Allocution Michel BARRIER

Le mardi 18 septembre 2007

Monsieur le Sous Préfet
Monsieur le Maire du Havre
Monsieur le Député
Monsieur le Président du Conseil régional
Monsieur le représentant du Président du Conseil Général
Mesdames et messieurs les élus
Mesdames et messieurs les responsables des entreprises
Mesdames et messieurs
Il aura fallu moins de 13 mois pour réaliser cette nouvelle porte du HAVRE.

Évidemment, un long processus s’est engagé depuis la décision de réaliser une voie urbaine dans ce secteur Nord ouest du Havre, un processus qui a abouti après les différentes procédures obligatoires à l’obtention de la déclaration d’utilité publique en octobre 2005. Depuis sa mise en service, les Havrais en ont dès les premiers instants pris possession, et ils n’hésitent pas, unanimement, à lui attribuer les qualificatifs les plus élogieux. Nous ne bouderons pas notre plaisir, puisque c’est ainsi que nous l’avons voulu.

Le Département a coordonné les études et mener les procédures réglementaires de D.U.P. et Loi sur l’eau du projet.

Une convention de maîtrise d’ouvrage, répartissant les missions de chacun, a été signée entre le Département et la Ville en novembre 2004 ; la Ville a réalisé sous sa responsabilité les études et les travaux du tronçon urbain (section Château d’eau-Avenue du Bois au Coq), de l’éclairage public et des feux tricolores.

Dès les premiers instants, des études à la réalisation, le Département s’est inscrit dans une démarche d’exemplarité.

Exemplarité d’abord dans le contenu qui vise avant tout la suppression d’un point noir d’accidentologie, le carrefour de la RD 940 et la route communale Léon Hallaure, puis la fluidité et la sécurisation des déplacements(30 000 véhicules jours) dans ce quartier du Havre avec les projets d’aménagements urbain et son raccordement à la rocade Nord du Havre dont la réalisation est depuis avril 2006 confiée au Département dans le cadre des lois de décentralisation. Cette rocade devrait, si toutes les procédures n’occasionnent aucun retard, et comme nous le souhaitons tous, être livrée à la circulation vraisemblablement au cours du second semestre 2010.Des travaux de déplacement de réseau sont d’ailleurs en cours.

Une démarche qualité, respectueuse des habitants, avec la réalisation d’écran phonique sur 500 mètres pour protéger des bruits la cité pavillonnaire, le financement total (150 000 €) auprès des HLM du Havre (Alcéane) de la totalité des isolations des façades des 2 immeubles.

Une démarche inscrite dans la politique de développement durable engagée par le Département avec la réalisation d’une voie cyclable de 1 km, inscrite dans le contournement vert du Havre construite à cent pour cent en matériaux ne faisant pas appel directement au pétrole.

La préservation des ressources en eaux par la création de deux bassins de collecte des eaux de pluies provenant de la chaussée, une démarche qualité visuelle avec la création d’aménagements paysagers.

Une démarche d’exemplarité aussi dans le cadre du travail commun mené par les services du département et ceux de la ville du Havre qui, ensemble au-delà des aspects techniques, juridiques, administratifs, ont conduit les réunions de concertation avec les populations concernées.

Permettez- moi de leur adresser mes félicitations, mes remerciements et mes encouragements à poursuivre dans cet état d’esprit pour mener à terme les projets en cours.

Au niveau du Financement.

Le coût prévisionnel était de 11,92 M €, se répartissant comme suit :

  • Département (Routes) 8,100 M € (69%)
  • Ville du Havre 1,820 M € (15,26%)

Elle a bénéficié, dans le cadre du renouvellement urbain du quartier, de participations financières :

  • ANRU 700 000 €
  • FEDER 675 250 €
  • Région 500 000 €

Il reste les travaux de parachèvement à effectuer, mais les dépenses réelles sont proches du financement prévisionnel :

Le coût définitif aurait pu peser plus lourdement dans nos budgets et les délais nettement plus longs s’il avait fallu réaliser la totalité des terrassements et le pont de la départementale 142.

En effet aux 54 000 m3 de terre déplacée il aurait fallu en ajouter 4 à 500 000 m3 .Le coût en fonction des situations aurait pu se situer entre 2 et 8 M€ supplémentaires, et quelques mois de prolongation de travaux.

La préfiguration de cette voie est bien connue des havrais, cette route était attendue.

Un peu d’histoire nous apprend que cette voie fut décidée et ses terrassements financés dans le cadre de la création de la zone d’aménagement concertée du Mont Gaillard signée par le Ministre de l’Equipement du 3ème cabinet Pompidou, Monsieur Edgard Pisani, qui fut au cours de la réunion d’arbitrage convaincu des bonnes propositions du maire du Havre, Monsieur René Cance, c’était en novembre 1966.

