Archive dans 30 mai 2015

La Sécu: un enjeu majeur. Daniel Paul député honoraire.dans,ivre opinion du Havre libre de ce jour.

La sécu a 70 ans. Depuis 1945, elle est la cible du patronat et de la droite qui n’ont jamais accepté cette conquête sociale. Jamais accepté que son budget – supérieur à celui de l’État – échappe aux financiers. Jamais accepté les cotisations patronales.
Ils exigent des exonérations de cotisations. L’efficacité de ces exonérations est contestée, mais le budget de l’État les compense par milliards d’euros. Quant au travail au noir et au système du détachement de salariés européens, ils tuent l’emploi et volent des recettes à la sécu.
Or, baisser les recettes, c’est réduire la sécu à un « service minimum», avec une sélection des risques à sa charge. c,est élargir la part des « complémentaires », avec des cotisations dépendant de l’âge, de la santé, etc. et donc une protection « à la carte », inégalitaire face aux défis majeurs de la dépendance, du devenir de l’hôpital, de la densité médicale, etc.
Des alternatives existent : moduler les cotisations patronales selon les politiques d’emploi, faire cotiser les revenus financiers des entreprises… Mais cela passe par une large mobilisation pour défendre les valeurs de solidarité et ouvrir un nouvel âge pour la Sécurité sociale.
Daniel PAUL,
Député honoraire

Le soutien de Sébastien JUMEL aux enseignants en grève.

Le maire communiste de Dieppe, Sébastien Jumel, a apporté hier son soutien aux enseignants en grève contre la réforme des collèges. Pour lui, cette réforme « n’est pas à la hauteur des enjeux d’un collège unique repensé pour répondre au besoin d’une égalité réelle des chances et de la réussite. Indiscutablement, le collège a besoin d’une réforme progressiste ».
« Notre pays a besoin d’un collège qui offre à chaque élève les moyens de la réussite scolaire et plus largement éducative et citoyenne. Il a besoin d’une scolarité obligatoire et gratuite portée à 18 ans. Il a besoin que l’école de la République redonne espoir aux parents et enfants de tous les milieux et soit à nouveau facteur d’ascenseur social. Il a besoin de mixité sociale jusque dans chaque classe. Il a besoin d’une égalité territoriale dans un cadre national, ce que met à mal l’autonomie des établissements prévue par le projet gouvernemental. Il a besoin de nouveaux droits pour les collégiens : droit à la mobilité avec des transports gratuits, droit au numérique avec l’équipement de tablettes et ordinateurs portables. Le collège a besoin, comme l’ensemble du système éducatif, de moyens, à commencer par les moyens humains pour que les enseignants accompagnent chaque élève, innovent dans leurs pratiques, travaillent ensemble et mettent à jour leurs connaissances. Cela passe par la sortie d’un système d’austérité et de gestion comptable », estime Sébastien Jumel.

Une école ambitieuse pour tous.. Libre opinion dans le Havre Libre de ce jour de Daniel Paul député honoraire

Pour une école ambitieuse pour tous
«En s’attaquant à la réforme du collège, la droite espère faire oublier les mauvais coups portés au système éducatif de 2002 à 2012.
Faire oublier que sous Sarkozy, elle a supprimé 80000 postes d’enseignants et tenté d’amadouer les personnels en proposant que la moitié des économies réalisées serve à augmenter leurs traitements.
Faire oublier qu’elle a supprimé la formation initiale des enseignants, comme si enseigner ne nécessitait pas d’être formé.
Logique, car son seul objectif est de dégager une élite en creusant les inégalités. Or, tout confirme que si la droite revenait au pouvoir, elle reprendrait les mêmes orientations.
On peut estimer que le gouvernement actuel ne fait pas assez pour réparer les dégâts causés par ces années de régression. Pas assez pour éviter que 20% des jeunes sortent de l’école sans qualification ou diplôme. Pas assez pour que notre école réponde aux enjeux auxquels sont confrontés la jeunesse et le pays.
Et, sans être dupe du piège tendu par la droite, on peut penser que la réforme proposée ne permettra pas de réduire les inégalités et de bâtir une école ambitieuse pour tous. Ce double défi démocratique est pourtant au cœur des enjeux.»
Daniel Paul, député honoraire

