Conseil Municipal de Sotteville-lès-Rouen du 18 octobre 2007
Questions d’actualité – Olivier CHRISTOL
Fret ferroviaire et défense du service public

Nous sommes aujourd’hui au terme d’une journée d’action des cheminots et des agents des services publics (SNCF, EDF, GDF, RATP, Fonction publique…) qui voient leurs statuts mis à mal, sans concertation, par la politique réactionnaire du gouvernement et du Président de la République, une politique antisociale, mais aussi inefficace et dangereuse.

Cette journée semble un succès puisque pour ce qui concerne la SNCF la direction elle même annonçait 73,5% de grévistes à 11 heures.

Au-delà de ces statuts, et des droits qui s’y rapportent, acquis des luttes des salariés, c’est la qualité et l’existence même des services publics qui est remis en cause.

De plus, l’objectif de la lutte est de dire non aux remises en causes des régimes spéciaux et aussi de ramener le privé comme le public à 37 ans et demi de cotisations pour une retraite à taux plein.

Nous sommes donc tous concernés, usagers comme salariés.

Il y avait dans la manifestation de nombreux salarié du privé qui avaient compris où était leur intérêt.

Les élus communistes apportent tout leur soutien à ces salariés en lutte. Nous étions d’ailleurs à leur côté dans les manifestations.

Alors qu’on s’attend à une croissance de 50 % du trafic des marchandises dans les 15 prochaines années, la SNCF annonce la fermeture de plus de 400 gares de fret.

Même si Sotteville-lès-Rouen n’est pas dans la liste, on assiste à une casse du trafic qui va conduire inéluctablement à la suppression de fait du fret. Le triage existe toujours sur le papier mais le nombre de wagons à trier est de plus en plus confidentiel.

Cette décision va transférer sur les routes des centaines de milliers de camions supplémentaires. Il y a danger quand on sait que le transport routier est la cause de nombreux accidents et c’est le secteur qui émet le plus de gaz à effet de serre.

Quelle contradiction pour la direction de la SNCF qui communique régulièrement sur ses atouts environnementaux et sur son engagement en faveur du développement durable !

Quelle contradiction avec les déclarations du gouvernement sur les défis à relever pour l’avenir de la planète et à l’annonce d’un « Grenelle de l’environnement » pour les jours prochains.

Je cite : « Il faut maintenant donner au secteur ferroviaire une organisation adaptée à un marché ouvert, les sillons doivent être attribués de façon impartiale entre les opérateurs par une autorité indépendante » voilà ce qu’a déclaré le Président de la République.

On n’est pas très loin de la notion de concurrence libre et non faussée incluse dans le Traité pour une Constitution Européenne que les français ont rejeté massivement il y a deux ans, idée d’ailleurs reprise dans le mini traité que nous continuons de combattre.

On assiste bien là à la volonté de faire place libre à des opérateurs privés sur les marchés les plus rentables, à accélérer la privatisation de la SNCF.

La stratégie de recentrage sur les trafics rentables va accentuer la spirale du déclin.

Face à cette évolution très négative du trafic ferroviaire du fret, les communistes font des propositions dans le but de rentabiliser ce service en l’améliorant.

Ce ne serait pas un luxe si l’on sait, par exemple, que le tout TGV se fait au détriment de certaines lignes, comme par exemple le Havre Rouen Paris qui est l’une des grandes lignes les plus dégradées (retards, trains supprimés, pannes diverses…)

Parmi ces propositions, nous pensons qu’il faut tout d’abord investir notamment pour la création de plate forme d’échange rail/route, réduire les déséquilibres structurels entre les modes de transports en intégrant au prix du transport routier les coûts sociaux et environnementaux qui en sont exclus aujourd’hui et qui sont évalués à 2,5 milliards d’euros pour notre pays.

Nous proposons qu’un moratoire soit décidé sur les projets de la SNCF. Celui-ci doit permettre un véritable débat public et national sur la politique des transports.

Ce n’est pas en attaquant le statut des cheminots que l’on va arranger la situation. Ce n’est non plus en cassant le droit de grève comme cela a été décidé pendant l’été avec le vote de la loi sur le service minimum.

Dans la question préalable déposée par les députés communistes sur ce sujet, Daniel Paul, député communiste de la Seine Maritime rappelait que seulement 2 à 3 % des retards étaient dus à des mouvements de grève, le reste étaient des conséquences de la course aux profits, à la volonté de réduire les coûts par tous les moyens.

C’est pourquoi, à Sotteville, ville dans laquelle la tradition cheminote de luttes est particulièrement présente, comme ailleurs, les élus communistes sont avec les cheminots dans leur combat, au-delà de la seule journée d’aujourd’hui, car il s’agit bien de la défense d’un service public appartenant à tous.

Et en défendant ce service public des transports, du fret ferroviaire, c’est bien dans une logique de développement durable que l’on s’inscrit.

Olivier Christol