C’était l’époque du développement industriel du Havre et il fallait trouver des solutions pour héberger ces générations de jeunes hommes et femmes qui furent contraints de migrer de leurs régions d’origine car il fallait aller là où il y avait du travail, de l’emploi, du développement, bref : là où il y avait « les moyens de gagner et de construire sa vie ».

Cette voie fut ensuite inscrite au SDAU sur proposition de la commission infrastructure que présidait André Duroméa, en 1971, alors qu’il était Maire du Havre.

Le 30 mai 1974, dans un courrier qu’il lui adressait, Monsieur Claude Boitel, Préfet de la région Haute Normandie et Préfet de Seine maritime, approuvant le Schéma Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme de l’agglomération Havraise, écrivait qu’il avait apprécié la qualité des documents élaborés après de nombreuses réunions qui rassemblaient 67 personnes et la représentation de 33 communes.

Il précisait que ce SDAU était un excellent document de référence pour l’agglomération havraise pour les 30 prochaines années.

Qu’elles soient au niveau des infrastructures ou du développement d’activité et d’habitat les orientations du SDAU semblent respectées.

Comme on le voit, la cité d’aujourd’hui s’est construite hier, et aujourd’hui nous avons la responsabilité de construire la cité de demain.

Certes, il ne s’agit pas de programmation figée, mais il nous revient, tout en assumant le quotidien, de tracer des prospectives pour les générations futures.

Alors que la route assure à elle seule plus de 90% des déplacements, chacun s’accorde à considérer qu’elle ne peut plus, qu’elle ne pourra plus, répondre aux exigences de mobilité des habitants et des marchandises.

Des solutions alternatives existent, elles doivent être étudiées dès les premiers instants des projets d’aménagements futures, et non à postériori comme c’est encore malheureusement trop souvent les cas.

C’est la responsabilité des politiques et aussi celle des aménageurs, dans le cadre de toute réflexion d’aménagement du territoire.

Pour terminer mon propos, je voulais renouveler mes remerciements à toutes celles et tous ceux qui ont contribué, à quelque niveau que ce soit, à mener à terme dans les délais prévus cette nouvelle route. Monsieur Cordevant , Madame Tétu …

Pourtant, dès les premiers coups de pelle, une surprise nous attendait, une bombe de la seconde guerre mondiale se trouvait dans les terrassements de l’époque.

Je profite de cet instant pour remercier Monsieur le Sous Préfet des dispositions rapides qui ont été prises avec les services de déminages pour rendre inerte cet explosif dangereux dans des délais qui n’ont pas trop perturbé le chantier.

Je voudrais associer à ces remerciements les entreprises et leur personnel pour leur efficacité dans cette réalisation :

  • 54 000m3 de mouvement de terre,
  • 14 000 tonnes de produits bitumineux
  • 8 900 mètres de bordures
  • 430 tonnes d’enrobé végétal pour la piste cyclable
  • 2 400 mètres de canalisation
  • 116 mâts d’éclairage
  • 2 700 arbustes
  • 242 arbres
  • 98 conifères
  • 20 500 jeunes plans

Cette nouvelle voie est ouverte à la circulation depuis le 27 juillet ; je ne peux que souhaiter qu’elle remplisse l’ensemble de ses fonctions qui ont conduit à son existence.

En cette période de rentrée, je veux particulièrement insister sur la sécurité. Même si les chiffres semblent montrer un tendance à la baisse de l’accidentologie sur les routes, les premiers jours de septembre donnent des signes inquiétants.

Sécuriser les déplacements est un fil conducteur de notre politique et nous y consacrons tous volets confondus une part importante des 150 M€ du budget des routes. Unanimement, nous avons voté un projet à 12 ans de 130 M€ pour sécuriser les axes essentiels de notre département.
Viennent s’ajouter à cela de nombreux travaux de sécurisation des traversées de communes, des travaux qui font suite aux nombreuses visites du collège de sécurité routière sur le terrain.
C’est aussi ce fil conducteur qui nous a conduits à décider d’offrir le siège auto pour les bébés, de nous engager auprès des jeunes pour l’apprentissage de la conduite accompagnée.
C’est avec cette même détermination que nous participons aux nombreuses actions déployées par le mouvement associatif sur ce sujet.
Les registres sont multiples, la répression, la formation, mais aussi l’information.Toutes les études le montrent, l’accidentologie est le résultat de comportements en inadéquation totale avec le partage de l’espace. C’est sur ce terrain que le Département de Seine Maritime se positionne.
La sécurité c’est l’affaire de tous.
Quelque soit le lieu où nous nous trouvons, le mode de déplacement que nous utilisons ayons deux mots à l’esprit, PRUDENCE et COURTOISIE.
Ainsi la route départementale 52 mise aujourd’hui à la disposition de tous devrait remplir la globalité de ses missions.