« Dépasser la bataille de clochers »…Sébastien JUMEL Maire de Dieppe

Dans sa tribune pour Paris Normandie du mercredi 13 mai, Sébastien JUMEL maire de Dieppe invite les acteurs politiques à dépasser ce simple discours pour le choix de la future capitale normande…«Rouen ou Caen? Pendant que cette  bataille de clochers mobilise les partisans de l’une ou l’autre ville comme capitale normande, l’essentiel demeure invisible pour les yeux, comme l’écrivait Saint-Exupéry. Ce qui compte, c’est le projet d’organisation de notre future grande région et ses conséquences sur les habitants qu’il convient aujourd’hui de mettre à jour, plutôt que de se livrer à des spéculations et à une concurrence stérile. À nos yeux, c’est purement et simplement un déménagement des territoires et des administrations qui est à craindre. Il vide les départements de leurs missions, tout comme les communes, pourtant collectivités du quotidien, reconnues par les habitants.
Pourquoi? Parce que cette organisation est mise en œuvre sous l’angle d’une mise en concurrence des territoires. Il s’agit d’une impasse: le pays ne peut se développer dans une logique de course à l’échalote entre ville et campagne, métropoles et villes petites et moyennes. L’hyper-concentration dans des métropoles d’un côté contre déserts tout juste bons à accueillir les habitants relégués. Pour ma part, je ne sais comment décréter qu’une population est compétitive et mérite plus d’efforts qu’une autre. Autre écueil: cette course à la rentabilité et à l’austérité fragilise les services publics de proximité.
Regardons de près ce que nous prépare cette grande région. Parlons santé: que dit le projet de grande région pour améliorer l’accès au soin? Est-ce qu’il va permettre à tous les Normands de trouver un dentiste, un ophtalmologiste rapidement et sans dépassement d’honoraires? Est-ce qu’il va permettre aux villes moyennes de maintenir des services hospitaliers performants? La réalité risque d’être plus brutale. On voit mal comment l’agence régionale de santé désormais unique va faire progresser cette offre à budget constant, lorsqu’on connaît le déficit des hôpitaux de l’actuelle Basse-Normandie. Va-t-on prendre aux pauvres pour donner aux plus pauvres ou au contraire, veut-on tirer tout le monde vers le haut?
Parlons transports: Dieppe a perdu sa liaison directe avec Paris et attend toujours la modernisation de la ligne avec son électrification et le dédoublement de la voie unique alors même que la fréquentation augmente. D’autres mauvais coups se préparent sur le réseau Grandes lignes, déjà largement perturbé par les dysfonctionnements du Paris-Rouen-LeHavre. Si la crise énergétique est durable, la transition doit être à la hauteur: quel est le projet régional dans ce domaine? Renforcer toujours plus Rouen, LeHavre et Caen au détriment de Dieppe ou Cherbourg? De même, quelle réponse apportera la grande Normandie au désenclavement routier du territoire. Sans mauvais jeu de mots: on peine à voir le bout du tunnel.
Parlons aménagement du territoire et développement économique. La priorité donnée à l’aménagement de l’axe Seine pour le programme de construction d’infrastructures, le développement industriel, les centres de recherche, de formation, se fera au détriment des autres territoires et de filières pourtant existantes: industrie verrière dans la vallée de la Bresle, filière papier carton au sud de Rouen, aéronautique, chimie en vallée de Seine. Dans ce domaine encore: rien sur les projets d’éolien offshore sur le littoral. Rien sur de nouvelles formations d’enseignement post-bac dans les pôles de vie comme Dieppe, malgré les engagements de longue date du Contrat de plan État-Région. Rien sur l’avenir du lien transmanche en Seine-Maritime: comment va s’organiser l’offre, voire la concurrence, entre Dieppe, LeHavre et Ouistreham?
Quant aux services publics structurants, on voit déjà la tendance à l’œuvre: centralisation vers les métropoles et fermetures ou réductions d’horaires à Pôle emploi, la Caisse d’allocations familiales, les centres des finances, la Banque de France, La Poste, éloignement de la Chambre de commerce et d’industrie.
Parlons pêche: que deviendra notre Comité régional des pêches, absorbé par celui de Basse-Normandie avec des flottes de pêches beaucoup plus nombreuses? Ce sera vrai aussi pour de nombreuses associations et syndicats qui regrouperont leurs représentations pour être au plus près du pouvoir, s’éloignant ainsi des territoires.
Parlons culture au moment où la droite rogne dans ces budgets de manière prioritaire. Que vont devenir les scènes nationales à Évreux/Louviers ou à Dieppe? Comment vont vivre les équipements qui maillent notre territoire du Rayon vert à Saint-Valery-en-Caux, Juliobona à Lillebonne, ou le théâtre de Saint-Lô?
L’esprit de la décentralisation devait être très simple: rapprocher les citoyens des lieux de décisions et donner de l’ambition à nos territoires. La carte du vote Front national doit nous interpeller sur le sentiment de délaissement de zones entières de notre territoire et sur les moyens d’y répondre. On pourrait peut-être commencer par là. Par exemple en créant des comités d’usagers et d’élus locaux pour évaluer en permanence et faire évoluer les services publics régionaux. On pourrait ainsi mettre enfin en œuvre les comités de ligne sur les dessertes de Trains express régionaux. Mais aussi en donnant les moyens du développement aux collectivités locales au lieu de leur demander de supporter un effort d’austérité sans précédent. On devrait aussi sanctuariser le pouvoir d’intervention des communes par la clause de compétence générale et leur budget.
La Normandie dispose d’atouts multiples: des paysages connus du monde entier, une histoire à vocation universelle, une excellence industrielle autour notamment de l’automobile et de l’énergie, un littoral et des ports qui la relient au monde, une qualité de vie et de ville incomparable. Des atouts qu’une régionalisation ultra-centralisatrice doit valoriser. Mais derrière le projet technocratique, on peine à voir une ambition politique pour la Normandie et les Normands».
Sébastien Jumel est le maire PCF de Dieppe.

Oui au droit de préemption des salariés …

Oui au droit de préemption pour les salariés
Chaque année, des milliers de petites entreprises font face à des changements de propriétaires. Certaines continuent leurs activités, d’autres non, faute de repreneurs ou victimes de prédateurs dont le seul but est de piller les savoir-faire. Ce gâchis conduit des milliers de salariés au chômage et appauvrit le pays.
La loi de juillet 2014, sur l’économie sociale et solidaire, a créé un « droit d’information des salariés » avant la cession de l’entreprise. Mais c’est insuffisant. Les salariés doivent avoir un « droit de préemption », une priorité pour reprendre leur entreprise en Scop. Et donc du temps pour bâtir un projet qui les fera acteurs de leur propre intérêt et de l’intérêt général. C’est le sens de la proposition de loi que défendront les députés communistes le 7 mai.
Le patronat est contre et fait pression sur le gouvernement. Or, défendre l’entreprise, ce n’est pas réduire les droits des salariés, mais au contraire, les élargir. Rappelons que le secteur social et solidaire c’est déjà plus de 2 millions d’emplois. Alors, pour l’avenir de ces entreprises, le gouvernement doit permettre à une majorité de gauche de créer ce droit de préemption.
Daniel PAUL, député honoraire