclairé sur la question.

Enfin, il y a encore trop d’interrogations sur le dispositif :

Vous parlez d’accueil ludique le matin pour les petites sections mais les moins de trois ans ne peuvent en bénéficier…
De plus, de quelles activités culturelles, artistiques ou sportives voulez-vous parler ? Nous ne savons pas.
Et quelles sont les garanties que le service apporté aux familles sera le même que l’on habite en Centre-Villle ou au Bois-de-Bléville ? Aucune !

Nous voterons contre cette délibération.

Cette publication est issue du site L'opposition municipale au Havre avec Nathalie Nail.
Voir la publication originale : Rythmes scolaires : quand la confusion cache l’injustice

Nathalie Nail

Les commentaires sont fermés.